Action 8 : Le CRIEN à CUZCO

Une fois encore, c'est en rencontrant d'autres voyageurs en l'occurence des voyageuses qui au Pérou depuis un moment, étaient venus apporter leur aide à un projet humanitaire qui visait à améliorer les conditions de nutrition des enfants de Cuzco. Eva et Agnès m'ont donc présenter le CRIEN : Centre de Réhabilitation et d'Education Nutritionnelle. C'est une suisse, Mme Marguerite Bessard qui aura démarré cette action vers la fin des 70'. Lorsqu'en 1992, l'association a ressenti le besoin de créer son propre projet et de ne plus parrainer plusieurs établissements car le contrôle des dons était devenus difficile à gérer, toute une structure vit le jour et encore aujourd'hui, elle existe et souhaite se développer.

Son objectif est de soigner les enfants âgés de 0 à 6 ans souffrant de dénutrition au travers d'une organisation péruvienne non gouvernementale qui reçoit chaque jour des dizaines d'enfants. Ils viennent avec leurs mamans qui s'investissent dans le traitement de leurs petits et aprennent des choses essentielles pour le bien être de la famille. Cette structure peut acceuillir 25 enfants qui doivent venir chaque jour de 8h à 16h durant le temps nécessaire à leur traitement (entre 3 et 6 mois). Environ 100 enfants sont soignés chaque année au CRIEN. L'ensemble du personnel est péruvien et se compose de 5 personnes à temps plein, de 6 personnes à temps partiel (physiothérapeute, psychologue, dentiste, nutritionniste, laborantine) et aussi de plusieurs bénévoles.

L'etat de dénutrition apparaît chez des personnes dont le régime est carencé en calorie et en protéines. Les causes peuvent être : certaines maladies de malabsorption, un apport alimentaire insuffisant, une période d'allaitement trop longue, de fortes fortes maladies qui peuvent faire perdre énormément de poids. Les conséquences sont très souvent dramatiques : une mortalité infantile importante, des troubles du développement psychomoteur, des infections et parasitoses qui viennent s'ajouter à un affaiblissement déjà important.

La réalité péruvienne est telle qu'aujourd'hui : 43 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de dénutrition, il faudrait donc de nombreux CRIEN à travers ce grand pays étiré sur plus de 2 000 kilomètres entre le Nord et le Sud. J'ai pu voir avec Luz, la directrice de ce centre, des photos des enfants aui étaient passés entre les murs dud CRIEN et les albums version " Avant - Après " m'ont particulièrement touché car bon nombre des enfants n'avaient presque plus que leur squelette toujours accompagné d'un léger sourire.

Aggrandir la maison de Cuzco qui comporte aujourd'hui 12 pièces, ouvrir un second centre, s'équiuper de plus de matériel médica, améliorer encore les plats proposés aux enfants et aux mamans ... Les idées ne manquent pas, les moyens non plus mais il en faudra toujours plus car il y aura encore des enfants qui arriveront jusque le CRIEN directement depuis les hopitaux qui auront détécté une dénutrition chez l'enfant.

Les enfants et leurs mamans bénéficient de 3 repas par jour puisque tous les jours, les mamans repartent avec une portion de ce qui a été préparé pour le souper. Il y aussi des consultations médicales et des soins dentaires gratuits. Elles peuvent également s'initier à divers travaux manuels pour améliorer leur situation familiale et socio-économique.

Je recopie volontairement le texte qui présente la petite " Nieves " une petite fille qui explique ce qui se passe au CRIEN :

" Je reçois 3 bons repas sains et équilibrés. Une infirmière contrôle tous les jours mon poids et m soigne. Un médecin suit régulièrement les progrès de ma santé. Avec la physiothérapeute, je fais des exercices très amusants qui fortifient ma musculature et m'aident à marcher.

Avec les stagiaires, j'apprends à parler, à dessiner et à jouer. Maman apprend à me soigner, à confectionner des repas bien dosés, simples et bon marché. Dans l'atelier, elle peut apprendre ou se perfectionner en couture, tricot, tissage et autres travaux manuels.

... Et surtout, je ne suis pas seule, je peux m'amuser avec tous les autres copains ".

 

Action 7 : " Les enfants de Childlife ou Baan Nana dans le village de Mae Sai "


C'est durant mon passage sur l'ile de Bornéo que j'ai fait la connaissance de Chris et Monica qui voyageaient depuis quelques mois.
Ils avez passé une année en tant que volontaires auprès de Childlife dans le village de Mae Sai à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar.
L'échange de nos expériences dans les pays pauvres de l'hémisphère Sud a attiré ma curiosité envers ce qu'ils avaient vécu pour ensuite regarder de plus près ce projet magnifique et enfin participer un peu, trop peu !!!


Malheureusement, j'étais déjà bien au sud de l'Asie du Sud Est et en direction de la Nouvelle Zélande donc sans la possibilité de repasser en Thaïlande pour aller voir de mes yeux. Un autre pivert aura bien l'opportunité de se rendre la bas, n'est ce pas mesdames et messieurs les voyageurs ???
C'est grâce à Chris que entré en contact avec Angela et Jean René qui sont actuellement sur place. Plusieurs échanges via internet et quelques informations bancaires plus tard, nous avons décidé de soutenir ce projet et en voici l'article. Même dans des continents éloignés, les gens déterminés peuvent trouver différentes façons de s'entraider les uns les autres.


Childlife a vu le jour en 1999 grâce à un homme qui, au contact de nombreux enfants réduits à la mendicité dans les rues de Mae Sai en Thaïlande, a décidé qu'il était urgent d'agir.
L'année suivante, en aout 2000, l'orphelinat a ouvert ses portes.
La plupart des enfants qui vivent à Childlife, 140 enfants âgés de 4 à 18 ans, viennent des tribus du Nord du Myanmar (Akha, Lahu, Wa, Lisu ...) mais aussi d'autres tribus thaïlandaises.
Ces enfants, venus au monde au sein de minorités ethniques, ne sont pas officiellement reconnus, ils ne possèdent aucune identification, sont considérés comme illégaux et ne reçoivent donc aucun appui en terme éducatif, médical et social. Ce statut amène le plus souvent à des arrestations, détentions et autres déportations sans parler du fait que ces mêmes enfants sont séparés de leur famille et de leur communauté, donc de leurs cultures, de leurs racines. Ils n'ont pas de papiers Thaïlandais car ils sont Birmans mais ils n'ont pas non plus de papiers Birmans car pas les moyens de les payer.


Sans Childlife, ces enfants devraient affronter une vie dans la rue et par conséquent de très minces voir inexistantes possibilités d'avenir. Dans la rue, c'est l'industrie du sexe sans aucune limite d'âge, le travail forcé, le commerce de la drogue et le trafic d'enfants vers les grandes villes de Thaïlande qui prônent.
Mendier, rassembler des ordures pour gagner quelques sous, voler pour manger ... L'idée mais surtout l'objectif de Childlife est d'apporter à ces enfants un toit, des vêtements, 3 repas par jour et une éducation au travers de l'école locale avec qui l’orphelinat est en partenariat.

Pour cela, ils font face à de nombreux problèmes avec en premier lieu les moyens financiers qui doivent permettre de subvenir aux besoins des 140 enfants vivant sur place. Mais aussi de développer divers projets permettant d'améliorer les conditions de vie de l'orphelinat. Les protéger, leur apporter une hygiène minimum, il faut également résoudre le problème de l'eau du puit qui contaminée par les engrais chimiques utilisés par les agriculteurs dans leurs champs de riz. Il faut également développer le réseau électrique, faire face au manque de structure…


L'année prochaine, Childlife se déplacera de 4 kilomètres de l'endroit où il est aujourd'hui et ce, grâce a un riche donateur qui vient d'acheter un terrain qui sera a l'avenir offert a Child life.

Jean René et Angela m'ont fait parvenir plusieurs documents et notamment quelques récits de ce qu'avaient vécu certains enfants de Child life, l'histoire de leur vie en quelques sortes. A la lecture de ces lignes qui ne peuvent que vous alarmer, il nous parait important et urgent de participer à un tel défi et d'aider les volontaires qui sur place font un travail formidable pour permettre à ces 140 enfants, un peu plus chaque jour, de découvrir leurs mondes et réaliser leur rêves comme le font les autres enfants de la terre.


Vous pouvez et nous vous invitons très sérieusement à visiter le site : www.childlife-maesai.org et de les contacter sur l'email suivant : Childlifemaesai@gmail.com afin d'en savoir encore plus et de suivre ce qui se passe dans le village de Mae Sai où des enfants à qui il ne reste plus rien ont besoin de tout ...

 

Action 6 : Les hôpitaux Kantha Bopha au Cambodge



Nous étions à Siem Reap aux portes des temples d'Angkor et nous souhaitions après trois jours passés sur ces sites extraordinaires assister à un spectacle d'enfant qui été annoncé dans un des hôpitaux de la ville. Nous sommes arrives un peu en retard et avons vite compris que le programme avait été modifié. Il y avait sur scène une projection vidéo et un monsieur qui n'était pas d'origine cambodgienne, en chemise et qui parlait anglais avec un accent germanique. Les images montraient des enfants malades, les couloirs des hôpitaux où beaucoup de gens circulaient et nous avons découvert à l'écran ce même monsieur en blouse blanche qui conduisait le caméraman tout comme dans un documentaire.

Le docteur Beat Richner est pédiatre, violoncelliste, d'origine suisse, déjà présent au Cambodge dans les années 70 et aujourd’hui fondateur et directeur des 3 hôpitaux de Kantha Bopah. Après le massacre qui a frappé 4 années durant tout le pays et que nous connaissons mieux comme " la prise du pouvoir par les Khmers Rouges", le gouvernement ainsi que le roi Norodok Sihanouk ont demandé en 1992 au docteur Richner de réouvrir le petit hôpital pédiatrique en vue de continuer à apporter des soins aux centaines de milliers d'enfants malades.

1996 : ouverture de Kantha Bopha 2 à Phnon Penh
1999 : ouverture de Jayavarman 7 à Siem Reap
2001 : ouverture de la maternité pour combattre la transmission du HIV de la maman au nouveau né
2004 : démarrage de la construction d'un nouvel hôpital à Phnom Penh

Toute l'exposition du Docteur Richner vous prend à la gorge car elle est également un rappel des faits historiques qui ont amenés à la situation tragique que connaît aujourd'hui ce petit pays d'Asie du Sud Est. Les bombardements américains de 73 et 74 afin de couper la retraite aux soldats vietnamiens qui fuyaient au Cambodge, la guerre civile qui a trouvé son foyer dans la détresse générale causée par ces bombardements et qui a ensuite engendré un soulèvement national et la chute du roi, la prise du pouvoir par les Khmers Rouges qui jusqu'en 1979 ont littéralement éliminé toute forme d'ouverture vers l'étranger, supprime l'intégralité du système éducatif, lutte contre les intellectuels et mène la guerre à ceux qu'on appelait à cette époque " le nouveau peuple ". Des centaines de milliers de morts ...

Puis c'est un constat sanitaire qui est dressé, l'accent est alors porté sur le fait que des rapports rendus par des organisations internationales normalement spécialistes des questions médicales n'ont eu aucun mal a donner pour conclusion que le système médical cambodgien devait rester en adéquation avec la situation économique du pays. Pour faire simple, étant donné que le pays accuse un retard en terme de développement économique, il ne faut pas que les médecines et les équipements utilisés soient trop élaborés.

Toute la philosophie du projet du docteur Richner repose sur le fait que même dans un pays pauvre, il est capital d'apporter les meilleurs traitements et la technologie suffisante à une médecine de qualité. Tout cela est d'autant plus logique que si l'on raisonne sur les responsabilités qu'ont plusieurs pays du Nord dans des conflits tel que celui qui a ruiné, assomme et détruit le Cambodge.

Les hôpitaux Kantha Bopha, c'est aujourd’hui et chaque année un peu plus : 60 000 consultations d'enfants malades, 55 000 admissions d'enfants gravement malades, 9 000 opérations chirurgicales, 100 000 vaccinations, 5 500 naissances ... Si ces hôpitaux n'existaient pas, ce serait 2 800 enfants qui mouraient chaque mois faute de tous ces soins entièrement gratuits. 95 % des familles au Cambodge ne peuvent pas payer pour les soins médicaux de leurs enfants ce qui fait de la fondation Kantha Bopha leur unique recours.

Le coût opérationnel est de 17 millions de dollars US annuel pour l'ensemble de la structure qui assure également la formation de 100 étudiants en médecine et infirmières mais aussi des jeunes chirurgiens et anesthésistes. 95 % de cette somme trouve sa source dans le financement privé. En terme de redistribution, 50 % sont liés aux achats de médicaments, 30 % pour les salaires de 1 500 cambodgiens qui travaillent dans les hôpitaux, 15 % pour les achats d'Oxygène, d'électricité et d'eau puis enfin et seulement 5 % pour la gestion administrative de toute la structure.

Parce que toutes les donations sauvent les vies de ces enfants tous les jours, nous avons décidé de soutenir la fondation Kantha Bopha et espérons sincèrement pouvoir les suivre longtemps. Vous pouvez vous rendre sur le site Web www.beatocello.com pour obtenir encore plus d'informations et voir à quelle vitesse les choses avancent pour ce grand projet qui fait face a beaucoup trop d'enfants malades et qui se donne un objectif simple : leur sauver la vie ...
 

5ème Action: Pour un Sourire d'Enfant (PSE) à Phnom Penh au Cambogde


« Ce que vivent les enfants cambodgien n’est pas digne de l’humanité, PSE, une association qui veut les sauver »



C'est par l'ami d'un ami du cousin d'un oncle de ma tante (Aurélien Myle et sa chérie pour ne pas les citer) que j'ai appris l'existence de cette association au nom aussi significatif, qui évoque beaucoup et invite à regarder de plus près les conditions dans lesquelles vivent les enfants de Phnom Penh.



Située au Sud Ouest de la capitale du Cambodge, la décharge municipale du district de Stung Mean Chey est en fait un endroit où un grand nombre de cambodgiens et essentiellement des enfants travaillent de jour comme de nuit à récolter plastiques, papiers et autres cannettes. C'est parmi ces montagnes d'ordures nauséabondes des rues de Phnom Penh, ayant déjà été frappées plusieurs jours par le soleil, que ces enfants de tous âges travaillent. A pieds nus, sans relâche, un sac plastique à la main & affamés, ils remuent, fouillent et trient ces ordures pour ramasser ce qu’ils pourront revendre au kilo pour quelques sous.

Ces enfants vivent dans des conditions inhumaines. Tous les jours, ils respirent la puanteur d'une décharge où les maladies et infections viennent torpiller cette jeunesse qui n'a pas d'autre choix que de continuer à travailler pour ramener un petit quelque chose à la maison.

De nombreux accidents surviennent car lorsque les camions déplacent ou déversent les ordures, les enfants se ruent pour tenter de récupérer le plus rapidement possible ces précieux déchets. Dans cette course folle, les jambes et les bras d'une misère innocente sont bien souvent écrasés.



Lorsqu'en 1995, des petits cambodgiens amènent par la main Christian et Marie France des Palières, jeunes retraités en mission humanitaire pour la reconstruction de l'enseignement primaire, ceux-ci décident ensemble de lancer un projet visant à les sortir de cet enfer, leur apporter une scolarisation, plus de nourriture, des vêtements et la possibilité d'envisager un autre avenir. PSE suit aujourd'hui pas moins de 6000 enfants à tous les niveaux. Nous avons été saisi par la variété des infrastructures de Phnom Penh : crèche, école maternelle, salle de classe, terrain de sport, dortoirs, chambres pour les plus grands, ateliers pour apprendre les métiers de la coiffure, du massage, de l'hôtellerie, de la boulangerie, de la cuisine, de la mécanique, de la couture... PSE a ses propres écoles mais aide également des enfants qui sont scolarisés dans d’autres établissements. Certains enfants font toute leur scolarité avec PSE et arrivent jusqu'à l'université. Nous avons d’ailleurs découvert toutes ces installations grâce aux explications "en français" d'une jeune étudiante en 3eme année de droit. PSE suit également des enfants souffrant de handicaps mentaux et/ou physiques.

Directement sur la décharge, PSE a également installé de quoi nourrir les enfants qui continuent de travailler et leur apporte de quoi maintenir une hygiène minimum dans un endroit où les conditions sanitaires sont terrifiantes. Il est parfois difficile de prendre en charge des enfants venus à Phnom Penh depuis les provinces car ceux-ci repartiront une fois la saison des pluies terminée et les actions de PSE existent avant tout dans un principe de continuité. Il faut que ces enfants puissent un jour suivre une scolarité complète, avoir un travail décent pour venir en aide à leurs familles et fonder les leurs. L'ampleur de leur projet est impressionnante, tout est en perpétuelle évolution, il y a aura toujours de plus en plus d'enfants donc il faudra continuellement construire de nouvelles infrastructures.



Nous avons pu voir plusieurs images de cette décharge où les enfants vivent dans un monde difficile à concevoir, un monde que l'on a beaucoup de mal a s'imaginer, un monde malheureusement bien réel dans lequel ces filles et ces garçons grandissent ou plutôt survivent à force de travail dans un univers qui ne devrait pas exister. Pour citer PSE : « Ce que vivent de jeunes enfants cambodgiens n’est pas digne de l’humanité». Grace à une structure aussi active que PSE, ces enfants nourrissent chaque jour un esprit de solidarité qui les rend plus fort et surtout, ils retrouvent un sourire trop longtemps sacrifié. Sur le site web de PSE : www.pse.asso.fr, de nombreuses informations permettent d'en savoir encore plus sur ce qui est entreprit par leur organisation.



" 6 Milliards de Piverts " a fait un don de 350 USD pour appuyer ce gigantesque projet qui, chaque jour, permet aux générations à venir de tout un pays de regarder bien au-delà des quatre coins d'une décharge interminable et infâme. Nous espérons évidement pouvoir continuer à soutenir de notre mieux des actions comme celle de PSE. Pour qu’il y ait de plus en plus de jeunes piverts qui retrouvent le sourire et passent au travers de cet endroit que personne ne devrait jamais avoir à affronter. Nous adressons nos meilleurs sentiments à tous les acteurs de PSE, les personnes qui nous ont reçus et orientés et tout particulièrement à ses merveilleux fondateurs.

 

4éme Action: MIBOS Mission for Improvement and Boosting Organizational Services to the Community KIGOMA - Tanzanie

J'avais rencontré Hassan lorsque notre bus était tombé en panne en direction de Kigoma à l'Ouest de la Tanzanie. Il m'a alors expliqué qu'il est coordinateur d'un projet de soutien et d'aide auprès de nombreuses communautés avoisinants la ville de Kigoma.



Je l'ai retrouvé le lendemain de notre arrivée pour en savoir un peu plus sur ce qui était actuellement en cours. J'ai alors découvert que MIBOS est en fait une sorte de "multi-projets" qui ne manque vraiment pas d'initiative.
Ils sont par exemple au beau milieu de nombreuses démarches administratives avec les administrations locales en vue de l'obtention d'un terrain pour la construction d'une école dans les hauteurs de Kigoma car de nombreux enfants ne vont pas à l'école et sont loin de pouvoir s'acheter un minimum de matériel scolaire. Il faudra ensuite des professeurs, l'équipement minimum pour plusieurs salles de classe et évidemment des livres, crayons et autres fournitures scolaires.
De facon générale, ils font tout ce qu'ils peuvent pour que de plus en plus d'enfants puissent se rendre à l'ecole.



MIBOS est aussi préoccupée par l'accès en l'eau potable qui implique une certaine insfrastructure et autres travaux qu'il faut financer. Ils ont déjà installé plusieurs puits mais de nombreux villages sont encore sur la liste d'attente. Ils cherchent également à faire face aux situations sanitaires les plus alarmantes et tentent donc de faire vacciner un maximum de personnes contre les maladies qui frappent à répétition les villages les plus retirés. Ils cherchent à communiquer sur l'importance d'une alimentation propre et dans la mesure du possible variée. Ils informent les jeunes adultes sur les risques de contamination suite à des rapports sexuels non protégés. Ils organisent des ateliers orientés sur l'artisanat pour créer quelques revenus supplémentaires et permettre d'améliorer les conditions de vie de la communauté ...



J'ai surtout eu l'occasion de rencontrer plusieurs représentants de nombreux villages car Hassan m'a emmené au coeur de l'une de leurs actions les plus importantes.
Suite à l'apparition de certaines bactéries dans les sols, de nombreuses cultures de manioc situées autour des villages sont devenus impraticables. Les plantations ayant poussé sur ces terrains sont tout simplement contaminées et donc non comestibles.



MIBOS a donc organisé la culture d'une espèce particulière de manioc, plus résistante et mieux appropriée et lancé tout un programme de fertilisation des sols, de recherche de nouveaux terrains et de formation des agriculteurs à de nouvelles techniques en vue de meilleures récoltes.
J'ai donc pu assister lors de cette réunion à la distribution d'une quinzaine de sac tous plus haut que moi, remplis de ces fameux échantillons d'un nouveau manioc. Je me suis rendu compte que c'est principalement une agriculture de subsistance qu'il faut appuyer ici. Mais petit à petit, l'idée est évidemment d'organiser les récoltes et d'en retirer certains bénéfices pouvant aider à soutenir la communauté. Tout ce processus a déjà porté ses fruits dans d'autres villages avec le Soja qui est aujourd'hui revendu dans certaines grandes villes de la même région et rapportent de quoi améliorer le quotidien de centaines de famille.



Le mot que j'aurais le plus envie de mettre en avant sera : COMMUNAUTE !!!



" 6 Milliards de Piverts " (via l'aide de Mr Christophe Lavallee qui réside a Dar Es Salaam, nous a permis de finaliser cette action que je n'avais pas eu le temps de concrétiser lorsque j'étais encore en Tanzanie) a fait don de l'équivalent de 300 euros en monnaie locale pour soutenir l'ensemble des projets menés par MIBOS qui est une fois encore une organisation bien réelle, créée par des locaux et que nous pourront continuer à soutenir aussi longtemps que nous nous en donnerons les moyens.

 

3ème action: PPAZ à Chipata en Zambie




C'est avec beaucoup de chance que j'ai fait la rencontre de George Keston à Chipata, région Est de la Zambie. En discutant à l'entrée d'un genre de cyber café, il m'a expliqué qu'il travaillait au sein de l'organisation Planning Parenthood Association of Zambia et ce, au niveau du district de Chipata. Le thème principal est la jeunesse et les moyens de la préserver. Pour préserver la jeunesse, il faut la protéger et pour la protéger, il faut l'informer. Préserver, protéger et informer : on parle bien des ravages du SIDA encore une fois.

George se rend régulièrement dans les écoles mais aussi dans les villages pour interviewer les habitants sur des sujets tels que les relations sexuelles, les moyens d'avoir des rapports protégés, la communication sur certains tabous au sein des familles ayant très peu d'information etc ... Il réalise ensuite des montages qui sont diffusés sur une radio locale avec laquelle il est en collaboration depuis plusieurs années. Il participe également à des meetings à échelle nationale puisque PPAZ est présent dans toutes les grandes agglomérations du pays. Il organise également des évènements sportifs qui forcément rassemblent beaucoup d'enfants et à travers lesquels la diffusion de ce type d'information devient ludique et partagée puis discutée par des petits groupes de jeunes en dehors de leur enceinte familiale où certains sujets sont tout simplement inabordables. Il est actuellement concentré sur la réalisation de petits films qu'il souhaite pouvoir diffuser dans les villages les plus retirés mais il faut s'équiper de tout le materiel puisqu'il ne suffit pas dans ces villages de mettre un DVD et d'appuyer sur PLAY comme vous pouvez l'imaginer. George s'est déjà rendu deux fois en Suède pour des conférences internationales portant sur l'évolution de la situation dans son pays au regard des pertes humaines causés par le virus année après année. Je suis déjà en contact avec ses homologues dans plusieurs autres villes du pays et je prévois au plus vite de me rendre au siège de PPAZ à Lusaka, capitale de la Zambie.

Pour vous mettre au clair avec ce qu'il se passe là bas, un article datant du 1er Avril 2007 donne les derniers chiffres qui sont alarmants. Ce sont 268 personnes qui meurent chaque jour du virus du SIDA, 98 000 personnes par an soit presque 1 % de la population totale. 33 Millions de préservatifs ont été distribués dans tout le pays durant l'année 2006 mais selon les spécialistes, il en faudrait 20 millions de plus pour protéger toute la population des risques de contamination.

Voilà comment après avoir revu George trois fois, je me suis rendu au plus gros supermarché de Chipata pour y rencontrer le manager. Les préservatifs disponibles dans les rayons affichaient une date de péremption allant jusque Août 2007, ce qui est absolument inutile pour les futurs projets de PPAZ, mais le manager en question ayant poussé un peu plus les recherches, on a pu mettre la main sur un stock de 2 200 preservatifs avec date de péremption allant jusque janvier 2010.

Dans tous les cas, 2 200 préservatifs, c'est pas assez alors on a passé ensemble une commande de 3 800 supplémentaires que George se chargera de récuperer dès qu'ils seront disponibles, dans une ou deux semaines je crois. Total : 6 000 preservatifs et je prevois de rééditer cette petite experience encore deux ou trois fois dans differentes villes du pays. Coût total de l'opération : entre 300 et 400 dollars pour 18 000 voir 24 000 préservatifs. J'ai confiance en George et suis à peu près certain que la relation avec PPAZ peut perdurer alors en avant vers d'autres antennes de PPAZ mais aussi vers les managers des supermarchés locaux. A nous seuls, on peut apporter 0.1 % du total des préservatifs manquants à l'échelle du pays en vue d'une diminution des rapports sexuels à risque. On veut faire plus et on va trouver les moyens de continuer sur notre lancée.

Je suis actuellement dans la ville de Livingstone et j'ai dejà rencontré les gens de PPAZ ainsi que le manager d'un des gros supermarchés du coin, c'est reparti pour un tour et encore 6 000 preservatifs en attendant une troisième puis une quatrième ville où nous essayerons de faire la même chose.

A NOTER : Une information de la plus haute importance vient de m'être confirmée en date du 8/04/2007: notre mascotte vient de doubler la mise dans la ville de Livingstone avec un achat de 7 776 préservatifs, et ce pour le même budget que sur Chipata. La raison de cette performance: il est maintenant en contact avec un fournisseur national qui pratique des prix bien plus intéressants et qui lui a offert des caisses supplémentaires parce qu'il approuvait à fond le projet. Piwi est donc en contact maintenant avec PPAZ et la Society for Family Health. On passe donc à 13 776 préservatifs! Il se dirige désormais vers une troisième ville avec la ferme intention de faire encore mieux.

Une dernière DEPECHE vient de tomber : Cette troisième action s'achève avec un SCORE total de
25 476 préservatifs. La troisième ville était Lusaka, capitale de la Zambie où J-Phi a pu rencontrer les responsables nationaux de Society for family Health et de PPAZ. Les prix ont encore baissé d'où un achat important de préservatifs. Le contact est désormais établi, souhaitons à notre globe trotter de continuer sur cette lancée parce que quelque soit le nombre de préservatifs qu'on peut apporter, ce sera jamais assez ...
 

2ème action sur l'île de Zanzibar en Tanzanie


Durant le fameux festival de musique de Zanzibar, j'ai eu l'occasion de rencontrer Tony, un français qui donne des cours de français sur place et qui lui-même m'a présenté Kathryn Sutton qui elle fait partie de la Fondation Clinton, du nom de l'ancien président des Etats-Unis.

Kathryn a tout de suite vu que je devais à chaque fois agir vite et ce à travers des contacts solides. J'en profite pour préciser que l'un des objectifs en ce qui concerne les organismes rencontrés durant le périple est bien évidemment de conserver le lien avec eux et continuer à agir avec les moyens que "6 milliards de piverts" sera capable de rassembler au fil des années. L'idée de l'association n'étant pas vous l'aurez compris de distribuer des fonds au coup par coup sans rechercher les organismes déjà existants et oeuvrant à des situations d'extrèmes urgences.

Le lendemain j'accompagne donc Kathryn dans les bureaux de l'un des coordinateurs de la ZAPHA: Zanzibar Association of People Living with HIV/AIDS.

Cet organisme a été fondé en 1995, compte aujourd'hui plus de 400 membres et opère sur les 2 îles de Zanzibar: Ungunja et Pemba.

Ses membres n'ont aucune compétence particulière et dans la plupart des cas un niveau d'enseignement très bas. Ce sont essentiellement des femmes abandonnées par leur maris parce que contaminées par le SIDA. Elles doivent élever seules leurs enfants, qui seront un jour orphelins ou eux-même contaminés et rester focalisées sur la façon dont elles peuvent surmonter les obstacles qu'elles rencontrent tous les jours pour survivre.

5 membres permanents et de nombreux partenaires assurent la continuité de la ZAPHA et veillent au respect des droits des personnes contaminées. Leurs actions et projets sont divers et vont tous dans un seul sens: l'assistance aux personnes souffrant du virus du SIDA.

Exemple de projets:

- La création de projet comme la fabrication de savon permettant de générer quelques profits et donc d'entretenir les familles confrontées aux difficultés engendrées par la contraction du virus. Malheureusement le souci rencontré réside dans le fait que les compétences requises en terme d'administration et de gestion d'une négociation une fois le produit fini obtenu sont le plus souvent absentes.

- Conseils aux familles en terme de nutrition et d'hygiène, assistance générale aux sans-abris, assistance médicale car les traitements sonts coûteux et c'est encore pire lorsqu'il faut être hospitalisé. C'est la solidarité entre les membres de la ZAPHA et malades du SIDA qui permet essentiellemnt l'organisation de tous ces services.

- Lutte contre le paludisme: le fait d'être contaminé par le virus du SIDA affaibli considérablement notre système immunitaire et donc renforce la probabilité de contraction d'autres maladies telles que le paludisme qui est le premier tueur d'êtres humains en Afrique.

- Programme de nutrition, apprentissage de la cuisine, rédaction de recettes, écriture d'un guide des traditions culinaires zanzibarites. Ces femmes partagent un moment ensemble et apprennent les apports nutritifs essentiels par rapport à la cuisine de tous les jours, une bonne santé passe essentiellement par une bonne alimentation.

- Apprentissage de l'anglais: une nouvelle langue permet d'ouvrir de nombreuses portes en en terme de communication en Tanzanie mais aussi à l'étranger.

- Situation d'urgence: celles-ci impliquent systématiquement des coûts immédiats que les membres de la ZAPHA ne peuvent supporter seuls. C'est sur ce fond d'aide aux situations urgentes que nous avons décidé d'agir à travers un don direct.
Pour vous donner un ordre d'idée, entre janvier et août 2006, la ZAPHA est intervenue dans des situations d'urgence à hauteur 3,4 millions de shillings tanzaniens. Notre intervention apportera à ce fond la somme de 240 000 shillings tanzaniens, soit environ 150 euros.

La réalité est là, nous sommes très petis et nous représentons déjà 7% de la somme totale allouée par la ZAPHA en 8 mois, ça laisse de belles perspectives surtout l'envie de ne pas perdre ce genre de contact.

Il était impossible de mener une action concrête et d'agir directement parce que cette organisation est déjà relativement formalisée et toutes les participations extérieures ne peuvent se faire que sous formes financières. Nous faisons donc confiance à la ZAPHA qui, avec ce que nous avons laissé pourra faire face à ces récurrentes situations d'urgence.

A tous les globes-trotters réfléchissez bien à la possibilité d'action que vous avez entre les mains durant vos voyages avec un tout petit pourcentage de votre budjet total.
 

1ère action à Nairobi au Kenya



En ce qui concerne notre 1ère action, j'ai eu la chance de rencontrer Marie qui est Burundaise et Marie est née où? vous ne me croirez jamais! à Villeneuve d'Ascq! là il faudra m'expliquer comment c'est possible de rencontrer à Nairobi quelqu'un originaire du Burundi qui est né à Villeneuve d'Ascq...

Bref, Marie fait ce que l'on appelle dans son university le " Community Service" dans un orphelinat et je l'ai suivi sur place le lendemain de notre rencontre en direction de Rehema Children's Home.



Nous y voilà le lendemain avec Miguel en train de cirer les chaussures des enfants et de prendre contact avec les personnes en charge de cette structure: Mr et Mme Schwandt. Ils nous expliquent que c'est avec l'aide de l'église, leurs propres investissements, des dons venant d'un peu partout mais essentiellement leur réseau et évidemment très peu d'aide de l'état qu'ils finissent chaque année avec de lourdes factures.



La situation est assez prenante, ces enfants ont été abandonnés pour la plupart dès leur naissance et ce à l'hôpital même, dans les toilettes ou les cages d'escaliers. La moitié d'entre eux, à savoir 51 enfants ont entre 8 mois et 11 ans et sont contaminés par le virus du Sida. Ils ont donc un traitement journalier qu'on leur donne en leur expliquant que c'est pour rester en bonne santé...



Nous sommes donc retournés sur place la semaine suivante pour passer un peu plus de temps avec les enfants et puis le lendemain, on s'est mis d'accord sur plusieurs produits de premières nécessités et nous sommes allés faire des courses pour un montant total de 150 euros.



Résultat: 100 rouleaux de papier toilette, 20 litres de jus de fruits (ce fameux jus qu'on mélange avec de l'eau), 20 kg de riz, 6 kg de savons, 10 litres d'eau de javel, 10 kg de biscuits et autres céréales, 10 bouteilles d'huile de foie de morue (très utilisée pour les enfants ici), et 10 kg de lessive en poudre.



Le truc c'est qu'ils font des courses tous les 3 ou 4 jours avec ce qu'ils ont alors ces produits en plus ou moins grande quantité permettront de conserver certaines sommes au cas où un enfant serait gravement malade (rechute, hospitalisation, traitement d'urgence etc...).



Cet endroit respire la vie, donne envie et incite à s'impliquer un peu plus. Ces enfants ont une pêche d'enfer, ils suivent les classes que des professeurs très peu rémunérés viennent leur donner et ils ont un groupe de femmes qui travaillent tous les jours à leur éducation, hygiène et surtout l'organisation de la structure:lessive, repas, douche, et tout ce qui s'en suit...


Dédicace du pivert aux enfants de l'orphelinat, j'ai nommé...Kilunda, Banati, Janna, Harry, Carol, Dennis, James, Grace, Julius, Moses, George, Caileb, Eric, Titus, Brian, Caroline, Samuel, Asha, Jacqueline, Steven, Thomas, Simon, Paul, Joseph, Mary, Ayub, Wesley, Roger, Janet, Thimoty, Theresa, Stella, Alice, Chege, Catherine, Tom, Krip, Luka, Sheldon, Mercy, Philip, Micah, Joshua, Silas, Faith, Musa, Elisabeth, Mark et Josiah.