" Les Mentawai et l'îe de Siberut "

Avec Gaëtan et Yoan que j'ai eu la chance de suivre jusque Sumatra, nous avons passé sur la petite île des indiens Mentawai une semaine qui mérite tout à fait un article à part entière. Ce n'était ni une ascenson à plus de 5 000 mètres d'altitude ni la découverte des merveilles qui vivent au dessous de cette ligne que nous appelons surface de l'eau. C'était en revanche une expérience humaine extraordinaire à laquelle je n'était pas préparé.

Il ne faut pas rêver, nous avons à peine carresser le mode de vie de la population Mentawai mais pour des touristes, il me semble que nous avons vécu quelquechose de particulier, peut être tout simplement parce que nous avons souhaité que ce soit ainsi.

Après plusieurs heures de pirogue le premier jour, nous sommes arrivés dans une première maison où une femme aux dents taillées en pointes nous a acceuilli d'un magnifique sourire. Elle nous a montré comment se préparait le " Sagu " qui n'est rien de moins que la base de l'alimentation des Mentawai. Il s'agit de presser mélanger, faire sécher, raper puis cuir dans des feuilles de bananiers un genre de poudre blanche que l'on obtient grâce à un arbre dont tous les habitants rafolent. Puis petit à petit, nous rencontrons les familles qui vivent là mais c'est un seul personnage qui m'aura fait l'effet d'un électrochoc. Il s'agit du plus agé des hommes qui nous entourent. J'ai peur d'avoir mal compris mais il est selon moi le chef de 100 familles. Son visage évoque la sagesse, ses yeux vous transpercent et vous saisissez immédiatement qu'il est celui que l'on écoute lorsqu'il donne son opinion ou exprime un avis. Les Mentawai se parlent pour régler leus affaires, ils ne souhaitent jamais le conflit et tenteront toujours de trouver une issue à chaque problème en réflechissant ensemble à la meilleur solution pour tous.

Les tremblements de terre ont frappé peu avant notre arrivée sur l'île et pour notre première nuit sur Siberut, c'est lorsque je me suis discrètement écarté de la cabane pour satisfaire un besoin naturel que la terre trembla légèrement : me voilà averti !!! Les hommes discutent de ces tremblements car c'est de très loin ce qu'ils craignent le plus. Depuis le Tsunami qui a frappé très fort le nord de l'île de Sumara, les Mentawai sont continuellement sur le qui vive car les maisons s'éffondrent lorsque les secoussent se font trop fréquentes.

Cest Aman Antik avec qui nous échangeons le plus car il manoeuvre légèrement l'anglais et reste avec nous lorsque nous nous déplaçons entre les différents groupes de maisons éparpillés sur l'île. Nous marchons dans tous les genres de boue, toutes les coleurs, toutes les extures. Ce ne sont pas de longues marches mais il fait une chaleur pésante et nous dégoulinons litéralement, il n'est pas toujours évident de garder les pieds au sec et il me semble que notre guide " Molly " commet quelques erreurs quant aux temps et aux distances qu'il annonce. Cependant, il est et c'est indéniable un habitué de Siberut, quelqu'un de respecté par les habitants, il vient même sans touristes juste pour se relaxer, il change régulièrement ses itinéraires sur l'île pour apporter de la nourriture et des cigarettes à des familles différentes, il parle très correctement le Mentawai, il se plonge dans leurs traditions depuis de longues années, son comportement très attentionné avec les étrangers ... Tout cela fait de lui un incontournable de l'expérience Siberut et je suis très heureux de l'avoir écouté lui.

Nous vivons chaque jour des moments très importants et je me rappelle tout particulièrement de tous ces enfants qui veulent jouer le sourire jusqu'aux oreilles, ils veulent échanger avec nous. Nous essayons de prononcer quelques mots de leur langage qui ne ressemble à aucun autre. Nous découvrons au milieu de la fôret des traditions, des façons de faire et un rythme de vie surprenant parce que tout est si différent de ce que nous connaissons comme notre quotidien et même en ayant déjà visité diverses parties du mnde, c'est une découverte de tous les instants, une émotion omniprésente que de voyager quelques jours auprès des indiens Mentawai.

Yoan qui a eu l'occasion de rencontrer les communautés aborigènes en Australie est devenu un grand amateur de ce fameux instrument qu'est le " Didjeridoo ". Avec Gaëtan, ils décident donc de fabriquer un exemplaire unique version Mentawai à partir d'un morceau de bamboo. Les enfants rient car le son de cet instrument est hors de commun dirais-je. J'ai trouvé l'idée géniale, laisser aux enfants un instrument qu'ils pourront utiliser et apprendre à maîtriser, bravo messieurs !!!

Regarder, toucher, sentir, écouter ... J'ai l'impression que tous nos sens auront été sollicités sans que nous n'ayons jamais l'impression d'être dans un cirque pour touriste. Evidément que notre présence change un peu la donne, ça apporte un peu plus d'animation mais il me semble que nous aurons été tous les 3 suffisamment ouvert d'esprit pour que ça ne ressemble pas trop à un collier d'activités touristiques faites pour distraire les occidentaux qui cherchent un peu d'aventure.

Une chutte d'eau magnifique, un lieu parfait pour une demande en mariage (dedicasse à Anaîs et Jérem), encaissée dans les pierres d'un fôret que parfois nous regardons du haut d'une colline qu'il nous faut franchir pur continuer notre chemin, cette même fôret dont soudain nous sortons pour s'approcher d'un terrain dégagé et proche d'un cours d'eau où vivent ces gens qui ne savent pas quel âge ils ont parce qu'ils ne savent pas quand ils sont nés et que pour eux, un calendrier n'a aucun sens.

Les femmes du village nous emménent à la pêche, nous remontons lentement une rivière et les observons s'enfoncer dans l'eau jusqu'au cou, la tête recouverte par les feuillages qui s'allongent sur une eau claire et pleine de bonnes choses à manger. Comment oublier le regard de cette femme qui vous hypnotise lorsqu'elle s'approche de vous pour partager une crevette qu'elle vient d'attrapper et dont elle avance la moitié tout juste arrachée d'un coup de dent à quelques centimères de votre bouche en murmurant un très séduisant Hummmmmmmmmmmmmm ... Impossible de résister. Puis vient le petit crabe dont il faut aspirer l'intérieur et ensuite la grenouille à qui elle fabrique un collier avec une tige de je ne sais quoi. Ni vu ni connu, vous voilà avec mamy Mentawai qui vous sourit la cigarette au coin de la bouche le tout entrain de ballader une grenouille en laisse. Des moments authentiques, des moments marqués d'une simplicité qui sait vous émouvoir. Nous sommes tous pareils et avons beaucoup à échanger, le mode de communication importe peu car le résultat ne dépend que de notre envie de s'enrichir les uns les autres à travers quelques instants partagés avec humilité et sincérité.

Je suis curieux de revoir les images de ces enfants qui chantent pour le plaisir de nos oreilles impatientes mais aussi pour les quelques bonbons que Molly avait prévu pour eux. J'espère avoir réussi quelques beaux clichets de ce séjour inoubliable et voudrais tellement me rappeller de tout mais à force de voyage, on range ses plus belles merveilles dans les tiroirs de nos mémoires et souvent, ça se mélange tout ça !!!

Ce qui est certain, c'est que des visages mais aussi des moments resteront gravés à jamais. La maison écroulée d'un couple agé, malade et sans enfant, un couple qui ne peut compter que sur l'aide des locaux qui passeront par là. Le souvenir triste d'une réalité que vivent les Mentawai et qui aide à comprendre pourquoi ces gens cultivent chaque jour un peu plus le concept de la solidarité. Ces petites mouches qui vous dévorent lorsque le soleil se retire. Le bruit des insectes qui s'amplifie au fur et à mesure que la nuit s'impose. La décision de se faire tatouer l'un des symboles Mentawai à savoir " la lune " et ce de la façon la plus archaîque qui soit. Il s'agit d'un mélange entre cette croûte noirâtre qui durcit sur les bords du chaudron avec de l'eau de canne à sucre. C'est dans cette mixture que l'auteur de nos tatouages aura trempé son épingle à nourrice qui elle même était fixée à ue baguette de bois qu'il faut tapoter légèrement pour petit à petit impregner la peau de cette nouvelle forme d'encre.

Un souvenir pour la vie parce que je veux me souvenir au mons toute une vie de ce qui sest passé là bas, sur l'île de Siberut avec les indiens Mentawai que j'aurai eu l'honneur de saluer.

Les précisins de Gaëtan ainsi que les recommandations de Yoann ayant clairement signalé que ce article manquait d'informations directement liées aux indiens Mentawai eux mêmes, je le remercie pour m'avoir incité à faire focntionner ma mémoire ainsi qu'à faire quelques recherches.

Ces indiens que l'on appelle également " Homme Fleur " en raioson des parures qu'ils aiment à porter subissent depuis les années 50' et le règne du président indonésien Soeharto un processus de modernisation (accompagné de nombreuses violences) à travers lequel on veut les sortir de leur habitat naturel, modifier leurs traditions du tout au tout et réduire leur culture à neant. Ils vivent en pleine harmonie avec sa nature et on essaye encore de les regrouper dans des villages construits par le gouvernement pour inciter les jeunes à se tourner vers autres chose que leur mode de vie ancesrtal jugé " dépassé ". C'est scandaleux et il faut espèrer que petit à petit, on prendra conscience qu'il faut protéger ces gens et leur culture qui aura déjà vécu dangereusement jusqu'au point de presque disparaître.

Le lien hierarchique est très fort chez les Mentawai. Evidément la position de Shaman signifie énormément puisqu'elle est signe de sagesse et de connaissance. L'ancienneté est également très importante par rapport aux prises de décisions et aux responsabilités qu'il faut assumer dans le village et cela sans disctinction de sexe, une femme agée sera très respectée pour son savoir.

Il faut étudier 5 années pour devenir Shaman et l'épouse d'un Shaman devra elle aussi devenir Shaman. Le " Medicine Man " comme on l'appelle sait combien de feuilles de telle ou telle espèce il faut ajouter pour une certaine préparation, il connaît les chansons rituelles, il peut soigner de très nombreuses maladies, ses cheveux sont longs, il sait fabriquer canoe - maison traditionnelle - instrument de chase, il sait tatouer et en ce qui le concerne, ses propres tatouages sont signe d'une certaine fierté alors sont corps tout entier en est recouvert ...

La croyance est elle aussi très forte chez les mentawai, leur dieu " Sabulungan " est représenté dans toutes les maisons que l'on appelle " Uma " et qui se situent souvent à un endroit très en vue. Maisons totalement ouvertes où on entre puis on sort, pas vraiment de fenêtre ni de porte, les cochons qui vivent en dessous de ces maisons surélevées et entièrement construite de bois.

Lorsque les Mentawai se marient, c'est la famille de la mariée qui offre de nombreuses choses à la famille du marié puisque c'est elle qui ira vivre chez son futur époux. Mêmes mariés, les Mentawai ne dorment pas ensemble et lorsqu'il s'agit d'aggrandir la famille, un endroit prévu à cet effet qui nous a été présenté comme la " Chicken House " est utilisé mais en aucun cas, les Mentawai de sexes opposés ne peuvent passer la nuit ensemble. La donation faite à la famille du marié est la suivante : 10 cochons, 10 cocotiers, 1 arbre à Durian, 10 arbres à Sagu, 2 moustiquaires, 3 machettes, 3 haches, 3 woaks, 10 poulets et 3 chaudrons.

C'est toute une cultutre et surtout beaucoup de coutumes qui nous surprennent chaque jour. Nous aurons appris à préparer ce que les hommes utilisent comme sous vêtement et qui vient en fait de l'écorce d'un arbre qu'il faut savoir délicatement retirer du tronc avant de venir la frapper d'un morceau de boir au bord de le rivière. De nouvelles saveurs, une profonde et infinie découverte, des moments très émouvants ...

L'histoire de notre passage sur l'île de Siberut ...

 

La Nouvelle Zélande : 387 KM à pied, ça use les souliers !!!

Même si les chaussures de randonnée n'aurnot pas rendu l'âme en terres Néo-Zélandaises, elles ont eu du fil à retordre durant les quelques trecks que j'ai eu la chance de faire dans la région des Fiordlands, sur l'île du sud. Sur 61 jours de voyage à travers ce merveilleux pays, 44 auront été placés sous le signe du sac à dos et croyez moi, si j'avais pu faire plus, ça aurait été sans hésitation.

Arrivé tout droit de Jakarta après avoir annulé le séjour prévu en Australie, je ne voulais entendre parler que de montagne, de neige, de distance de marche et de nourriture lyophilisée. Je n'étais là que pour ça en me demandant par où commencer mais envieux de m'y mettre dès que possible. Le bouquin adequat en poche " Tramping in New Zealand ", il faut décider quel sera le premier parcours. Le problème fût relativement simple puisque j'ai opté pour le treck le plus long : 10 jours de rando pour 123 KM sur l'île Stewart.

48h à Wellington pour me rendre compte que le pays se situe dans l'hmisphère sud certes mais ne connaissait aucunement les soucis du sous développement. C'est quelquechose qui change la vie puisque cela fait 9 mois que j'évolue dans un autre monde, une autre réalité. Je prend le bateau pour me rendre sur l'île du sud et c'est en bus que je rejoins Invercargill, dernière ville avant de reprendre un autre bateau et rejoindre l'île Stewart. Quelques préparatifs et autres accessoires qu'il me fallait acheter et nous voilà bloqués par des vents de 130 KM/h dans le port de Bluff ce qui empêche tout bateau de traverser. Ca commence très fort !!! Enfin sur l'île, je rencontre Rob, Mike et Ai qui envisagent comme moi le circuit nord de 10 jours. On nous annonce des effondrements de terrain qui rendent impraticable la première partie du treck, des vents puissans et des pluies très fortes. On nous recommande la location d'un appareil qui permet d'être localisé par satéllite et pour fnir, on nous dit que depuis la dernière tempête nous serons les premiers à passer et que forcément, il y aura de nombreux arbres abbatus sur notre chemin. Un contexte pas vraiment rassurant mais nous sommes 4 et chacun a déjà fait beaucoup de marche.

Durant ces 10 jours de rando nous avons eu toutes les intempéries possibles mais je crois que le plus dure aura été la boue. Parfois jusqu'aux genoux et il vous faut continuer jusqu'au prochain refuge, plein les mains puisque vous vous appuyez au sol pour ne pas chuter, tout du moins pas totalement. Les bâtons seront devenus mes meilleurs amis et l'idée d'acheter des guêtres pour le prochain treck un rêve enchanté. Le plus souvent recouvert par la végétation qu'il nous faut traverser, nous avons rarement des points de vue sur la côte que nous suivons pourtant sur plus de 80 KM. Et oui, ce parcours se fait essentiellement à l'intérieur, à l'intérieur de la fôret, à l'intérieur de vore tête, à l'intérieur de votre sac de couchage... Les moments forts sont lorsque nous longeons les plages, dans les dunes ou sur les rochers, lorsque nous atteignons le sommet de l'île et que nous pouvons voir les sommets enneigés des Fiordlands, lorsque les uns après les autres nous avons la chance de voir chacun le fameux Kiwi, l'oiseau symbolique du pays et espèce andémique à la Nouvelle Zéalnde, lorsque nous cherchons les pingouins dans les grottes qui hornent une côte rocailleuse et glacée, lorsqu'il ne faut pas perdre son sang froid le 6ème jour à cause de la boue qui n'en finit plus et qui vous aspire sous le poids de votre sac devenu alors un ennemi indispensable.

Nous ferons également la connaissance des " Sun Fly ", des moucherons voraces qui resistent à tous les répulsifs et qui vos pincent jusqu'au sang. Il n'y a rien à faire à part prendre son mal en patience et se couvrir intégralement sinon elles vous rendront fou. Je revois Mike et ses jurons anglais " Bloody Hell " ou " Fucking Bastards " mais en souriant et d'une façon qui nous faisait rire nous aussi. J'ai eu l'occasion durant ces quelques jours de rencontrer des sacrés personnages, des gens que j'espère revoir et avec qui je garderai le contact aussi longtemps que possible. Ai qui emporte des oeufs frais en plein treck, Rob qui doit aller chercher des moules et manger des algues parce qu'il n'a pas prévu assez de nourriture, Mike alias " Mister Woodman " qui tous les jours se charge d'aller chercher du bois pour un bon feu qui servira à sécher les mêmes vêtements qui seront trempés chaque jour.

Il n'y a plus les insectes en tous genres qui me fascinaient en Asie, c'est au tour des grands espaces où personne ne vit et où le nature tout entière vous accueille de façon plus ou moins hostile. L'île Stewart n'aura pas été le meilleur parcours de ma vie mais pour une mise en jambe, c'était l'endroit idéal. Nous terminons avec un tchécoslovaque fort sympathique qui travaillait dans les vignes en Nouvelle Zélande et qui produisait lui même de la bière arômatisée à la canelle et aux clous de girofle. Avec Mike et Rob, nous décidons déjà que le Kepler Track sera le prochain itinéraire. Seulement 4 jours mais peut être le plus beau parcours que nous ayons fait ensemble. Il fallait remonter jusque la ville de Te Anau et son lac magnifique pour démarrer la marche. Cette fois ci, nous prenons du vin, quelques épices et une orange pour faire un bon vin chaud avant de manger.

Nous ne marchons que 2h le premier jour pour rejoindre un camping bien situé et le lendemain, il faudra monter jusque la Kepler Hut en laissant défiler derrière nous un mélange de pointes enneigées, de montagnes recouvertes de grands arbres forts et d'eaux noires immobiles. Je remarche dans la neige pour la premire fois depuis la Tanzanie et le Kilimanjaro. Quel bruit magnifique et quel soleil dont il faut se méfier puisqu'il frappe la neige et vient vous transpercer les yeux. Nous nous arrêtons avec Rob avant le refuge et nous nous préparons un thé accompagné de morceaux de chocolat. C'est en pleine montagne que l'on décide de prendre notre temps parce qu'il faudra essayer de ne jamais oublier ce moment délirant de sagesse, bruyant de silence. Installés et nourris, nous décidons de faire une première fois pour y voir le coucher de soleil et c'est reparti pour 2h de marche avec beaucoup moins de poids cette fois. Le vent se lève et nous observons les lumières s'affaisser sur l'horizon. Chacun s'applique à faire preuve d'un talent de photographe réservé à Mike sur ce coup là puisqu'il à déjà fait plusieurs stages photo et connaît parfaitement son appareil. Nous redescendons rapidement car il faudra démarrer tôt demain.

Certainement parmi les plus belles journées de marche de tout le séjour, je n'oublierai pas non plus cette courbe blanche de neige sur laquelle j'ai patiemment observé Mike et Rob dérouler d'une allure légère. L'image sera forcément splendide, les souvenirs les sont. Nous prenons notre temps, nous faisons une sieste au milieu de ces montagnes qui semblent vous proposer toutes les directions. L'envie de ne pas suivre le chemin tracé et de tracer celui de nos rêves car nous avons les tentes et de quoi manger plusieurs jours. Pourquoi ne pas aller n'importe où et puis on verra bien !!! Nous prenons le chemin prévu et redescendons une vallée entière en moins de 2h pour rejoindre un nouveau terrain de camping innondés de Sun Fly. Grand feu, Grand repas, Grand repos après de grandes et magiques aventures. Nous suivons pour l'avant dernier jour une rivière sur laquelle beaucoup d'oiseaux apparaissent, se font entendre, vous observent passer devant chez eux. Nous terminons au bord d'un lac dans une petite hutte charmante à laquelle je repense souvent et c'est l'échiquier en papier que nous utilisions avec Rob qui me revient à la mémoire et je me rappelle soudain que tout était si facile : marcher, regarder, jouer, manger, réver, se réveiller ...

Retour à Te Anau et nous rencontrons Miri, une espagnole plus agée que nous, parapentiste et garde forestier sur les îles Canaries dont elle est originaire, la terre des " Aplatanados " comme elle aime à le dire. Elle ne sait pas quelle marche elle s'apprête à suivre et nous avons déjà prévu un programme assez original. Ni une ni deux, elle nous suit dans notre plan sans poser de questions, nous démarrons le lendeman. Nous voilà partis our le " Cascade Saddle " que l'on combine avec le " Rees Dart " pour rallonger les temps de marches mais les neiges tombent encore et il nous est impossible de tenter l'asscension que nous avions imaginé. Il faudra démarrer d'ailleurs et on refait le planning, on ne finit pas tous au même endroit le premier jour. Mike se retrove seul dans un refuge plus avancé que celui jusque lequel nous sommes pavenus alors sans être sûre de notre coup, nous décidons avec Rob et Miri de se lever très tôt le lendemain et de le ratrraper. Après 4 bonnes heures de marche et une cadence d'enfer, je retrouve Mike vers 10h30 entrain de ranger le bois, fidèle à ses habitudes, il avait eu la même idée que nous et attendait notre arrivée. Ce sera une longue journée pour nous mais nous passerons dans la neige le " Rees Saddle " à une altitude de mètres vers 15h avant de redescendre vers une vallée qui vous invite à avancer vers les glaciers. Au refuge, on nous dit qu'il y avait trop de neige pour arriver de l'autre côté : aucune déception à avoir.

Le lendemain, nous remontons face au glacier qui a des allures de " Torres del Paine " célèbre site chilien connus des ferrus de randonnée. Toutes ces lignes taillées dans la glace qui prend des formes de lamelles appuyées les unes contre les autres. Au sommet, c'est l'autre côté qui nous fait rêver, encore cette envie de partir n'importe où. Nous avons la visite de plusieurs Kia, cet oiseau ressemblant étrangement à un perroquet et animé par une forte curiosité, il s'approchera de vous sans hésiter. Les images sont à l'appui !!! Sur le retour, nous discutons beaucoup avec Rob, il veut rentrer en Europe depuis la Chine par le train qui circule entre Pekin et Moscou. Nous sommes deux sur une étendue immense et encore une fois : Comment sommes nous arrivés jusque là ?

On reprend la marche le lendemain en suivant des plaines magnifiques, nous avons essayé de nous baigner dans la rivière mais la tentative n'aura pas durer bien longtemps. Ce même soir, je réussi à perdre aux echecs contre un hollandais à qui j'avais tout de même réussi à prendre la reine. Dernier jous rapide, nous récuperons le van de Rob et avançons jusque le prochain point de départ de rando car nous entamerons un nouveau circuit le lendemain : " le Routeburn ". Gâté par le soleil le premier jour pour monter jusque le dernier refuge avant le sommet, nous aurons moins de chance les 2 jours suivants pour cette rando qui doit être magnifique mais que malheureusement nous n'avons pas eu la chance d'apprécier à sa juste valeur puisque prit dans les brumes épaisses des Fiordlands. C'est le frère de Mike alias Kip qui nous récupère à la fin de cette rando et encore une fois, je tombe sur un sérieux client qui me parle du " Dusky Track ", le circuit le plus corriace de tout le pays, vous trouverez dans certains ouvrages des photos de randonneurs qui se sont vus obligés de traverser tout habillé des rivières en essayant de nager, leur sac à dos à bout de bras et les chaussures qui se remplissent d'une eau glacée qui ne prendra que quelques secondes pour s'infilter partout et au final, l'une des sensations les plus désagréabes qui soit. Nous partons avec 3 jours de nourriture supplémentaire chacun en cas d'intempérie, il y aura de toutes façons des parties que nous ne saurons passer si les pluies ne jouent pas en notre faveur.

Premier jour, on se fait déposer en bâteau avec une forte sensation de : "C'est le dernier moment pour faire demi tour ". Cette fois ci, on loue vraiment un ARVA qui nous permettra d'émettre un signal par satéllite si nous sommes totalement bloqués. C'est la neige qui s'invite à la fin du premier jour de marche, je me souviendrai longtemps de la tête de Kip s'exclamant : " What the F... , it's snowing. Nobody can tell us what will happen during the next 6 days ".

Ca a été dure, sous un ciel grisonnant, sur des ponts de singe pas très rassurants, avec beaucoup de poids, parfois l'impression de s'être perdu, un goût de défi à la fois mental et physique dans la bouche, heureux d'imaginer sur une mapemonde l'endroit où nous sommes entrain de nous ballader sans aucune préoccupation ... Cette dernière rando qui portera mon compteur à 387 KM de marche sur les sols Néo Zélandais. Le dusky Track aura lui aussi fait parti de la liste, pour courronner le tout et repartir sur 8 jours de sueur et autres poignée de raisins secs. Une nouvelle chute aurait du me coûter très cher mais je n'ai rien eu après avoir pourtant glissé sur une bonne vingtaine de mètres enneigés entre deux couloirs de rochers. On retourne sur Te Anau pour célebrer ça et se dire au revoir autour d'une bonne Tortilla dont Miri a le seret. Je me remet en route pour Wanaka avec le projet de sauter une deuxième fois en parachute avant de quitter ce pays où les sensations extrêmes sont monnaie courante. C'est après cette expérience vertigineuse que je rejoins Craig et Idoya sur Christchurch pour 2 jours de barbecue, bains dans les eaux termales, concert et ciné ...

Le temps sera passé rapidement en Nouvelle Zélande car 2 mois de marche ne m'auront permi au final de ne découvrir que quelques pourcents du pays mais comme je l'ai dit : " J'ai eu ce que je voulais et je reviendrai, pourquoi pas avec Romain pour notre premier voyage ensemble !!!

Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de me pencher sur la culture Maori et sur l'histoire de la Nouvelle Zélande mais je trouverai le temps. J'ai juste trouvé celui de me rendre compte que ce pays est en définitive une grande et très éloignée cour de récréation. Il y en a pour tout le monde, toutes les envies, tous les ages, toutes les humeurs ...

Just so Wicked

 

" Hello Mister " du nord du Myanmar jusque l'Est de l'Indonésie ...

Voici les deux mots qui signifient que vous avez mis le pied en Asie du Sud Est. Je m'étais habitué au "Hey BOSS " africain mais il faut faire varier les plaisirs alors aussi bien les enfants, les femmes que quelques personnes âgées ne pourront résister à cette prise de contact immédiate. A préciser que lorsque l'on dépasse les 50 fois par jour, ce devient heu comment dirais-je : Répétitif!!!

C'est depuis la rue Jalan Jaksa en plein milieu de Jakara que se termine mon séjour dans cette région du monde où on passe aussi vite du Boudisme au culte Musulman, du peuple Batak aux Shamans de Siberut et de moins 40 mètres dans les eaux des îles Togean à plus 4 096 mètres dans les airs du Kinabalu.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la diversité offerte dans les quelques pays d'Asie que j'aurais eu la chance de visiter m'aura donné envie de revenir.
L'Indonésie est si grande, le Myanmar tellement isolé et la Thaïlande incessamment traversée par un tourisme massif qu'il peut être difficile de faire son choix entre la liste des incontournables et les itinéraires les plus périlleux.

Comment oublier la tente sur une plage comme protégée au beau milieu des Iles Perenthian, la cabane en bois de Nong Kiaw sur les bords de la rivière Nam, l'ascension nocturne sous les pluies fines du volcan Merapi de Sumatra et les ballades dans les rizières du Tonan Toraja en plein Sulawesi? Il existe dans ces régions un paradoxe entre une profonde difficulté aux arts de la communication et une immense disponibilité de tout ce dont vous avez besoin. C'est le continent de l'hémisphère Sud où l'on rencontre les meilleures conditions de voyage pour des prix défiants toute concurrence et où les traditions culinaires sont les plus délicieuses. On n’envisage peut être pas d'aller s'y installer pour plusieurs années mais on rallongerait volontiers son séjour de quelques mois.

En bas à droite d'une Asie à l’allure fragmentée, on voyage facilement et vous n'aurez aucun mal à passer en dessous puis au dessus de l'équateur de la façon qu'il vous plaira. Certaines traversées resteront les pires souvenirs de vos besoins de découverte car les 10 ou 15 heures de minibus sur des routes que nous croirions infranchissables se feront un malin plaisir de chatouiller votre interprétation personnelle du concept de patience mais si c'est le seul moyen et que les locaux utilisent durant une vie entière, vous pouvez bien vous y essayer au moins quelques centaines de kilomètres.

Je ne saurai décrire si je suis plus sensible aux visages et aux attitudes des plus jeunes ou des plus âgés.
Est-il nécessaire de comparer les yeux inquiets de cette jeune fille qui aura accepté de chanter quelques minutes sous l'œil de ma camera dans la ville de Berastagi, avec le regard expérimenté de cette vieille dame qui en plein village Mentawai m'aura invité à aspirer l'intérieur d'un crabe à peine sorti de l'eau ?

Il me semble que ces moments appartiennent à la même catégorie : inattendus, entiers, explosifs, tactiles et d'une spiritualité trop rare pour ne pas s'y plonger. Est-ce qu'on se prend alors pour l'aventurier des aventuriers ou le preneur d'image le plus créatif, je ne sais pas mais ce dont je suis convaincu, c'est que l'on s'imprègne facilement et profondément de ces quelques secondes de Bonheur. Nous voudrions que ces secondes se transforment en minutes puis en heures. La clé de ces instants magiques réside peut être dans le fait de savoir prendre et apprécier suffisamment son temps.

Au moment où j'écris cette conclusion sur la seconde partie de mon voyage, ceux sont les prières de la fin du Ramaddan qui assomment les buildings de Jakarta et je ne pouvais rêver meilleur contexte pour m'avancer doucement vers la Nouvelle Zélande. Projeté au centre d'une religion mal perçue et que chaque jour de nouvelles populations accusent, je me dis que le respect de l'autre ressemble fort à une solution qui ne pousserait plus personne vers les extrêmes, qui ne font que multiplier les blessés, les opprimés et les morts.
Loin d'être un grand spécialiste des questions parfois religieuses, parfois politiques mais souvent économiques (puisque la guerre rapporte tellement de pognon), je pense sincèrement qu'en voyageant dans ces mondes si différents, on est amené à se poser plus de questions et donc, a réfléchir un peu plus près des destinations où la misère et la pauvreté frappent le plus souvent et avec une rage dont nous ferions bien de nous inquiéter un peu plus.

" 6 Milliards de Piverts " repartira d'Asie pour l'année 2007 avec un certain apprentissage de la difficulté à trouver, comme en Afrique, des projets mènés par des locaux, des projets que nous nous voulons capables de soutenir plusieurs années afin que des résultats significatifs soient obtenus.
En parlant de résultats, je m'accuserai volontiers d'un léger manque de performance pour ces 5 derniers mois. En effet, à ce jour, il n'y aura eu que deux actions engagées par nos soins et notre idée doit encore faire ses preuves. Néanmoins, j'ai plusieurs contacts dans la poche qui peuvent se révéler très prometteurs. L'un d'entre eux est un projet qui touchent les enfants fuyant la Birmanie et qui se retrouvent en Thaïlande sans aucune identité. Ma motivation n'a pas chuté et même si du coté de la Nouvelle Zélande, l'association connaitra naturellement un passage à vide, je suis très confiant au regard de ce que nous pourrons entreprendre en Amérique Latine.

Une fois encore, appel à tous ceux qui entendent leurs amis, leurs collègues, leurs frères et sœurs parler un peu fort de leurs envies de voyage. Nous avons besoin de nouveaux piverts pour étendre la liste des projets que nous soutiendrons par tous les moyens que nous serons capables de rassembler. Commencer petit pour grandir plus sérieusement, voila une idée " qui va bien " comme dirait mes chers compatriotes de Gre !!!

Vous êtes nombreux a m'envoyer des messages, me tenir au courant de vos bonnes nouvelles (pas moins de 9 naissances depuis que j'ai quitté la France) et me faire parvenir des photos de ce qui se passe chez vous. Sachez que sur la longueur, c'est très important pour moi de ne pas perdre le contact avec ce qui me ramènera toujours chez moi : Vous : amis, famille et autres patrons de bistro.

Merci et que chacun d'entre vous puisse trouver les moyens de réaliser les rêves qui nous ont tous amenés à nous endormir avec un goût de " Demain, je me lance ...". Comme dirait un professeur argentin dont j'ai eu la chance de suivre les classes a l'Université de Valparaiso : Adelante !!!

Il est environ 5 heures du matin et les moustiques s'acharnent ...
 

Sumatra: Ca faisait tellement longtemps que j'attendais...


Pour retourner en Indonésie après un premier voyage avec Nana au tout début de ce millénaire, l'île de Sumatra et ses tremblements en tous genres était la destination que j'attendais, celle qui m'intriguais le plus.




L'indonésie avec plus de 17 000 îles dont 11 000 sont inhabitées, le tout étendu sur plus de 5 000 kilomètres en Asie et en Australie, ses 250 millions d'habitants dont 50% vivent sur l'île de Java, ses 130 volcans actifs. Même si elle a longtemps était un mélange de boudihsme et d'indouisme, elle est aujourd'hui la plus forte concentration musulmande au monde et recense également de nombreuses ethnies éparpillées dans toutes les îles de cet interminable pays.


L'occupation fut essentiellement hollandaise, l'indépendance est venue le 17 Aout 1945 puis ce fut une invasion japonaise et ensuite 30 années de dictature sous Soeharto. C'est aujourd'hui une démocratie dont on estime qu'elle fonctionne. On ne peut pas oublier pour autant le massacre organisé par l'armée indonésienne sur l'île du Timor qui est maintenant indépendante depuis 1999. On peut aussi mentionner le fait que chaque année, c'est un territoire égal à la superficie de la Suisse qui disparait en terme de forêt ce qui fait de l'Indonésie le taux de déforestation le plus élevé au monde.

La capitale du pays est Jakarta, on y utilise pour monnaie la roupille indonésienne et on y trouve la plus grosse fleur au monde et le plus gros lézard au monde mais tout cela dans des îles différentes.

Arrivé à Medan, tout est possible, chaque direction est envisageable car l'île est gigantesque, c'est tout simplement la 6ème plus grande île au monde !!!

Le meilleur moyen d'en profiter est peut-être de ne faire aucun plan et de laisser venir le programme jusqu'à moi. C'est ce que je fais en rencontrant Yoann qui après presque un an en Australie à bord d'une coccinelle décapotable se retrouve en Indonésie pour quelques semaines. Dans un Medan plein à craquer car nous sommes au tout début du Ramadhan, nous préparons doucement notre premire incursion dans la jungle du Gunung Leuser.



Pas question d'aller à la rencontre des Orang Utangs dans un endroit où ce sont plutot eux qui viennent vous voir, nous nous embarquons pour 5 jours de jungle en direction du village de Ketambe avec un guide que nous aurions mieux fait de ne jamais rencontrer. Notre aventure se sera mal finie avec lui mais on ne peut pas oublier que le séjour dans la jungle auront été parfaits.

Nous ne marchons que quelques heures par jour, quelques très jolies fleurs, plusieurs singes (dont le gibbon noir) mais trop rapides pour nous, une forêt immense dont les arbres atteignent des hauteurs extravagantes, les sangsues que nous ne pouvons pas éviter et qui font rougir nos chaussettes, nous voyons parfaitements les lits de branchages installés par les Orang Utangs qui dorment rarement deux nuits au même endroit mais il nous faudra encore patienter.

Toujours à proximité d'une source d'eau pour installer le campement, nous enchainons les endroits paradisiaques pour passer la nuit, nous achetons du poisson aux locaux qui passent nous voir, nous transpirons tellement et si vite que chaque baignade devient presque la meilleure sensation de la journée. Nous sommes déjà au 4ème jour et toujours pas un Orang Utang.

L'oncle de notre quide que nous avons vite surnommé " Tonton " montre à Yoann une fleur et c'est parti pour une séance de photos assis dans les feuillages. Je les regarde sans vraiment les regarder et puis soudainement, le yeux de Tonton s'illuminent, il fonce vers moi, m'agrippe l'épaule, me bouscule dans tous les sens. Après 4 jours de marche, je ne l'avais jamais vu avec des yeux si explosifs, il s'agissait JUSTE d'un Orang Utang mâle d'environ 70 kilos qui passait d'un arbre à l'autre suffisamment près de nous pour que nous oublions tout le reste, qu'il n'y ait plus que lui et nous.



Entièrement paralysé par ce spectacle, je n'aurais fait aucune photo et n'aurait réussi qu'à capturer 8 secondes de ces instants merveilleux avec le camescope. Parfois, c'est la mémoire le meilleur des negatifs !!!

Il s'est tranquillement installé dans un arbre pendant plusieurs minutes comme si nous ne dérangions en rien son programme de la journée et nous a offert le luxe de l'observer en pleine jungle avant de partir plus haut rechercher un endoit pour passer la nuit à l'abri des regards indiscrets. Nos efforts furent récompensés et plusieurs semaines après cet évènement, je m'endors encore en pensant à la chance que j'ai eu de vivre cela.

C'est à Berastagi, au pied du volcan que nous devions grimper que notre guide a disparu avec mes chaussures, ma veste et quelques autres affaires appartenant à Yoann. Nous sommes repartis à Medan pour mettre la main sur lui et l'hôtel qui nous l'avait recommandé. Mauvaise note pour Mougli et l'hotel Zakia !!!

Nos malheurs seront récompensés par un cours d'anglais avec de jeunes collégiens de Berastagi dont une jeune fille à la voix intimidante aura accepté de chanter quelques instants pour nous. Puis un apéro à rallonges avec des vendeurs de choux fleur qui apparemment menaient très bien leurs affaires.

Direction le lac Toba pour 4 jours de relaxation intense, peut-être trop intense, dans une maison Batak dont la mezzanine, où je me suis installé évidemment, ouvrait ses fenêtres sur un bruit de courant d'air qui raffle l'eau à intervalles reguliers qui vous berce pour vous endormir et vous réendormir au cas ou des rêves agités venaient à troubler votre sommeil.
Ces petits endroits de paradis ne coutent pas grand chose à part du temps. J'y reviendrai c'est certain mais dans d'autres circonstances ???



Etant donné que c'est la 3ème fois que nous croisons Gaétan en moins de 15 jours, le voyage continue avec lui en direction de Bukitingi.
Il nous parle de l'île de Siberut et des Mentawai.
Nous rencontrons Mouli et nous voilà tous les 3 en route pour une semaine complète vers cette île dont nous nous souviendrons longtemps. Je voudrais écrire un article uniquement sur ce que nous avons vécu là-bas alors je vais donner un rapide aperçu de cette experience.

Marcher dans la jungle, lutter contre la boue (Siberut signifie: " l'île boueuse " en language Mentawai), apprendre quelques mots qui font rire les gens qui nous accueillent chez eux, fumer beaucoup trop de cigarettes, se baigner dans une rivière splendide, écouter les explications de Mouli sur les traditions Mentawai, saluer les gens qui viennent et repartent dans toutes les directions, observer les tatouages que les Mentawai adorent et dont ils se recouvrent le corps, sentir que nous sommes ailleurs, vouloir y rester plus longtemps que prévu, ramener un souvenir de cet endroit magique où nous avons senti, gouté, touché, parlé, regardé et aimé ... Tout un programme que je souhaite profondement détailler dans un article que j'écrirai très bientôt...


Retour à Bukitingi pour se lancer à l'assaut du volcan Merapi. Première tentative avec Mouli mais le temps grisonnant nous force à faire demi tour alors c'est de nuit que nous irons jusqu'au sommet.

Nous réveillons vers minuit les rangers que nous avions rencontré le matin et nous voilà parti sous une pluie fine pour un sommet qui culmine à presque 2000 mètres. Quelques sangues (Gaetan les adore et elles le lui rendent bien), quelques glissades, quelques points de vue sur un Bukitingi tout en lumière, quelques coups de Blues car le froid, la fatigue et la faim prennent parfois le dessus dans ce genre de marche.

Après quelque heures de tout cela, nous sortons enfin de la forêt, il reste encore un chemin rocailleux pour arriver en haut et déjà les premières lumières viennent remonter notre moral. Quel spectacle que de regarder le soleil se lever au dessus d'une mer de nuages que nous regardons d'en haut et au travers des fumées de souffre qui jaillissent tout autour de nous.
Les ombres des sommets parmi lesquels nous sommes quelques instants déroulent sur des paysages que nous regardons s'éclaircir et comme il n'y a pas de plus belle lumière que la première de la journée, on se sent privilegié de pouvoir une fois encore vivre cette nature de la plus belle manière qui soit. Descente très éprouvante et retour a Bukitingi sur les rotules.


Gaetant nous quitte, il doit repartir en France aider les gens à trouver du boulot. Merci Gaetan d'avoir accepté de ramener tout mon bordel en France, rendez vous au pied de la tour Eiffel en slip Mentawai !!!

Une journée de plus à Bukitingi puis départ pour 2 jours vers le lac Maninjau où il aura beaucoup plu mais chez Lili's, nous aurons eu tout le temps et la tranquilité nécessaire pour ne penser à rien, apprécier la bière et en ce qui me concerne découvrir les finesses du jeu d'échec. " Attention Yoann, je vais te mettre Echec en 3 coups !!! "

On passe notre dernière nuit à Padang et au petit matin, direction Kuala Lumpur puis Bangkok pour Monsieur Letourneur et Jakarta puis Welington pour Victor.

Deux jours à Jakarta, il aura fallu trouver de quoi s'occuper mais ça aura été utile pour écrire, reprogrammer légèrement les prochaine étapes de ce tour du monde, se rappeler à quel point Jakarta n'est pas accueillant et réflechir sur ce qui venait de se passer pendant ces 5 derniers mois.



Arrivé à Bangkok le 20 Mai, reparti de jakarta le 17 octobre, la partie asiatique de ce voyage aura totalement modifiée ce que j'avais pensé comme joué d'avance ...


Dedicaces :


Joe et Celine : les amigos deuch'nor même si la moitié du couple est originaire de la région de la porcelaine. C'est toujours un grand plaisir de les avoir parce qu'on sait que c'est " tranquille la vie, quand est ce qu'on se fait une bouffe ??? " avec ces deux loulous. Un gros bekot à tous les deux et à très vite.

Mitch : He mister Michouille, c'est quand qu'on se fait le troisième étage d'un certain chevalement? J'espère que tu es en train de préparer une rallonge élastique pour les quelques mètres de cordes depuis lesquels on prend tant de plaisir à s'envoyer en l'air. Un gros bisou a toi et Nat mon pote. Vivement la prochaine braderie de Lille que je puisse te faire la bise sans m'en rappeler !!!

Babao : Allo l'ami, merci pour le transport de mes souvenirs Tanzaniens jusqu'à bon port. C'est évidement toujours une grande rigolade que d'être en ta compagnie, genre les choux de Bruxelles chez la mère d'Alex, tu te rappelles ??? Prends soin de toi l'ami et rappelles toi qu'il y a 3 écoles !!!

Gaetan et Yoann : Bien entendu, sans ces deux piverts, le voyage sur Sumatra n'aurait pas été le même. Messieurs, je suis très impatient de servir nos verres et ce ou que ce soit : Paris, Lille, à nouveau sur l'île de Sumatra ou ailleurs dans le monde pourquoi pas ???

Les Crispy Crackers : Le meilleur sponsor de mon voyage en Indonésie. les biscuits du pauvre comme diraient DjeDje et Kiki. On en a mangé tellement, je me rappelle même plus quel gout ça a. En tous cas, ce que je sais, c'est qu'avec la bière indonésienne, ça colle parfaitement.

Tristan Boutry : Alors celui-là, plus imprevisible tu meurs. Moi même j'ai du mal à le suivre, c'est pour vous dire. Quel overdose de bonne humeur et quel plaisir de faire les singes avec lui. Toujours OK pour une chtite binouze et toujours présent même lorsqu'il y a des kilomètres à parcourir. A très vite mon pote et vive l'anniversaire de la reine à Amsterdam. Est-ce que la version 2008 de cette fête incroyable te tente ???
 

Le Sulawesi depuis Makassar jusque Manado...

J'étais très impatient de voler vers cette partie de l'Indonésie que je ne connaissais pas encore, celle que je n'avais pas du tout envisagé et où Jérôme et Christine m'avaient convaincu de les rejoindre. Je commencerai cet article par les remercier de m'avoir proposé ce périple, de s'être occupé de moi parce pour être honnête, je n'ai rien eu à faire.



Même si ils se sont ouvertement moqué d'un certain short à peine rafistolé, c'est avec beaucoup de facilité que le planning de Maman aura été établi et j'ai pris un vrai plaisir à découvrir cette île en leur compagnie. Je garde quelques autres anecdotes et compliments pour la fin de ce texte.

Après mon arrivée à Makassar et les retrouvailles après s'être entrevu trop rapidement sur Bornéo, nous avons d’abord échangé nos impressions sur quelques pays d'Asie (Dje et Kiki sillonnent l'Asie du Sud Est depuis Octobre 2006), les différences avec l'Afrique ou l'Amérique Latine, leur projet de vivre une année entière en Australie (où ils se trouvent à l'heure ou je vous parle).
Nous nous rendons bien compte que les perspectives en France prendront un certain temps et qu'il reste encore beaucoup d'endroits où nous souhaiterions aller.

Apres une belle cantine où nous avons choisi nos poissons dans des caisses en plastique remplies de glace, nous avons patienté toute la journée dans un Makassar trop bruyant pour enfin prendre la route de Rantepao et entrer dans le Tonan Toraja, lieu de chute idéal pour entrevoir la culture des Bataks.
Des maisons aux toits on ne peut moins traditionnels, difficilement descriptibles mais dont la forme pourrait laisser penser à un bâteau. Il s'agit en fait d'une courbe qui suit la longueur de la maison et dont les extrémités toujours orientées Nord - Sud pointent vers le ciel.
Le tout est recouvert de fines branches de bambou qui, le plus souvent, recouvrent de la tôle pour éviter de refaire la toiture tous les deux ans. Combinaison d’un souci esthétique pour le plaisir des yeux et d'une stratégie efficace pour préserver ses efforts.



Des rizières peuplées de rochers où les bottes de maïs blondissent le temps de la cueillette. L'une d'entre elles s'étalait sur une vallée immense où nous avons décidé de passer la nuit, perchés sur l'un des flancs de ce panorama qui, dans mes souvenirs vient détrôner le spectacle amphithéâtral des rizières d'Ubud sur l'île de Bali.

Demandant notre chemin au milieu de ces étendues de riz vert, s'arrêtant un moment pour filmer un insecte, se faire convier à manger et boire par des personnes à qui nous pouvons à peine parler.
En même temps à quoi bon, il suffit de sourire de nos allures si différentes et de se souvenir que ces doux moments sont suffisamment rares pour ne sentir aucune gène et tenter toutes les approches possibles : un mot que nous avons appris à prononcer correctement, une cigarette offerte, les jeux de regard avec les enfants...

Un grand moment aura été notre escapade vers une cérémonie Batak durant laquelle de nombreuses familles viennent rendre hommage aux défunts en offrant cochons et buffles qui seront sacrifiés juste sous vos yeux pour être cuisinés puis dégustés par tout ce rassemblement venu célébrer plusieurs jours durant.
Défilé des villageois en tenues traditionnelles devant la famille du défunt, hurlements de porcs qui le sang jaillissant de leur abdomen agonisant trop près de vous, ces petits salons de bois où tout le monde s'assied au sol pour boire le thé et manger quelques biscuits en gardant un œil sur la prochaine étape des funérailles, une route bondée car unique moyen d'accès et croyez moi même encaissés dans les rizières, plusieurs centaines de personnes se déplacent pour ces événements de la culture Batak.



Notre prochain vrai stop sera les Iles Togean mais en chemin, un voyage en minibus que nous n'oublierons peut être jamais pour ses rebondissements et son côté interminable.
Dépannage de notre véhicule embourbé sur le bord de la route juste devant un lieu où était célébré un enterrement musulman. C'est idiot car évidement, le respect de ces moments de recueillement prévaut mille fois sur le fait d'attendre une ou deux heures mais il faut se faire à ces situations particulières où sans que vous ne compreniez quoique ce soit : tout s'arrête comme par magie !!!
Tentena et Ampana n'auront pas été les merveilles de cette partie du voyage mais il nous faut effectuer une parfaite diagonale entre Makassar et Manado et la route est longue.

Les Iles Togean nous ont offert deux petits bungalows merveilleusement situés.
Une soirée mémorable : Dje après quelques Ti Punch préparés par mes soins a osé dire à Kiki qu'elle sentait la lessive, les Gnocchis de Sandra qui ont donné au menu une succulente touche italienne, un ponton magnifique se jetant de tout son long sur ce grand bleu qui ne nous aura pas quitté des yeux...
Le bonus fut de taille puisque j'ai replongé dix fois aux cotés d'Harold que je remercie pour m'avoir fait découvrir tant de belles choses. Cet oiseau-là n'aura fait qu'aggraver le virus sous marin déjà contracté aux Iles Perenthian.

Poisson crocodile, poisson pierre, nudibranches, hippocampes Pegmee, Mantisse, se faire doubler par deux rideaux de carangues, nager 20 mètres sous l'eau pendant plusieurs minutes sans ne rien voir d'autre que du bleu, remonter le long de deux parois rocheuses qui ne vous laissent qu'un mince passage où les coreaux prennent des formes dignes d'un jardin botanique ... Le plaisir de cette découverte des fonds marins ne fait que s'étaler et à chaque nouvelle descente sous l'eau, les sensations s'aiguisent et tranchent comme le regard de celui ou celle qu'on aime.



La suite du voyage nous emmène directement jusque Manado d'où nous sommes repartis aussi vite en direction de Tomohon et le volcan Lokon. Un magnifique volcan dont le lac situé au fond du cratère donne l'effet d'une pierre précieuse sur laquelle l'ombre des fumées de souffre avance comme de toutes petites vagues.
Course contre la montre vers 16h pour aller chercher le caméscope que j'avais tout simplement oublié à côté du rocher sur lequel je m'étais assis, mon étourderie a failli encore me couter de précieuses images !!! " Pourquoi pas goûter de la viande de chien me propose Jérome ?" - " Heureusement que c'était épicé " lui ai-je répondu après quelques petits morceaux…!!!

Direction Bathu Puti pour encore 3 journées de rêves. Nous avons vu les tarsiers, ces petites bestioles aux grands yeux, espèce endémique au Sulawesi qui ressemble étrangement à l'un de mes neveux d'origine calabraise. Une nuit passée sur un bateau de pêche où j'ai vraiment saisi, sans même avoir osé participer, à quel point ce métier était éprouvant.

Nos au revoir sur une plage de sable noir, assis au bord d'un feu capricieux pour une dernière partie de YAM avec tout ce qu'il fallait de bières fraiches, je suis ravi d'avoir fait un bout de chemin avec ces jeunes de www.lavielabas.com (site de DjeDje et Kiki). Même si DjeDje chipote lorsqu'il n'y a pas de porte manteau dans les chambres des guesthouse et que Kiki rechigne à se laver les cheveux avec de l'eau de pluie (désolé les amis, je vous avez promis...), ils sont deux beaux piverts armés de précieux conseils et avec qui tous les sujets se discutent.
Merci et bonne route les amis...



Finir en beauté est une idée qui ne me déplait pas alors je me rends seul vers les l'îles de Bunaken pour plonger à nouveau mais je ne recommencerai pas un nouveau paragraphe pour vous expliquer que c'était génial parce que c'était grandiose.

Le poisson Mandarin est d'une beauté et les nudibranches y sont par dizaines avec en prime des espèces que je n'avais pas encore vues. Un jour mon instructeur à pointé son doigt vers la surface, j'ai levé les yeux et c'est une tortue d'environ 1.50m qui me rasait la tête. Je revois souvent cette image irréelle capable d'émouvoir un cœur de pierre qui oserait une ballade à 30m de profondeur.
Le requin pointe noire sera passé à deux reprises quelques mètres sous nos pieds. Et avec deux plongées nocturnes, Buna Ken aura était un régal qui m'aide a signer ce récit d'un simple mot : ENCORE ...

Les dédicaces :

Sandrine et Franck : Les niçois rencontrés sur l'île de Pacques que j'attends impatiemment de revoir

Guitar : Cette encyclopédie de tous les genres musicaux m'a apprit qu'il allait être Papa. Félicitations amigo et même si tu mets du gel avant d'aller surfer, tu manques tout de même encore un peu de style, je peux t'aider si tu veux, j'ai des connections ...

Repie : Le marche de Poncelet, les ascenseurs d'Avoriaz, le bon foie gras de nos mamans un certain 25 décembre 2006 ... Que de souvenirs mon pote! Merci encore pour cette énorme participation que tu as offerte à notre projet. Ton message dans un certain carnet qui m'accompagne partout ma beaucoup ému.

Boris et Luiggi : Sans eux, le Portugal n'aurait pas été la même aventure. Tant de kilomètres parcourus, nos vies mélangées durant tout ce périple et des souvenirs d'une expérience appelée ERASMUS font que vous serez toujours en haut de la liste. Prenez soin de vous et où que vous soyez, y'aura toujours un pivert qui pensera à vous.

Woody Wod Pecker : Cet oiseau si symbolique, faudrait lui remettre la légion d'honneur !!!

Thierry et Fausto : Ils m'ont déjà reçu deux fois dans la belle ville de Quito et je pense très sérieusement à la 3ème opportunité de les revoir. Des amis qui vivent loin mais des amis avec qui je ne perdrai jamais le contact. Je pense très fort a vous deux, vous adresse toute mon affection et vous réserve l'intégralité des bonnes ondes qui m'entourent en ce moment.
 

Tranquille et détendu au D'Lagoon!!!

Les Iles Perenthian, voici un endroit qui au nord de la Malaysie m'aura ouvert les portes de la plongée sous marine ...



Rien de tel que Jibe, alias monsieur ERASMUS to Dublin plus connu sour le nom du "Trecker de Huaraz".
C'est donc mon plus fidèle associé de voyage, celui avec qui j'accumule les jours et les semaines d'aventure qui débarque depuis Pekin pour se frotter au défi de la flotabilité neutre.
Après une arrivée en fanfare à Kuala Lumpur (il s'agit de Jibe alors accueil au Reggae Bar, forcément), nous sommes dans le bâteau, venons de quitter Kuala Besut sur la péninsule, le soleil se lève et nous nous rendons vers ces îles oùu nous ne savons pas encore combien de temps nous resterons, plus certainement ...

La tente sur la plage privée d'une guest-house tellement isolée qu'il n'y a qu'elle, un panorama époustouflant du petit dejeuner jusqu'aux heures où nous nous coucherons, une cuisine excellente et des barbecues Seafood à n'en plus finir.
Le passage de Olive, Kiff, Pierre et Charlotte, le sentiment de ne plus apercevoir les difficultés qui se sont inscrites dans votre vie, l'impatience de la découverte :
Comment est-ce en dessous ?



Là où normalement, sans le commandant Coustaud, on ne pourrait pas rester plus qu'un moment dont la durée dépendra des performances de chacun à l'exercice de l'apnée, nous sommes restés de longs moments, des moments inoubliables. Nous avons commencé notre incursion dans le monde des " Divers ", ça fait plus style que plongeur, en s'inscrivant à l'Open Water, premier niveau du PADI et c'est avec Yves (il en a fallu de peu pour que je l'appelle Jean Yves toute la semaine) qu'on démarre la formation.

Première heure de cours, théorie et DVD, étant arrivés pas vraiment frais de la veille, ça nous va très bien.
On plonge vraiment pour la première fois dans l'après midi et en ce qui me concerne, mais je sais que je parle pour deux, ça a été tout de suite un déclic car il existe là-dessous ce mélange entre l'apréhension, l'aisance du mouvement, la surprise, le calme, le son des bulles et la profondeur ...

Nous sommes restés là-bas 11 jours, sommes descendus sous l'eau à 11 reprises et nous sommes regardés envion 11 millions de fois l'air persuadé qu'on allait se faire arrêter par la brigade du Kiff.
Plongée de nuit, plongée en dérive, plongée sur épave, band de poissons Perroquet à bosse, requins petits mais requins quand même, tortues, hippocampes, nudibranches.

Apprendre à se déplacer, garder son calme, se familiariser avec l'équipement, parler le language des mains, se rendre compte que tout va parfaitement bien après 30 minutes à 18 mètres de profondeur, rechercher dans le bleu immense ce qui vous emmerveillera le plus, accepter le fait qu'on vient de toucher un monde nouveau.



Nous sommes vite rentrés dans le jeu, les conversations se nourrissaient de ce que nous avions vu et ce que nous pouvions peut etre voir demain, mordus pour quelques jours ou peut-être pour toute une vie, ça aura été un grand moment de mon périple.
Le deuxième niveau nous tendait les bras, la permission d'aller jusque 40 mètres, l'accès à certaines épaves : Comment résister ??? Nous voilà reparti pour un tour.

Je me rappellerai toute ma vie l'électro choc que j'ai reçu lorsque nous sommes descendus sur ce qui étais je pense l'arrière d'une épave. Après quelques minutes sous l'eau, j'ai regardé sur ma droite et me suis rendu compte que je faisais face à un mur. J'ai voulu savoir de combien était haut ce mur et j'ai levé les yeux pour chercher là-bas, dans le coin en haut à droite de mon masque.
C'est la première fois que j'ai realisé les distances qui nous séparaient de la surface, le poid de tout ce qui se trouvait au dessus de nos têtes.

La chance nous aura suivi tout au long du séjour, car nous n'avons connu aucune mésaventure, sacrément gâté pour des débutants de voir autant de choses, un endroit pareil c'est un cadeau du ciel.
Mission accomplie aux Perenthian Islands, une forte dose d'adrénalyne nous aura été doucement administrée par les instances les plus hautes gradées de l'univers sous marin.
3 poissons auront été mes favoris : le yellowbox fish, le Pipe fish et le Scorpion fish. Il me parait évident à la relecture de ces quelques lignes que j'ai attrappé le virus.
Qu'est ce qu'on se sent bien lorsqu'un semblant de passion fait éruption dans votre vie ? A nous d'en faire quelque chose de passionant !!!

Un mot quand même sur " Ris " qui originaire de Lombock, Indonésie est un vrai spectacle ambulant car c'est d'un sourire inépuisable qu'il venait volontiers discuter, et boire un p'tit verre en cachette avec nous ou alors nous prévenait lorsqu'il ne fallait pas rater quelquechose.
Les bébés tortues qu'il élève lui-même avant de les relacher, plusieurs varans qu'il attrape par la queue pour les nourrir à sa façon mais surtout pour que vous puissiez parfaitement les voir, des petits rongeurs qu'il ballade sur son épaule, des singes avec qui il discute quelles sont les noix de cocos qu'il faudrait décrocher ... C'est quelqu'un dont je n'oublierai pas le visage qui transpire la volonté de communiquer, dont les yeux brûlent de bonne humeur, quelqu'un qui veut rire à en avaler la lune.



En se demandant sérieusement comment il serait possible de quitter une ambiance aussi propice aux rêves et à l'envie d'aller un poil plus loin, enfin plus profond. Il nous aura tout de même fallu être à court d'argent pour reprendre le bâteau direction Kuala Besut d'où mon partenaire de Carlsberg nous avait préparé un petit planning de chez maman.

Nous avons traversé toute la péninsule direction Georgetown où avec Alex, un nouveau compagnon Slovénien, nous avons visité un endroit magnifique.
Melange de jardins, temples et d'une tour situés en haut d'une colline où nous aurons eu le privilège d'un ensoleillement exceptionnel et donc d'un contexte idéal pour tirer quelques clichets.

Il y avait aussi cet anglais musicien dont le copain était reparti jusque Bangkok avec dans ses affaires le passeport et le billet d'avion de son pote. Il devait donc patienter quelques jours et nous a emmené dans ces restos indiens où manoeuvrant parfaitement le menu, il a commandé un festin servi sur des feuilles de bananiers dans lesquelles nous plongions notre main DROITE pour mélanger le " Un petit peu de tout " qui nous avait été délicatement préparé.

Le temps de faire faire le visa pour l'indonésie et nous voilà en route pour les " Cameron Highlands " qui sont en fait une multitude de plantations de thé où les panoramas sont splendides et les possibilites de ballades très nombreuses.



Nous en avons faites 2 suivant les balises qui n'induisent pas trop en erreur, dans une espèce de forêt très vallonée qui donnait une légère impression de jungle lorsque les sentiers se rétrécissaient ou qu'il fallait monter ou descendre très fort.

Nous voilà maintenant avec deux allemands qui passaient par là et qui ont prit le train en marche. Partir en tour du monde seul, c'est tout simplement la meilleure façon de ne jamais l'être.

Après quelques négociations avec un patron de bar à propos de copies de DVD concert genre BB King à Montreux (forcément j'ai craqué), nous sommes gentillement redescendus sur Kuala Lumpur. Un Burger King plus tard, l'interdiction de faire une sieste dans un jardin public et ce par une femme flic à cheval sur les principes, quelques heures dans Chinatown parce que Jibe aime offrir des mini shorts sexy à sa copine, c'est déjà les adieux.

Trop rapide mais tellement de bons souvenirs. C'était vraiment génial de retrouver Olive et Kiff de l'autre côté de la planète, je tiens encore à leur faire un gros bekot.

Prépares toi Francky, je ramène en images de quoi se faire inviter à l'édition 2008 du festival de Cannes !!!



La Malaysie ou un grand questionnement pour notre association : " Doit-on se limiter aux 6 milliards de piverts d'origine terrestre ou faut-il se lancer immédiatement à la recherche d'une espèce sous marine de cet oiseau imprévisible ?

Les dédicaces:

Nouk : alias Le Shark ou Pappy Chullo, encore un de la bande de Bayonne. Après Saragosse, Barcelone, Buenos Aires, Valparaiso, il ne nous reste plus qu'à monter un bar à sushis en haut du Machu Pichu et on aura fait le tour de toutes les singeries possibles et imaginables.
Je vous recommande le restaurant " Naka ", 40 rue de Ponthieu à Paris et remercie Nouk pour avoir fait le déplacement un certain 9 décembre ...

Noar : cet expert de la No Problem Attitude, spécialiste du bon conseil cinématographique, grand amateur de Quinito, un peu trop orienté à mon goût vers des matières comme le polystirène dont ma Clio BeBop, là ou elle est se souvient encore. Békot l'ami et fais pas trop de pers', concentres toi plutôt sur la mise en scène de films érotiques, tu pourras financer une nouvelle collection de slip kangourou.

Catherine : He soeurette, je me rappelle encore t'avoir offert quand j'étais très petit un feutre jaune pour ton anniversaire. C'est très bête mais je n'oublierai jamais ça. Alors tu l'as encore ??? Tu viens de fêter un nouvel anniversaire le mois dernier alors Feliz Cumpleanos y Cuidate Mucho.

Danielle Lepers : Désolé pour tous les autres mais c'est le commentaire de la maman de mon pote Damien qui m'aura le plus ému et le plus surpris.
En ce qui la concerne, c'est un éternel sourire dont je me rappelle mais j'ai aussi memoire de m'être pris un coup de torchon parce que je marchais en chaussettes.
Merci Danielle

Gérald Grignet : J'ai écrit ce texte et ces dedicaces il y a un moment déjà et entre temps, la famille Grignet est apparue dans la boite aux lettres des " 6 Milliards de Piverts".
Il est tout simplement une personne gentille, aussi intéressante qu'intéressée, drôle et disponible ce qui fait donc de ce crâne brillant un oiseau rare.
Ce monsieur " Y'a de la joie " est un ami dont je ne souhaite pas trop m'éloigner et que je devrais aller voir plus souvent.
La bise à tes deux bonhommes mon pote.

Sim Sima : Et oui, si tu veux que tes enceintes fassent du Houla Hoop sur un pied, c'est lui qu'il faut appeler. Toujours là, toujours présent, heureux après tant d'années d'être toujours en contact avec mister " He Mister Dj, Show me what U do ".
Prends soin de toi amigo et à bientôt pour encore et toujours du son à fond. On s'est raté de peu la dernière fois, je promets de faire mieux en 2008.
 

"Sabaai Dii ou Sua S'dei"

Revenu à Bangkok qui commence très sérieusement à m'ennuyer mais qui est sans aucun doute le meilleur centre de transit dans cette partie du monde, nous nous dirigeons vers les temples d'Angkor au Cambodge après un passage à la frontière sans encombre et un visa supplémentaire dans le passeport qui ne tiendra certainement pas jusque la fin du voyage.



Le Cambodge est un petit pays (la moitié de l'Italie) encastré entre la Thailande, le Laos et le Vietnam. 13 Millions d'habitants vivent au Cambodge et 40 % d'entre eux ont moins de 15 ans.
On y trouve le plus grand lac d'Asie du Sud Est : le Tonle Sap.

La monnaie est le Riel : environ 1 Euro pour 4100 Riel.

Même si le " Sugar palm tree " est l'arbre national, le Cambodge souffre d'un grave problème de déforestation. En 1960, 75 % du pays était recouvert de forêts tropicales et aujourd'hui, suite à un accroissement de la déforestation illégale, ce chiffre est tombé à 30 %.



Arrivés à Siem Reap, nous nous sentons à quelques pas du site d'Angkor que nous avons si souvent vu en images, cette fois-ci, ce sera pour de vrai !!!
3 jours sur place dans l'atmosphère mystique de ce site classé parmi les merveilles achevées de la main de l'homme et dont la construction s'est faite entre le 9 ème et le 13 ème siècle.

Angkor c'est la capitale de l'empire Khmer, c'est la fusion parfaite entre ambition créative et dévotion spirituelle et Angkor Wat, c'est aussi avec ses 800 mètres de long l'édifice religieux le plus grand du monde, c'est le coeur et l'âme du royaume du Cambodge et c'est également une réplique de l'univers spatial.



Il serait risqué, très risqué de tenter la comparaison entre Bagan au Myanmar et Angkor au Cambodge, les deux sont absolument magnifiques.
Je dirais simplement que Bagan, le petit frère, offre la possibilité de faire sa propre visite, de se déplacer à vélo sans difficultés, de ne pas affronter des dizaines de bus remplis de touristes venus du monde entier, de faire vos photos dans le calme et pour finir, les sites les plus fameux sont suffisament proches les uns des autres. Angkor c'est tout simplement bondé mais il offre une diversite de toutes les tailles, de tous les genres, de toutes les pierres.

Depuis le très isolé Phnom Krom dont le monastère culmine en haut d'une magnifique colline et dont les pierres luisent leurs centaines d'années pour vous offrir des vues imprenables sur la ville de Siem Reap jusque le Taprom découvert par des expolorateurs francais il y a plus de 100 ans, perdu dans une forêt ayant déjà englouti bon nombre des murailles de l'édifice et en passant par Bayon où quelques 216 visages sont taillés dans la pierre.



On peut aussi citer le Kbal Spean qui propose de magnifiques sculptures immergées, un mélange de couleurs plongé dans une lumiere qui transperce les feuillages ou encore le Banteay Srei qu'on surnomme le joyau d'Angkor car ces minuscules sculptures sur les portes et les murs de ce " petit " temple sont vraiment fantastiques.

Comment expliquer cette rencontre avec l'histoire de l'empire Khmer au travers de ces sites qui littéralement vous envahissent, vous rappellent à quel point vous êtes petits.
Il doit être (car je n'en ai pas encore pris le temps) très intéressant de se documenter d'avantage et de lire certains ouvrages relatifs à ce site unique en son genre. Des textes illustres de superbes photos permettant de se plonger dans les significations et autres symboliques de ces lieux magiques.



Nous nous sommes ensuite rendus à Phnom Penh, capitale du pays où la rencontre avec l'association PSE vous est rendue en détails au travers de l'action 5.

Nous sommes également allés visiter le S 21, tristement célèbre centre de torture durant le génocide qui a frappé le Cambodge durant les années 1970. Les locaux vous glacent le sang, il y a encore les photos de centaines de prisonniers qui ont vécu les pires atrocités dans les murs de cette ancienne école dont la signification aujourd'hui est immense pour des milliers de familles qui n'ont jamais su ou avaient disparu les leurs.

Pas grand chose à raconter sur cette ville ou nous sommes passés très rapidement puisque suite à des problèmes pour le visa du Laos, nous sommes repassés, pour mon plus grand plaisir par Bangkok, pour rejoindre Vientiane, capitale du Laos où nous devions rencontrés des gens à qui Domi devait remettre médicaments, photos ainsi que quelques billets. Rencontres intéressantes dans la ville de Paksane ...

Il y a 6 millions d'habitants au Laos et on y paie en Kip.



Le pays se situe principalement entre le Vietnam et la Thailande mais il est frontalier avec le Myanmar, la Chine et le Cambodge. Après le colonialisme Francais, une invasion Japonaise et presque 10 années de bombardement Americain non-stop, on peut estimer que le Laos a une histoire des plus marquantes.
Ce pays souffre également d'un grave problème de déforestation mais également de commerce avec les animaux de la forêt. Il y a 437 espèces d'oiseaux et 320 espèces de poissons au Laos.

Il nous restait alors 3 semaines dans le nord du Laos où nous souhaitions prendre notre temps, faire un peu de marche et se laisser aller sur les cours d'eau de ce si joli pays.

Nous sommes arrivés jusqu'à la frontière thailandaise après 2 jours de bâteau le long du très célèbre Mekong, des scènes inoubliables de ces pêcheurs vivant dans de petits villages qui vous donnent tous l'envie de rester quelques jours pour toucher du bout du doigt cette curieuse impression d'etre perdu au bout du monde.
Très large, d'une couleur terre, encastré entre des vallonements, d'un vert interminable, le Mekong où les courants obligent chaque embarcation à de très impressionantes manoeuvres ainsi qu'à une connaissance parfaite de toutes les astuces de ce fleuve imprévisible.

Une fois à Muang Sing, nous partons pour une marche de 3 jours vers les collines situées au nord de la ville.
Ce fut une pluie d'insectes dont il est, même encore après les avoir vu de nos yeux , difficile d'imaginer l'existence. je me rappelle notament d'une chenille jaunâtre toute gonflée dont le deplacement donnait une impression de gros chewing gum vivant ou encore cette araignée dont le corps était relativement petit mais qui présentait deux antennes courbées vers le haut de peut-être 3 centimètres chacune.

Nos deux nuits la-haut auront été toute une expérience, surtout la deuxième où après avoir joué des heures avec les enfants du village, nous leurs avons demandé d'organiser une chasse aux araignées dans la cabane où nous dormions car ni Domi ni moi n'étions très rassurés à l'idée de ces bestioles venant vous asticoter à n'importe quel moment de la nuit.
Ces gosses équipés de nos frontales auront chassé à mains nues pendant une bonne heure pour faciliter le sommeil de deux touristes un peu ceptique.



Nous avons également eu droit à un massage Lao après un des délicieux repas que notre jeune guide nous avait fait mijoter.
Bref, c'était exactement ce dont nous avions besoin pour rentrer dans l'ambiance du pays et je ne peux que me souvenir de toutes les légendes, croyances et autres superstitions que notre guide nous expliquait mais dont nous ne comprenions pas tout, quel bonheur d'écouter tout cela ...

Nous avons continué notre séjour en allant à Nong Kiaw, au bord de la rivière Nam où nous sommes restés 4 jours vivant de la façon la plus paisible qui soit, repoussant à chaque coup la date de retour sur Luang Prabang, passant nos nuits dans une cabane en bois a 3 dollars la nuit, cherchant le petit restaurant qui nous préparerait le meilleur milk shake sans oublier de passer des heures entières à discuter, écrire, penser, prendre le temps ...



Retour à Luang Prabang le long des eaux encore une fois, moins imposant que le Mekong mais tout aussi joli et quel contexte merveilleux que d'être transporté de la sorte.
Le programme était simple : bien manger, faire plaisir à nos familles avec autant de cadeaux que Domi pourrait en rapporter, la visite du palais royal et d'une superbe exposition photo sur le thème : The Flying Bhudda, déambuler dans la ville qui affiche de très jolis temples mais aussi une magnifique architecture coloniale faisant d'elle une ville appartenant au patrimoine mondiale de l'humanité.

La fin du séjour aura été trop rapide pour la sentir arriver. Notre dernier vrai STOP aura été Nong Kiaw, le reste ayant été cadencé par une suite d'imperatifs. 5 semaines c'est trop peu pour toutes ces merveilles mais loin de moi l'idée de se plaindre.
Nous avons eu la chance de vivre tout ca et c'est déjà beaucoup. Ces vacances auront été bien remplies et le passage au Cambodge et au Laos ne peut laisser qu'une envie d'y retourner pour une certaine " Plaine des Jarres ", quelques 4000 îles au Sud Laos ainsi que tout le reste du Cambodge qui c'est certain regorge d'endroits où le dépaysement, la rencontre et la découverte s'accordent parfaitement pour vous laisser une image indélébile.

Dédicaces:

Milouz et Pouchin : Made in " Gre " et non Grenoble, ces deux oiseaux-là m'ont fait l'immense joie de toujours être là lorsque j'organise quelque chose et si il y en a bien pour qui c'est pas la porte à côté, c'est bien eux. Ils en arrivent même à me prendre par surprise a Roubaix tout en vivant à l'autre bout de la france. Le nouvel an 2006 aura été un pur bonheur en leur compagnie et je suis très impatient de les retrouver pour un Quinito qui va bien !!!

Aurélien Hovelaque : Monsieur Quito qui aura beaucoup voyagé avant de s'impliquer plus que jamais auprès de tous ces gosses à qui il ne reste très souvent plus rien. Je tiens à lui adresser toutes mon admiration pour son engagement, sa détermination ainsi que tout ce qu'il aura concrêtisé pendant son séjour dans un pays qui m'est cher.

Nana et Jerem : Beaucoup de choses à dire, tellement à vivre. Une forte sincérité, un vrai contact humain. Envie de les voir, besoin de leur parler. Projets de vacances, idées de voyages. Cascades de souvenirs, chanter, danser et rire. Deux belles personnes enfin réunis à Buenos Aires, deux très chers amis dont je ne saurais jamais me passer. J'arrive ...

Philippe et Tania Brienne : Parce qu'ils seront a jamais deux incontournables dans le parcours que j'ai cherché à me construire et qu'en les écoutant mais aussi en les regardant faire, je suis devenu meilleur. J'avais déjà comme un intérêt particulier pour les relations humaines, j'ai saisi à leurs côtés quelles étaient parmi les clefs de l'épanouissement de chacun d'entre nous. Quel bonheur d'aller se noyer dans les bonnes humeurs de leur facon d'être.

Cedric Chevalier : le Che, comment ne pas etre frappé par ce mélange entre Mickael Jackson, Gad Elmaleh et Francois Hollande. 100 % naturel, des improvisations à couper le souffle, toujours partant pour la grande déconnade. On se souviendra longtemps de cette blague à propos d'un col de manteau en poil de cul de souris !!! Prends soin de toi mon pote et rendez vous à l'autre bout du monde.

Manuella et Tony : Un petit bonhomme va bientôt venir couronner une vie déjà remplie de bonheur, ça peut se lire très facilement sur leur visage. Je voudrais leur souhaiter que le meilleur évidement et j'en profite également pour leur adresser toutes les bonnes ondes qui m'entourent depuis le début de ce voyage. Faire un enfant, y'a rien de plus beau et celui-là, quand je regarde le père et la mère, je me dis que ce sera un vrai champion, tout sourire, plein d'énergie et bon vivant comme ses parents.
 

KINABALU: rien que le nom de cette montagne!!!



C'est le 25 juin que Domi est arrivée à l'aéroport de Bangkok pour 5 semaines de vacances durement négociées, direction le plein milieu de la péninsule sud-est asiatique...


Elle est la première personne qui me rejoint durant ce long voyage et je ne peux cacher qu'il est très important pour moi de pouvoir partager avec des personnes connues. C'est comme un léger retour vers l'entourage que l'on connait si bien et qui vous manque souvent. Avoir ce privilège tout en restant à l'autre bout du monde, c'est quelque chose qui m'aura fait beaucoup de bien.



Déjà d'accord sur l'itinéraire du voyage, j'ai pris l'initiative d'acheter deux billets d'avion pour la partie malaysienne de Bornéo et plus précisement le mont Kinabalu et ses 4 096 mètres.
Pas très accueillant, une brutale ascension de nuit où les températures baissent sévèrement mais je sais aussi qui j'ai en face de moi alors je ne doute que très peu de son intérêt pour ces paysages vus de là-haut et ces aventures hors du commun. Nous voilà donc à nouveau dans l'avion après un bon massage à Bangkok, l'incontournable et délicieuse soupe de cet homme qui cuisine à l'arrière de sa camionnette et un nouvel objectif dans la sacoche photo. Nous nous rendons immédiatement au pied de la montagne et découvrons que quelques réservations et autres bookings auraient pu nous être utiles.

Menacés par la possibilité de ne pouvoir entamer l'ascension, c'est aux côtés de Chris et Monica que nous avons livré bataille avec l'organisation dépourvue de toute souplesse et relativement onéreuse de cette aventure qui aura bien failli ne pas être.
Après avoir croisé au petit matin en marchant au bord de la route et totalement par hazard Jérôme et Christine, deux amis francais qui sillonent l'Asie du Sud Est depuis Octobre 2006 (je n'explique toujours pas cette rencontre d'une probabilite épaisse comme un cheveu de nourisson et ce à des milliers de kilomètres de nos apéros dinatoires en centre ville de Lille), c'est un guide local qui face à mon désarroi a pris l'initiative de toutes les recherches nécessaires à ce que nous prenions la marche 2 heures plus tard. Domi qui dormait encore n'aura eu que quelques minutes pour emmerger et préparer son sac.

Il ne s'agit en rien d'une ascension douce et orchestrée par des chemins dessinant de jolis lacets jusque la pointe du massif qui constituée entièrement de rochers offre toutes les variantes possibles vers un sommet parfaitement accessible. C'est au contraire un mur qui ne parle qu'un seul et unique language : l'agression physique à répétition.



Ses marches peuvent mesurer entre 30 et 70 centimètres, les très rares passages un peu moins abruptes ne font que vous inviter immédiatement à une prochaine série d'enjambes que les batons de randonnée soulagent a peine. C'est dommage car cet endroit mérite plusieurs jours de marche pour une ascension vous laissant le temps de savourer les hauteurs de cette ile mythique qu'est Bornéo.

Le programme est le suivant : Jour 1 - départ 11h à 1 800 m, arrivée 16h a 3 300 m / Jour 2 - départ 3h, arrivée 6h à 4 096 m puis redescente jusque 3 300 m pour 2h de récup et descente finale jusque 1 800 m avec arrivée aux alentours de 17h.

Il est donc question de gravir environ 2 300 mètres de dénivelé en quelques 20h mais en fait 8h si vous raisonnez en temps réel de marche et ce sans parler de la descente. Selon moi, c'est stupidement planifié mais le rendement touristique attendu par les autorités malaysiennes est telle qu'il faut écourter au maximum le temps passé sur ce site trop fréquenté. Ne nous attardons pas sur les côtés décevants lorsque nous avons la chance de traverser cette mi-jungle mi-montagne à la poursuite d'une première expérience à plus de 4 000 m d'altitude, c'est ce que le comportement de Domi durant ces deux jours m'aura apprit.



Ecureuils qui viennent jusque dans notre main pour un morceau de chocolat, fleurs au visage non encore identifiées par les touristes "Landa" que nous sommes. Les insectes osant approcher de trop près ces fleurs ayant la corpulence d'un avocat et la couleur des feuilles tombant à l'Automne seront retenus par une texture gluante qui les emportera jusqu'au creux de cette merveille de la flore locale.
Des vues imprenables qui m'aident à conforter l'opinion suivante : C'est toujours un délice et un tout autre regard que de pouvoir observer un paysage en ayant l'impression de s'être aligné à son niveau ou pourquoi pas de le surplomber. Jamais l'homme ne pourra se mesurer à la beauté de la nature qui lui rendra toujours au centuple la monnaie de ses efforts mais il peut la plupart du temps s'offrir le luxe d'aller à sa rencontre depuis le point de vue qui l'aura ensorcelé.

Quelques heures de sommeil et nous enfilons tout ce que nous avons pour combattre le froid. Domi doit s'arrêter en chemin pour enfiler sa genouillère mais elle avance devant moi sans jamais ralentir. Nous arrivons au sommet ou il faut patienter pour une possible éclaircie mais notre attente ne sera pas récompensée et le froid commence sérieusement à se glisser sous nos vêtements. Il faut redescendre un peu trop vite à mon goût mais les lumières viennent et c'est dans un contexte lunaire que nous observons tout ce que nous avons gravi. On ne voit plus le sommet qui ne se decouvrira pas aujourd'hui mais nous avons cette sensation d'altitude que chacun traduit à sa facon et dont l'interprétation ne regardera jamais qu'un seul couple : La montagne et vous.

Je pourrais rester des heures mais la descente sera longue, je voudrais installer ma tente mais c'est interdit, je voudrais avoir vu le monde depuis le sommet alors j'y reviendrai ...



L'épreuve des jambes qui s'écrasent au sol, les chevilles, genoux mais aussi toute la colonne vertébrale qui ne cessent d'absorber les chocs de chaque marche qu'il faut maintenant descendre une à une, la fatigue qui nous poussent à vouloir en finir avec cette trop courte injection de sensations fortes. Je suis heureux pour Domi parce qu'elle aura vaincu sans jamais se plaindre. Elle aura vu et vécu la montagne à l'autre bout du monde, peut-être même qu'elle aura été captivée par cette infinie découverte qu'est la randonnée et ce à toutes les altitudes. En ce cas, elle n'a plus qu'à choisir le prochain sommet qu'elle souhaite atteindre ou le prochain endroit où elle voudrait assouvir ses envies de treckingsm ...
 

La Birmanie ou le " Myanmar" devrais-je dire ???



Arrivé à Hong Kong le 21 mai dernier, je crois avoir rapidement compris que je n'étais plus sur le même continent. Après 4 mois d'Afrique, le moins que l'on puisse dire, c'est que le physique des gens que je croiserai dorénavant a totalement changé. C'est peut être bizarre mais tout au début, ça fait un sacré choc de ne plus être au contact de toutes ces populations africaines. Un deuxième vol dans la foulée pour rejoindre Bangkok et me voilà dans une ville que je qualifierai de complètement dingue. Je pourrai en raconter beaucoup à propos de Bangkok mais je me limiterai à dire que mon activité favorite fut de manger sur les trottoirs car la variété et la finesse de la cuisine de rue à Bangkok est indiscutable alors quand en plus, le verre de Chivas 12 ans d'âge est à 1.50 euros, je dirais simplement qu'il faut y aller au moins une fois dans sa vie !!!

Déjà en direction de l'ambassade du Myanmar pour le visa, les conseils de Jérôme et Christine qui voyagent en Asie depuis Octobre 2006 me sont très utiles pour aborder ce pays on ne peut moins surprenant. Encore un avion jusque Yangon (anciennement Rangoon) et c'est parti pour un pays qui je ne sais pas pourquoi me donne une impression de Zimbabwe sud est asiatique.



52 Millions d'habitants, situés entre l'Inde, la Chine et la Thaïlande, de la taille de la France, la plus riche biodiversité en Asie du Sud Est, le Myanmar s'étale sur 2000 Km du Nord au Sud. Les hommes portent le "Longyi", une sorte de tissu dans lequel on s'enroule au niveau de la taille, les femmes et les enfants se maquillent avec le "Thanaka", tout le monde mâchouille une préparation à base de Betel qui donne aux dents une "jolie et indelebille" couleur rougeâtre et vous entendez les gens cracher à longueur de temps ce qui est peut être la seule chose que l'on peut reprocher aux habitants du Myanmar. La population est à 87 % Boudhiste et il existe non moins de 130 ethnies dans ce pays ou tout, absolument tout est sous le contrôle d'un pouvoir qui malheureusement ne flanche pas.

Le pays est dirigé depuis trop longtemps par une junte militaire qui a cloisonné chez elle pour la 3eme fois en 2003 Aung San Sun Kyi, la fille de Bogyoke Aung San qui en 1947 fut assassinée alors que son parti qui prônait la démocratie venait tout juste de remporter les élections. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1991 et continue de refuser la proposition des détenteurs du pouvoir : la liberté contre l'exil.



Colonialisme britannique jusque la seconde guerre mondiale, forte immigration indienne, occupation japonaise, coup d'état organisé par le général Ne Win en 1962, soulèvement du peuple en 1987 puis loi martiale en 1989. Une opposition qui même avec 85 % des votes n'est pas autorisé à siéger au parlement, les sanctions commerciales des pays de l'Ouest, boycott du tourisme international, le sujet épineux de l'opium est toujours d'actualité. Aujourd'hui, les universités ferment à Yangon suite aux manifestations des étudiants, il est formellement interdit aux locaux de parler de politique avec les étrangers, des régions entières sont littéralement fermées, les banques étrangères ont été chassées du pays ... Que dire de plus ???

La situation est très délicate. Les uns disent que seule l'armée peut diriger un pays où éclatent régulièrement les rebellions menées par des groupes ethniques vivant de façon très reculée et les autres espèrent un changement venant du pays lui même. La junte militaire donne les signes d'une volonté de pratiques plus acceptables, plus démocratiques mais ou sont elles ?



Arrivé à Yangon, encore une autre capitale alors départ le lendemain pour Mandalay, la ville de transit par excellence ou tout est carré mais en même temps, la désorganisation y est totale donc départ pour Hsipaw, tout au nord (de la zone où les touristes peuvent circuler). Une vraie sensation de tranquillité, très peu d'étrangers, la Guesthouse de Mr Charles et son balcon d'où je peux regarder les enfants qui démarrent l'école très tôt le matin, tellement tôt que je me lève chaque matin lorsque la leçon commence. Une chute d'eau perchée dans les montagnes avec une vue imprenable sur la vallée qu'il vous faut traverser avant d'atteindre ce petit coin de paradis. Mon anniversaire que je célèbre avec quelques touristes mais surtout Sylvio, un brésilien avec qui nous irons en titubant chercher de quoi manger à la lueur de sa torche puisque après 23h, plus d'électricité à Hsipaw.



Une marche de 2 jours avec Djo Djo, un guide qui avec ses 64 ans ne manque pas d'humour, aime particulièrement le vin de riz, m'emmène dans les villages perchés en haut des collines, me propose de goûter les spécialités locales et en plus de tout cela devine parfaitement les moments où je souhaite rester là, observant un paysage ou un arbre pouvant paraître totalement banal. Ces moments où on ne souhaite pas entamer une conversation, il me laisse les savourer pleinement car il sait lui aussi que c'est cela, la vraie richesse d'une ballade de 48h au milieu de cette merveilleuse nature. La Birmanie est très vallonnée, offre des chemins vers une quantité folle de village où les ethnies conservent précieusement mode de vie et traditions. Ce pays respire d'hospitalité une fois que vous êtes parvenus hors des grandes agglomérations entres lesquelles 90 % des touristes se déplacent lorsqu'ils se rendent au Myanmar.



Il existe dans ces lieux mystiques une authenticité avec laquelle il est difficile de communiquer car il vous faut maîtriser les dialectes régionaux mais à travers laquelle on peut imaginer les origines, les finesses et la culture du peuple birman. Encore une fois et je l'espère pour une vie entière, c'est au milieu de ces montagnes que j'apprend, que je continue de rêver et que je me met à écrire. Ces 2 jours avec Djo Djo ont été splendides alors je file vers Kyauk Me pour un autre treck. Le guide s'appelle Thuran, il a 25 ans et me propose de partir à moto, ce qui ne m'enchanté pas vraiment au début mais quand je vois la quantité de village où nous nous sommes rendus, il nous aurait fallu 6 jours minimum pour faire tout cela à pied. Des paysages magnifiques, sensation très forte d'être le seul étranger, immersion totale dans un monde où une collection de verts illuminés dominent un panel de couleur que l'on peut observer des heures durant tels des papillons flottant au dessus d'un cours d'eau. Nous visitons des fabriques de papier à base de bambou, plantations de thé et ateliers où on frappe très longtemps avec un marteau très lourd pour obtenir à partir d'un métal des feuilles d'une finesse que l'on imagine pas. Les pagodes et autres temples toujours situés au point le plus élevé du village ont tous des caractéristiques particulières et les bouddhas qui y sont installés vous laissent parfois perplexe tellement leur regard semble réel.



Thuran me fait l'honneur de m'emmener à son ancienne école. Quel silence lorsque j'entre dans cette classe qui est en faite le salon d'un professeur proposant du soutien scolaire à des enfants qui n'ont pas la chance d'entrer dans les écoles gouvernementales. A ceux là, il ne reste que l'improvisation de certains professeurs retraités qui organisent seuls des écoles privées qui sont en fait totalement gratuites. L'un des enfants me demande quelle est ma religion ? Je réponds que je n'en ai aucune. Il me demande alors en quoi je crois vraiment ? Je me suis senti bête car ce gamin m'a complètement troublé et j'ai vite senti que je tournais autour du pot. La nuit porte conseil !!! Le lendemain, nous sommes allés avec Thuran acheter du matériel scolaire pour ces 40 enfants qui souhaitent profondément s'instruire mais manquent de moyen et si il y a bien une chose en laquelle je crois vraiment, c'est l'éducation. A mon départ en train de Kyauk Me direction Piy U Lwin, 3 de ces enfants avaient demandé la permission à leur professeur pour venir me saluer et prendre une photo : ma récompense est là et malheureusement, il sera impossible pour "6 Milliards de Piverts" de continuer à soutenir ces enfants, les moyens de communication au Myanmar étant beaucoup trop limites.



Me voilà dans le train entre 2 nones et une soeur qui s'occuperont de moi durant tout le voyage comme si j'étais le petit garçon qu'elles avaient vu si souvent traverser le village où elles vivent depuis toujours. La pluie s'abat sur le village pendant 2 jours et je ne peux rien voir alors retour sur mandalay pour partir le lendemain vers les temples de Bagan.

Comment des sites aussi incroyables ont ils vu le jour ? Qu'est ce qui a pousse l'homme à réaliser de telles splendeurs à la force de ses mains ? Comment est ce possible que Bagan recense environ 4000 temples construits tous avant le 13ème siècle ? Je crois que je suis incapable de décrire tant de merveilles : la magie de Bagan, la chaleur de ses pierres, la force de ces édifices qui impose à l'être humain un silence sans pareil, les bords de la rivière Ayeyarwady avec ses immenses étendues vertes luisantes, typiques du visage du Myanmar, toutes parsemées de milliers de ces temples où l'histoire se prolonge ...



Ma dernière destination au Myanmar sera Kalau où je me rends chez Thun Thun qui selon Dje et Chris est la référence du coin mais malheureusement, d'autres voyageurs prévoient déjà de partir en sa compagnie en direction du Lac Inle que je ne verrai pas cette année. Je rencontre donc un autre guide qui comme par enchantement s'appelle JP. Il a 69 ans, est bossu, d'origine indienne, un sourire qui fait le tour de sa tête et en avant pour l'aventure. Premier jour sous la pluie, ça démarre fort mais une fin de journée magnifique le long des rails de chemin de fer. Des images superbes de tous ces gens qui avancent à des rythmes différentiels, quittant les routes ont des endroits où on ne voit pas bien quel chemin pourrait les ramener chez eux. Impression d'aller et venu depuis des morceaux de villages enveloppes dans une foret qu'il faut apprivoiser car elle vous nourrit, vous abrite et vous protège. Le deuxième jour sera certainement l'un des plus beaux spectacles qu'il m'aura été donne de voir au Myanmar. J'avais été émerveillé par les rizières de Ubud sur l'île de Bali en Indonésie mais là, c'est quand même autre chose. Nous longeons de petits chemins, achetons des fruits aux paysans de la région. JP enseigne à JP comment fonctionnent les plantations de riz, quelles techniques permettent de récolter ce grain blanc que tout le monde cultive. Nous goûtons les spécialités de la région, je passe un temps incalculable à regarder autour de moi pour penser ma prochaine photo.



Tout est d'une beauté sans nom qui j'espère reviendra fidèlement à ma mémoire tout comme à l'instant où j'essaye de vous la décrire ...

Les dédicaces:

Jean Arnaud Opigez : Mon unique frère mais bien plus que cela car c'est souvent qu'il m'aura fallu prendre exemple sur quelqu'un pour avancer sur son propre chemin et je ne ferai pas d'erreur en disant qu'il est celui que j'ai depuis longtemps mis sur un piedestal. Nous vivons tous les deux comme un nouveau départ et je serai toujours là pour celui dont la légereté et l'humour dessine un personnage unique en son genre.

Roman Gulczynski : Mon filleul fait parti de mes 7 merveilles du monde. Ce petit blondinet à son caractère et c'est ce qui fait de lui un bon gars. Il me fait tellement rire. Ne serait ce que sa tête de Victor Pivert, j'en ai le sourire aux lèvres. Je garde précieusement le bracelet qu'il m'a mit autour du poignet le jour mon départ, je ferai tout pour rester à jamais un tonton Pivert.

Alexandre Capraro : Toujours là depuis le debut des années universitaires, quelqu'un d'incontournable avec qui les discussions sont faciles et auprès de qui on se gorge de bonne humeur. Sa mère prépare les meilleurs choux de bruxelles du monde et il peut vous enseigner l'encyclopédie de la Pasta Italianna en quelques semaines. Forza Amigo et bientot l'Artubi ...

Aymeric Pestel : Ou plutot " Aymericsm, j'ai fait une tarte. Viens moucher ton nez et ne court pas dans l'escalier ..." Ha ce rico, le seul être humain qui se lave dans les ruisseaux de Roumanie en plein milieu des Carpates avec une eau à - 40 degrés !!! Monsieur pas de problème, il suffit juste de discuter un coup et on va régler tout ça. Disponible et attentioné comme peu de gens. Prêt pour toutes les aventures surtout quand maman a pensé aux Choco BN pour le goûter ...

Rachil El Arras : C'est au travers de Monsieur Huilda (parce que Huile d'A Rachid) que ce projet de voyage est né. Nous avions eu cette conversation au cours de laquelle nous projettions déjà de faire tout cela ensemble mais les plans ont changé. J'aurais bien voulu vivre tout cela avec lui et je pense souvent à ce monsieur "la joie de vivre" qui sait que tout se merite et qui donne systématiquement le meilleur de lui même.

Gary Cooper : Alors là c'est quand même le seul mec au monde capable de débarquer le 9 decembre 2006 depuis la Guiné Equatoriale après s'être débrouillé que les dates collent avec son retour en France. Je dis bravo mister Cooper et rdv en 2008 pour la troisième version de la Pivert Party. Une bonne partie des plus grosses rigolades en tant qu'étudiant à Bayonne auront été avec toi amigo, vivement les fêtes de Bayonne 2008 !!!

 

Mama Africa


Pourquoi avoir choisi l'Afrique pour démarrer ce tour du monde ? Certainement parce que c'est le continent de l'hémisphère sud qui exige le plus d'efforts en terme d'adaptation mais aussi parce que c'est celui que je connais le moins.

Est ce que j'ai trouvé ce que je cherchais durant ces 4 mois ? Je suis revenu à mon activité favorite à savoir VOYAGER et je pense que j'avais à nouveau besoin d'être mis à l'épreuve. J'ai l'impression d'avoir pleinement profité mais je regrette un peu le manque de temps pour ce que j'appellerai " les rencontres du 3eme type " perdu dans un village, loin de toute agitation. Pour cela, il faut ne partir que dans cet objectif, prendre le temps de trouver les transports adéquats qui sont le plus souvent inexistants et n'avoir aucun programme à trop forte connotation touristique.

Est ce que j'ai grandi en traversant l'Afrique de Nairobi à Johannesbourg et qu'est ce que j'y ai appris ? Je mesure au moins 1.70m pour tous ceux qui affirment le contraire mais je crois surtout que j'ai approché un autre univers où les coutumes, traditions et croyances sont le plus souvent très respectées, une partie de notre monde que l'on ne connaît pas bien et que l'on qualifie trop facilement comme dangereuse pour ne plus avoir à chercher de vraies raisons d'y mettre les pieds. L'Afrique tout entière est avant tout un contact permanent avec l'être humain et ce dernier peut partout dans le monde nourrir de bonnes comme de mauvaises intentions. Je ne crois pas que l'Afrique soit plus dangereuse que le reste du monde mais ce dont je suis sure, c'est qu'elle souffre plus qu'aucune autre partie de la planète. J'ai appris que tout était possible ici mais il me semble que souvent, ce sont deux extrêmes qui s'affrontent sans laisser aucune place entre eux : la mort et la vie, les sourires et les pleurs, l'amour et la haine, la solidarité et l'égoïsme, la pauvreté et la richesse, l'ouverture d'esprit et le besoin d'isolement, la volonté de communiquer et la peur de l'autre, le respect et le racisme ...

Est ce que notre projet associatif a atteint ses objectifs ? Honnêtement, j'ai beaucoup parlé avant de partir et je me suis laissé aller à lancer des idées à tout va mais la vérité est que je ne savais absolument pas comment j'allais m'y prendre. J'ai commencé à y voir un peu plus clair au bout de quelques semaines et les choses se sont enchaînées. Entre heureuses rencontres, articles de journaux et actions réalisées, je sais aujourd'hui parfaitement jusque où je veux mener ce projet et ce dès mon retour en 2008. Nous avons nos 3 actions et la 4ème arrive à grands pas. Il faut savoir démarrer petit pour nourrir de grandes perspectives et quoiqu'il arrive, le plus important reste ce qui va se passer lorsque mon aventure touchera à sa fin. J'ai énormément rêvé de ce voyage aussi bien pour le côté découverte que associatif et comme le dit si bien l'une des personnes que je respecte le plus en ce monde : " Si tu peux le rêver, tu peux le faire ..." Merci mon pote !!!

Comme je l'ai écrit il y a peu au dos d'une lettre : " l'Afrique peut tout te prendre et tout te donner, cela dépend certainement des raisons pour lesquelles tu décides d'y aller ". A moi, elle m'a tout donné : ses paysages plus saisissants les uns que les autres, une vie animale très riche qu'il faut protéger et prendre très au sérieux, la peur de ne pas atteindre son plus haut sommet et un souvenir d'épuisement qui me fait encore mal aux jambes, sa musique qui ne peut être comparée à aucune autre, son humanité qui le plus souvent fait abstraction de la couleur de votre peau, sa culture et ses valeurs que certains d'entre nous devraient regarder d'un peu plus près, sa misère que l'on a du mal à concevoir même si elle est sous vos yeux chaque nouveau matin, son sourire parce qu'elle a choisi de ne pas penser qu'à ses problèmes, ses abus parce que vous êtes étranger et que vous très par conséquent richissime, son histoire qu'il faut étudier pour mieux comprendre ce continent où les guerres éclatent comme on déclenche une grève en France, ses couleurs qui n'en finissent jamais de s'atténuer puis de s'accentuer ...

Des neiges du Kilimandjaro aux éléphants du Botswana en passant par les ruines du Great Zimbabwe, les intempéries du Mulanje, les sources thermales de Kapisha, le grondement des chutes Victoria, les flottements du Mokoro sur l'Okavango, les inondations au South Luangwa et les barbecues Sea Food de Zanzibar, il ne m'est rien arrivé de grave en Afrique alors je conseille à chacun d'y aller, de découvrir cet univers sans aucune comparaison avec le reste du monde. Il faut savoir certaines choses et ne pas commettre les erreurs du touriste Landa. J'espère de tout mon coeur que vous aurez le même spectacle que moi et que vous saurez l'apprécier à sa juste valeur, celle d'une collection de peuples dont l'histoire, la sagesse et la connaissance ne peuvent qu'enrichir les générations avenirs.

L'Afrique où le vrai lieu de naissance des " 6 Milliards de Piverts " !!!

PS : Y'a quand même des écureuils qui ont fait un beau trou dans ma tente pour ce faire un festin avec mes pommes. Ca m'était déjà arrivé au Pérou avec des souris et maintenant ce sont les écureuils du Botswana, je vous tiendrai au courant des prochains mammifères qui viennent plomber mon budget équipement camping ...

Je souhaite ne faire qu'une seule dédicace pour cette conclusion sur ce continent qui m'aura émerveillé, impressionné mais c'est surtout un continent qui m'aura accueilli. Je m'adresse donc à Monsieur Viet et sa tendre épouse Houda. Je ne les vois pas assez souvent car ces deux oiseaux se sont installés à Paris et on ne peut pas dire que je sois resté beaucoup en France ces dernières années mais c'est à chaque fois un bonheur de les avoir et de partager avec eux. Les yeux et le coeur ouvert sur le monde, de profondes qualités humaines et un grand sens du respect de l'autre. Je les embrasse mille fois et les remercie pour leur soutien à notre projet. Comptez sur moi, je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de vos espérances. Regardez votre boîte aux lettres et à très bientôt.

" Que la luz les siga siempre hasta el paraiso que ustedes merecen " - Votre ami Pivert
 

Le Botswana où les animaux sont rois


Le Chobe, soit j'ai été chanceux, soit c'est l'un des meilleurs endroits pour observer les animaux sauvages. On part vers 6h du mat, quelques touristes dans une Jeep et après 10 minutes dans le parc, ce sont 2 hippos plantés dans le sable que nous avons pu voir à la lumière du jour ce qui n'est pas chose facile, cet animal est vraiment à part. Puis par radio, notre guide apprend qu'un autre véhicule a localisé plusieurs lions. Il faut y aller très vite si nous voulons avoir une chance de les voir. L'excitation monte très vite et j'aurai enfin eu la chance de voir ces félins dans un milieu leur appartenant pleinement, je pense ne plus jamais aller dans un zoo. Pas de males mais 2 lionnes et leurs 5 petits, c'était suffisant pour laisser des souvenirs mémorables. Totalement absorbé par ce groupe de fauves, tous sur le même arbre, les petits jouant à monter puis descendre, se poursuivant dans tous les sens pendant que les deux mamans, restées en hauteur gardaient un oeil affûté sur les alentours. Ils étaient là absolument pas inquiets et nous aussi, complètement captivés et silencieux, je n'oublierai jamais et espère que les photos seront de qualité. On a ensuite croisé un troupeau de peut être 70 ou 80 têtes, des buffalos qui vous laissent perplexe de part leur façon de fixer une seule et même direction en donnant clairement l'impression qu'un affolement général peut survenir à tout moment.



Après avoir récupèré de toutes ces émotions, j'ai décidé de participer le même jour à un tour en bateau sur la rivière Chobe et encore une fois, des animaux que je n'avais pas eu l'occasion d'observer de si près. Les splendides aigles " African King Fisher " perchés sur les branches des arbres morts, des éléphants venus satisfaire leur soif au bord de la rivière, d'autres barbotant dans l'eau, males dominants, femelles et aussi les petits qui ne sont pas si petits que cela en définitive. Kudus, babouins, crocodiles et de nombreuses espèces d'oiseaux ... Tout cela en une seule journée, le Chobe restera sans aucun doute l'un des principaux coups de coeur de ce tour du monde.

Puis direction la Namibie pour 48h et un nouveau tampon dans le passeport afin d'emprunter le " Caprivi Strip " permettant d'entrer au Delta d'Okavango par le nord. Mais c'est incroyable, sur la route menant à la frontière, le minibus doit s'arrêter à deux reprises pour laisser passer entre 15 à 20 éléphants. Moi qui croyait il y a encore 2 mois au Malawi que j'étais pleinement satisfait d'en avoir aperçu deux a plus de 300 mètres et bien là, il faut stopper le véhicule pour qu'ils traversent une route bétonnée en direction de la rivière. C'est à ne pas en croire ses yeux, ça surgit de tous les côtés et je commence vraiment à halluciner. Passage en Namibie réussi et de nouveau au Botswana pour me rendre à l'un des lieux de prédilections de Nicolas Hulot : l'Okavango ...



Il faut d'abord parvenir au village de Seronga, ce qui n'est pas toujours gagné mais je commence à pouvoir patienter 4h avant de bouillonner. J'arrive à destination après un voyage de 2h30 et certainement la position la plus inconfortable qu'il m'aura été donné de connaître. Je rencontre immédiatement Murielle et Bertrand, deux touristes français en vacances entre la Namibie et le Botswana et quelques bières plus tard, me voile parti avec eux le lendemain matin pour un " Mokoro Trip " de 3 jours. J'adore ce genre d'improvisation et en plus, les quelques douceurs qu'ils transportent avec eux genre - terrine de lapin - me rappellent notre douce France.

Le Mokoro est une embarcation de quelques mètres de long, pas plus de 60 ou 70cm de large et taillée dans une même pièce de bois mais en vue d'un programme de conversation de la flore, les nôtres sont en fibre de carbonne. Les " Polers " se placent à l'arrière et utilisent leur long bâton logiquement appellé " Pole " pour diriger et faire avancer le Mokoro et croyez moi, lorsqu'il faut frayer son propre chemin dans les hautes herbes, c'est épuisant. Ils utilisent également le poids de leur corps pour compenser le courant et suivre une direction parfaitement étudiée. Vous flottez à quelques centimètres au dessus du niveau de l'eau entre les nénuphars et les célèbres " Lili Flower " que l'on voit sur toutes les photos du Delta. Elles s'ouvrent et se referment avec la lumière du jour, sont d'un blanc digne d'une neige fraîchement tombée et sont des millions à éclater de leurs longs pétales partout sur l'Okavango.



Premier jour, nous arrivons sur le lieu de notre camp et peu de temps après la première marche de reconnaissance de nos guides, nous repartons en Mokoro car ils ont repèrés des éléphants non loin de là. Ce sont 15 males dominants qui se baignent, s'affrontent pour certains, et sortent de l'eau l'un après l'autre, nous observent mais ne semblent pas vouloir se montrer agressif. Il ne faut jamais être au dessus d'eux dans le sens du vent car ces animaux peuvent vous sentir à plus d'un kilomètre et sont totalement imprévisibles. C'est donc votre position géographique qui détermine la possibilité de les observer longtemps sans le moindre danger. C'est encore autre chose de les voir depuis ces très légères embarcations si on se rapporte à ces géants qui peuvent mesurer 4m de haut et peser plus de 6 tonnes. Normalement, c'est la saison sèche et nous ne sommes pas supposés voir beaucoup d'animaux mais je crois que la chance est de notre côté. Nous revenons au camp après en avoir pleinement profité et vers 15h, nous repartons pour tenter de localiser des hippos mais nous aurons été moins chanceux sur ce coup là. Nous ne les avons aperçus que de très loin mais leurs cris suffisent amplement pour que nous ne soyons pas totalement tranquille. Nos guides, Jibi et Ibi se frayent le plus souvent leur propre chemin au travers d'une végétation très dense de laquelle pourrait surgir n'importe quoi n'importe quand. Nous avons tout de même 7 beaux poissons pris dans le filet installé par Jibi et qu'il faut récupérer avant le coucher du soleil car les crocodiles reprennent la chasse et pourraient endommager le précieux filet. Un bon repas au coin du feu qui ne s'éteindra pas durant les 3 jours, nous apprenons beaucoup sur le milieu naturel dans lequel nous évoluons. Ils savent une quantité impressionnante de choses et ce, dans les moindres détails, ce qui est profondément rassurant lorsque vous entendez les hurlements stridents des yennes, elles ont beau être loin de notre camp, ce n'en est pas moins effrayant.



La marche du lendemain se passe bien, on voit au loin 2 girafes, 2 zèbres, plusieurs impalas mais au détour d'un arbre et ce, avec l'impression que les guides ne les avaient pas repèrés, ce sont 3 éléphants vraiment proches qui se nourrissent tranquillement mais nous repèrent rapidement. On retourne au camp pour une sieste et c'est reparti en Mokoro pour une deuxième tentative avec les hippos et ce fut cette fois ci une réussite totale. Une bonne quinzaine d'entre eux à quelques 20 mètres. Leur tète plonge puis ressort après plusieurs minutes mais il y en a toujours 1 qui s'assure que nous ne nous approchons pas trop près ce qui pourrait déclencher une charge immédiate. L'un d'entre eux ouvre la gueule au moment ou j'ai l'appareil équipé du téléobjectif, peut être un cliché rare !!! Coucher de soleil sur l'Okavango d'une beauté sans nom et avec la chance d'avoir pour accompagnateurs des gens qui connaissent l'importance d'un silence absolu dans un moment pareil.

Encore une marche le matin du dernier jour mais sur un autre îlot. Toute une partie du Delta est en fait asséchée la majeure partie de l'année alors des îlots se formant un peu partout lorsque les pluies sévissent. Cette fois, entres les traces de buffalo, lions, éléphants et même de léopard, nous ne sommes pas tranquilles car à pied. Ce sont les rugissements d'un groupe d'éléphants qui amène Jibi à prononcer les mots " We have to move ". On a eu de sacrés frayeurs durant cette marche sans même voir d'animaux mais marcher dans le bush n'a jamais été très rassurant. Le Mokoro est définitivement le meilleur moyen de découvrir le Delta, loin des agences touristiques de Maun et avec des guides qui sont sans aucun doute parmi les plus expérimentés. C'est ça le vrai luxe, pas de bruits de moteur et livre au savoir des locaux qui en plus de tout cela sont d'une amabilité saisissante.



Retour à Seronga pour se faire un bon repas et prendre une douche bien méritée. Murielle et Bertrand me proposent de me déposer à Maun et ce sont 500 kilomètres qui auraient pu me prendre beaucoup de temps qu'à l'arrière de leur 4X4. Barbecue et bières à gogo en leur compagnie avant de me diriger vers Gweta où les tarifs pour visiter les célèbres " Pans " sont bien au dessus de mes moyens mais je serai quand même resté plus de 2 jours au Planet Baobab à photographier ces arbres venus d'une autre planète et profiter de la piscine. Puis Nata, plusieurs parties de billard et un mal de crâne dont je cherche encore l'explication qui n'est en fait pas si loin. Puis Francistown et enfin Gaborone la capitale où je vais essayer de retrouver Philippe, Anne et leur enfants avant de quitter l'Afrique qui se sera soldée par la découverte du Botswana.

Ce pays situé entre la Namibie, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud affiche moins de 2 millions d'habitants et l'un des taux de contamination par le virus du SIDA le plus élevé au monde. Il est estimé que l'espérance de vie sera aux alentours de 30 ans d'ici 2010. Son indépendance fut déclarée le 30 Septembre 1966 et son territoire est grand comme la France. La monnaie est le Pula et la situation économique a totalement été modifié suite à la découverte de plusieurs mines de diamants dans les années 70 pour donner durant de longues années un des taux de croissance les plus élevé au monde, entre 11 et 13%. C'est sans aucune hésitation le pays qui m'aura coûté le plus cher en terme de tourisme mais quand je vois le résultat, je suis loin d'être déçu. J'aurais pu faire tous ces parcs et ne pas voir tout ce que j'ai vu alors à ce rythme là, les euros peuvent continuer à défiler tant qu'il en reste suffisamment pour notre asso ...



Les dédicaces :

Anne Claire Cantineau, une future maman à qui je souhaite ainsi qu'à son chéri tout ce dont ils peuvent rêver. Cette jeune demoiselle dont la principale caractéristique est la proportion de fibres explosives est quelqu'un de très attentionné, prête à tous les efforts pour le bonheur de sont entourage. N'oublies pas d'envoyer les prochains clichés du ou de la petite merveille que tu nous prépares.

Rafael Gomes, mon colocataire 2006 avec qui il aura été si facile de partager le même appartement. Jamais de souci, toujours le temps de penser ensemble à la meilleure solution, à l'écoute et le coeur gros comme ça. Tellement gros que El Senor Gomes est le donateur numéro 1 de notre association et sauf si il a dernièrement gagné au loto, c'est une somme considérable qu'il a laissé entre nos mains. Dans les bons comme dans les mauvais moments, je serai toujours là pour toi mon pote. Changes rien, tu vaux à toi seul des millions de piverts. Embrasses tous les Gomes pour moi et prends soin de toi amigo.

Michel Buquet alias Monsieur " Tout le Bataclan " parce qu'il sait vivre et qu'il est un vrai spectacle ambulant. Il est à l'origine d'une sorte de renaissance pour moi et je suis heureux de l'avoir retrouvé lui et tous les Buquet. De nombreux points communs nous rapprochent et il en reste certainement beaucoup à découvrir. Parce que tu n'as pas hésité une seconde à briser ce que je m'autoriserai à qualifier comme : " un silence n'ayant aucune raison d'être", Merci mon oncle ...

Thomas Guilain
qui aura pris le temps d'écouter mon histoire et de me faire part de sa propre expérience pour finalement me conseiller de réfléchir et de ne faiblir devant aucune précipitation avant ce tour du monde. Il est aussi un parfait accompagnateur de bringouille et ne pratique que très rarement le lait frais. Je l'accuse tout de même d'être à l'origine de toute la déconcentration dont j'ai souffert chez Jade parce qu'il tapait continuellement à ma fenêtre pour faire entendre son célèbre " Ca va Ptite Bite ? " Vive les chantiers à 300 euros mon pote !!!

Renzo Uccelletti mas conocido bajo el apodo " El Pastel". Querido amigo, me recibiste, ma ayudatse, me aconsejaste, llegaste hasta mi pais y sobretodo, hiciste todo lo posible para hacerme la vida mejor. Tienes algo en la mente que vale un monton, un tipo de apertura que no se encuentra a cada esquina excepte la famosa que nos gusta tanto. Mi experiencia chilena en terminos profesionales como personales fue estupenda y eso con, gracias y a traves de ti. Sigue igual compadre pero por favor, alejate de todos los lugares donde se venden ests botellas de Pisco, no va a quedar nada para mi. Un abrazo fuerte y cuidate del gato que puede salir en cualquier momento de alguna parte de tu cuerpo !!! Dos piscolas por la tres y con mucho hielo ...

Olive et Kiff, deux amis toujours présents, avec qui j'ai des souvenirs merveilleux et j'en suis persuadé, le meilleur reste à venir. Olive parce qu'elle est le genre de femme qui respire la bonne humeur et qui fera toujours preuve de beaucoup de sincérité. Kiff parce qu'il inspire une confiance sans frontière et que c'est quelqu'un de droit mais je les aime surtout parce qu'ils ont un tiers de toutes mes affaires dans leur cave et je compte bien essayer de gratter une ou deux caisses de pinard en allant récupérer tout ça !!! Merci à vous les ptis lous, que la Nice Attitude et le Positive System soient avec vous.

 

Le Zimbabwe dont il ne faut pas avoir peur


Pour ce dernier mois sous les couleurs de l'Afrique, les 2 destinations seront d'abord le Zimbabwe puis le Botswana avant de rejoindre Johannesburg et voler vers 4 nouveaux mois dans un autre continent, une autre atmosphère, un autre monde : l'Asie du Sud Est.



Mon entrée au Zimbabwe fut presque le premier moment tout en musique en terres africaines où la danse et le chant sont omniprésents certes mais où les opportunités de la vivre comme j'en ai eu l'honneur sont peut être rares. Le festival de Zanzibar était un festival où les choses sont organisées, planifiées. Là, il aura suffit d'un bus presque rempli de Zambiens partis au Zimbabwe dans le cadre de leurs croyances et d'un projet avec leurs homologues de Harare, la capitale du Zimbabwe. Juste après avoir passé la frontière, ça a démarré très doucement, une femme chantonnait seule et me faisait penser à Nina Simone. Après une bonne demi-heure, ce sont plusieurs femmes qui se mirent à suivre en reprenant un refrain dont je ne pouvais que reconnaître le mot " Hallelujah ". De 5 ou 6 d'entre elles, ce sont bientôt une vingtaine qui prirent le rythme qui, à chaque nouveau chant, s'accélérait et commençait à couvrir le bruit du moteur. Les mains claquaient sans arrêts, des cris de joie retentissaient à la fin de chaque chant pour féliciter celui qui l'avait initié et ça sifflait dans tous les sens, une euphorie qui pourrait durer des heures ... Je ne pouvais plus hésiter, je ne suis pas fan de ces touristes qui foncent sur leurs appareils photos dès que ça chantonne au coin de la rue, mais ce moment là avait quelque chose de magique et même assis au fond du bus, sachant très bien que je n'aurais aucune image car il faisait un noir absolu, j'ai enclenché le caméscope discrètement et ce sont au final plus de 45 minutes de chants repris par les femmes et les hommes (ce qui n'est pas courant) assis dans ce bus que je n'oublierai certainement jamais. Une collection de voix qui n'ont plus besoin d'apprendre mais qui, on s'en rend compte rapidement, pratiquent régulièrement et s'accordent entre elles tout en laissant la liberté à chacune de s'exprimer, de prononcer les mots qu'elle aura choisi, de raconter son histoire en étant certaines que les cordes vocales avoisinantes se feront un plaisir d'accompagner une nouvelle improvisation que l'on sent profondément accueillie comme étant toujours la bienvenue. J'ai encore des frissons en essayant de retranscrire ce pur moment de bonheur !!!

Les origines des habitants du Zimbabwe viennent du peuple Shona originaire du Congo mais également du peuple Ndebele qui lui vient de la région Zoulou en Afrique du Sud. Le pays est grand comme 3 fois l'Angleterre et se situe principalement entre 900 et 1700 mètres d'altitude. Son indépendance a été déclarée le 4 Mars 1980.



Arrivée à Harare tard dans la nuit et il faut déjà faire face au principal problème de ce pays dont beaucoup sont effrayés : l'argent. Ce n'est pas compliqué : 1 Dollar US vaut 250 dollars Zim à la banque mais il peut en valoir plus de 20 000 dans la rue alors c'est un gigantesque marché noir où vous êtes millionnaires en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est illégal, très risque en tant que touriste mais vous n'avez pas le choix alors vous êtes tous les jours obligés de vérifier les taux de change dans la rue et de trouver quelqu'un de confiance et ce peut être un exercice périlleux que de vouloir changer les fameux billets verts.

Le Zimbabwe est un pays magnifique situé entre le Botswana, la Zambie et le Mozambique. Son histoire est forte en rebondissements et il souffre aujourd'hui de la persistance d'un seul homme qui est au pouvoir depuis maintenant 27 années consécutives. Les élections sont pour l'année prochaine mais les gens n'hésitent pas à dire qu'ils connaissent déjà le vainqueur qui a aujourd'hui 84 ans. Il ne fait pas bon prendre parti dans l'opposition au Zimbabwe. Les étudiants sont endoctrinés, les enseignants grévistes menacés, les populations pauvres et vivant dans les zones les plus reculées fortement conviées à voter " comme il se doit ". Il arrive même que l'approvisionnement en certains produits de premières nécessités soit empêché dans les districts ayant ou étant soupçonnés de soutenir l'opposition. Ce pays et son gouvernement se disent démocratique, Monsieur Mugabe se dresse tous les jours pour hurler face aux sanctions maintenues par les pays du Nord mais il continue à jouir chaque jour d'un peu plus de pouvoir et il a tout de même déclaré les élections de 2002 non valides pour s'auto proclamer président et faire ce que bon lui semble. Les intérêts économiques amenant aux investissements étrangers disparaissent jour après jour, le tourisme international contourne ce pays d'une beauté incontestable, de nombreux fermiers blancs furent chassés de leur propriété, c'est une descente aux enfers qui devrait appeler à une plus forte mobilisation des instances internationales.



En 2001, il était estimé que le revenu minimum pour mener une vie correcte était de 35 000 Dollars Zim alors que le salaire minimum était à l'époque de 15 000. La " Land Reform " a fait chuter la production de tabac de 75% pour un pays qui était alors le second producteur mondial. Les revenus provenant du tourisme ont chuté de 400 millions de dollars US à moins de 80 millions en à peine 6 ans, 70 % de la population vit d'une agriculture de subsistance, le SIDA a ramené l'espérance de vie à 40 ans et il est fortement possible que toutes ces données se soient aggravées depuis 2001.

Difficile d'imaginer quoique ce soit de bon pour ce pays tant que son vieux - faux président persistera !!!

Néanmoins, en restant éloigné de Harare et Bulawayo, j'ai passé 2 semaines formidables dans un pays qui se révèle être pas plus dangereux que ses voisins mais je n'aurai jamais que les yeux d'un touriste. Je me suis donc dirigé vers Mutare, presque à la frontière du Mozambique pour découvrir une région appelée Eastern Highlands où ce sont à mon grand bonheur les montagnes qui dessinent le paysage. Entre les Bvumba Montains, le Nyangani qui atteint presque 2600 mètres pour être le plus haut sommet du pays, j'ai choisi le parc de Chimanimani pour quelques jours de marche et ce fut encore une fois une révélation. Seul en montagne, je me sens bien et tout particulièrement là bas. Le village de Chimanimani est ancré au pied de plusieurs collines et non loin de là, se trouve le parc où si j'avais prévu plus de nourriture, j'aurais passé 1 ou 2 jours supplémentaires. 5 bonnes heures de marche pour rejoindre l'entrée du parc où la première nuit fut courte pour pouvoir accéder au plateau principal au plus tôt le lendemain matin. Après une montée agressive de presque 3h, c'est l'arrivée au plateau et la découverte d'un terrain de jeu donnant l'impression d'une gigantesque cour de recréation où tout comme à l'école les rires et les pleurs ne vont pas hésiter à se mélanger. Une vallée de plusieurs kilomètres de long enfermée entre d'innombrables masses rocheuses qui appellent toutes à aller voir ce qui se trouve de l'autre côté de la montagne (je t'y emmènerai mister Gaillard, c'est promis). Une vallée qui laisse couler en son milieu la rivière Bungi, qui est traversée la nuit par des mozambicains souhaitant passer la frontière sans avoir à présenter leurs papiers, qui invite à savourer une profonde cohésion avec dame nature et son environnement dont il faut prendre soin chaque jour un peu plus et enfin une vallée qui vous laisse choisir en toute liberté la direction de votre marche.



J'ai eu l'occasion de faire plusieurs sommets, tous eux environs de 2300 mètres, tous très éprouvants car sous une chaleur qui ne me plait guère mais avec laquelle il faut composer. Des points de vue exceptionnels, prit par les nuages en haut du Ben Nevis avec le tonnerre qui grondait si près de moi que je ne suis pas resté très longtemps, passé au Mozambique quelques instants puisque le mont Binga - 2437 mètres et plus haut sommet du Mozambique - vous fait passer la frontière de façon virtuelle, totalement perdu et accusant 10h de marche durant la redescente de cette vallée en essayant de retourner au village, prenant le temps de traverser ces paysages splendides sous un soleil cognant comme un marteau sur le haut de votre tête mais quel délice !!!

En route vers le Great Zimbabwe, une ruine qui pourrait presque rivaliser avec certains vestiges sud américains en terme d'architecture. Quantité de pierres taillées, déplacées et agencées pour donner des murs qui ne se sont pas encore totalement écroulés. L'édification a commencé au 11ème siècle pour donner quelques 200 ans plus tard une structure de 100m de large et de 225m de circonférence dont les murs les plus hauts peuvent atteindre 11m. Cet héritage du peuple Shona est aujourd'hui parsemé d'une végétation luxuriante qui laisse une impression de jardin botanique, les vestiges situés sur la colline dominant le site offrent des points de vue ahurissants.



Puis, il aura fallu passer Masvingo avec un routier sud africain fatigué de sa solitude et heureux de faire un bout de chemin avec un jeune touriste, atteindre Bulawayo qui n'est vraiment pas rassurante pour ensuite tenter d'entrer au parc Hwange mais je ne m'attarderai pas sur le sujet puisque cette tentative fut un échec difficile à encaisser alors j'ai finalement décidé de visiter le côté Zimbabween des chutes Victoria qui, selon moi, a beaucoup à envier au côté Zambien. J'ai tout de même eu la chance d'être face aux chutes lorsque le soleil a surgit juste au dessus d'elles vers 6h15 : une image captivante, de toute beauté, donnant envie d'être accompagné mais patience ...

C'est à Victoria Falls que j'ai rencontré Jean, Anne et leurs 4 enfants vivant tous à Gaborone, ils étaient en vacances et m'ont proposé de me déposer à Kasane au Botswana, le point de départ de toutes les visites du Chobe National Parc. Je n'aurai pas pu rêver mieux pour entrer dans ce qui sera le dernier pays de mon séjour en Afrique.

 

La Zambie


J'ai choisi la Zambie et donc l'intérieur de la partie sud du continent africain parce que je pense que je vais être suffisament au bord de l'eau durant la deuxième et la troisième partie de cette grande aventure à savoir l'Asie du Sud Est et l'Océanie. Je reviendrai pour le Mozanbique qui est un très grand pays où il faut avoir le temps devant soi et où parait-il les plages sont somptueuses. La Zambie est frontalier avec pas moins de 8 pays, grand comme la France, l'Angleterre et l'Irlande réunis et propose une forme très étrange.



Les premiers européens arrivés en Zambie au 15ème siècle étaient des portugais, ils empruntèrent généralement des chemins utilisés par les arabes quelques siècles auparavant pour mener leur commerce des escales à travers toute la région sud de ce continent.

Ce sont un peu moins de 11 millions d'habitants répartis principalement dans les grandes agglomérations. La capitale est Lusaka et la monnaie locale est le Kwacha. L'indépendance fut obtenue le 26 octobre 1964 et la Zambie portait avant cette date le nom de Rhodésie du Nord, le Zimbabwe étant le Rhodésie du Sud. On y recence entre 70 et 80 tribus ou groupes ethniques et environ 20 dialectes dont les principaux sont le Pemba, le Tonga, le Nyanja et le Lozi. Les principales rivières sont bien évidemment le Zambeze mais il y a également le Luangwa et le Kafue.



L'économie est principalement dirigée vers l'agriculture et donc très dépendante de l'aide internationale. 4eme fournisseur mondial de cuivre et 1er fournisseur mondial de cobalt. Tout comme le Malawi, le tourisme commence très doucement à devenir une source de revenus intéressante mais il reste beaucoup à faire. Un travailleur non qualifié gagne environ 25 US dollars et un employé qualifié en ville peut espérer jusque 60 US dollars. La Zambie est aujourd'hui le second taux au monde d'orphelins du sida car 50 % de la population totale a moins de 16 ans et déja 50 % d'entre eux ont perdu au moins un parent à cause de ce virus.

Je suis entré en Zambie en train par la frontière Nord et suis arrivé dans le village de Mpika, endroit paisible où j'ai eu l'impression d'être le seul " Mzungu ", le seul blanc. Contact facile avec la population locale et pas du tout d'activité touristique ce qui fait parfois beaucoup de bien. A cause des pluies tombées début Mars, beaucoup de routes étaient impraticables et la Zambie restera à mes yeux un pays où de nombreux endroits sont inaccessibles pour la plupart des véhicules. J'ai eu ensuite l'occasion de me rendre à Kapisha où il y a un lodge très luxueux et c'est après un léger malentendu en ma faveur que j'ai pu m'installer dans un mini chalet tout confort pour le prix du camping. Un jardin splendide et rayonnant de milles couleurs juste en face de la rivière, les seuls autres touristes partis le lendemain de mon arrivée et surtout les sources d'eau chaude plantées au beau milieu d'un morceau de forêt pas vraiment amenagé mais juste un petit mur de pierre permettant la séparation avec la rivière où les crocodiles circulent en masse. Tout ça rien que pour moi, je suis donc resté 4 jours à méditer sur les raisons mais aussi la chance qui m'avait emmené dans cette aventure un peu folle mais surtout très enrichissante. J'ai aussi eu la possibilité de discuter un long moment avec les professeurs de l'école du coin (7 profs pour plus de 380 enfants). Les enfants doivent pour certains parcourir 10 kilomètres pour se rendre à l'école et donc 10 autres kilomètres pour rentrer à la maison. L'école tente de fournir le matériel nécessaire à chacun ainsi que les uniformes et la nourriture mais c'est tout simplement impossible pour tellement d'enfants et avec si peu de moyens. Il y avait ici une forte opportunité d'action mais trop difficile à réaliser sans véhicule et je ne voyais pas du tout comment garder le moindre contact pour que notre aide puisse s'étaler sur plusieurs années alors je n'ai rien engagé sur place, un choix difficile mais un choix quand même

Comme me l'a dit un jour Mr Théo St Maxent à qui j'adresse mes meilleurs sentiments : " Choisir, c'est renoncer; Ne pas choisir, c'est ne pas vivre ..."



Direction Lusaka puis immédiatement vers Chipata qui est la dernière vraie ville avant le parc national South Luangwa mais une fois encore, tout est bloqué alors je décide de rentrer au Malawi et je repasse donc deux semaines plus tard la même frontière pour retenter le coup dans ce fameux parc. Je fais la rencontre d'un couple Neo Zélandais - Espagnol très mais alors très sympa, Idoia et Craig avec qui on se lance vers le parc parce que le feeling est passé tout de suite. Environ 17 heures pour parcourir 180 kilomètres, une horreur et un souvenir très désagréable de notre aventure mais nous sommes finalement arrivés dans un splendide complexe où un petit espace isolé était reservé aux campeurs, suffisament éloigné des touristes qui occupaient les bungalows de haut standing. Bref, c'est en face de la rivière Luangwa que nous avons fais notre vie durant 4 jours en préparant nos repas, parfois des poissons que les pécheurs du coin nous offraient, le tout en regardant les hippos se baigner dans l'eau tout la journée, les buffalos traverser la rivière après de longues hésitations, les babouins qui eux circulent absolument partout et enfin les crocos patienter au bord de l'eau pour une proie facile. Nous sommes allés à deux reprises dans le parc avec les véhicules du lodge, une fois la nuit pour essayer de voir un léopard ou un lion qui sont plus faciles à repérer la nuit durant la saison des pluies mais ce fut sans résultats (pas de big Cats) et une autre fois au petit matin et c'est là que j'ai vraiment eu ma première impression de la vie sauvage qui règne en Afrique. Depart vers 6h du matin et immédiatement, ce fut un festival entre les éléphants qui circulent comme ils leur chantent, les giraffes, les zèbres, les buffalos, plusieurs variétés d'antilopes mais en grande quantité et tout cela de très très près. Un spectacle unique, quelle sensation de se ballader au milieu de cet univers dont nous avons tous rêvé en regardant " le livre de la jungle ". Mais c'est tout de même plus intimidant lorsqu'un éléphant redresse ses oreilles (signe d'une possible charge d'un éléphant qui se sent en danger) en vous fixant durant deux interminables minutes. Je me suis debrouillé pour dormir en dehors de ma tente toutes les nuits, ce qui est normalement interdit, car c'est au lever du soleil que les hippos ressortent de la forêt ou ils se nourrissent la nuit pour enfin rentrer dans l'eau et n'en ressortir que la nuit suivante. C'est quasiment le seul moment où on peut les voir le corps totalement hors de l'eau mais les bruits durant la nuit vous font vraiment imaginer tout et n'importe quoi, j'ai quelques souvenirs de sursauts à cause d'un bruit de feuillage un peu alarmant. Nous avons passés les deux jours suivants à jouer aux fléchettes, j'ai appris les règles du cricket avec Craig et eu l'occasion de pratiquer un peu mon espagnol avec Idoia, qu'est ce que ça fait du bien d'oublier l'anglais quelques heures !!! Je suis maintenant invité à passer Noël chez Craig puisque je serai en Décembre en Nouvelle Zélande.

Nous sommes ensuite partis pour Livingstone, du nom du célèbre explorateur britannique, où l'activité touristique vous rend tout simplement dingue alors je ferai court sur cette étape là. On a fait une journée complète avec Craig de saut en tous genres, descente en rappel, rap jumping qui consiste à descendre une falaise le corps perpendiculaire à celle-ci mais tournée vers le sol, vous pouvez donc marcher ou tenter de courir le long de cette falaise (un très bon souvenir mais une vraie frayeur), tirolienne en plein milieu des gorges se situant dans le prolongement des chuttes Victoria, l'une des 7 merveilles du monde !!! Un spectacle hallucinant, quelquechose de très différent des chuttes d'Iguazu à la frontière du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay, impressionnant mais d'une autre façon car vous pouvez marcher juste en face des chutes et avoir une réelle impression de cette force incontrôlable qui s'exprime à travers un grondement continu et la formation de milliers de nuages composés de mini gouttes d'eau s'élevant très haut dans le ciel, se trouvant une place parmis les vrais nuages pour un court instant avant de vous retomber sur le bout du nez sous forme d'un espèce de spray, comme une grande douche gratuite pour tous les visiteurs de cet endroit trop fréquenté mais à voir absolument. Je suis resté un peu plus longtemps que mes nouveaux amis car notre troisième action était en route et j'avais de belles opportunités sur Livingstone et puis je dois également avouer que je ne pouvais résister à ce fameux pont situé lui aussi dans le prolongement des chutes et dont on peut se jeter à l'élastique d'une hauteur de 111 mètres. Pas forcément beaucoup plus haut que ce que j'avais déjà fait avec mes amis Milouz, Alex et Céline mais dans un endroit vraiment rêvé pour ce genre de sensations extrêmes !!!







La fin de mon séjour en Zambie a été des plus mouvementés. Je me suis rendu dans le village de Sesheke où je devais normalement continuer en direction de Mongu pour trouver sur ma route les chutes de Ngonye (pas aussi impressionnantes que Victoria mais beaucoup plus tranquille) et finalement entrer dans le parc national de Kafue mais aucun transport, toutes les routes bloquées donc demi tour et c'est reparti pour un tour vers Lusaka où je finalise notre troisième action que vous pouvez découvrir dans la rubrique correspondante. De là, je prends cette fois-ci la route principale direction Mongu lorsqu'à un check point, un officier de l'immigration me fait remarquer que mon visa est expiré depuis 4 jours et c'est le début d'une histoire longue et pas du tout intéressante que je ne vous raconterez pas et qui aurait pu me coûter très cher en temps mais aussi en argent. Résultat des courses, je suis de retour à Lusaka et je m'apprète à passer la frontière vers le Zimbabwe. Je quitte la Zambie sur un désagréable souvenir mais ce n'est vraiment pas ce que je retiendrai de ce magnifique et accueillant pays que je recommande absolument à tous ceux qui s'aventurent dans cette région de l'Afrique. Mon expérience de l'Afrique sera définitivement marquée par mon passage en Zambie et l'action réalisée est un bon exemple de ce que nous pouvons concrétiser à l'autre bout du monde ...



Les dédicaces:

Romain Lecocq : Comme mon petit frère, tellement impatient de faire un voyage en sa compagnie, je suis admiratif devant ce jeune garcon de 14 ans qui m'inspire chaque jour un peu plus.

Florence Mazingant : Elle fait beaucoup de cadeau et j'ai eu la chance d'en avoir plein y compris du très bon champagne mais le plus beau sera son amitié et la manière avec laquelle elle sait se montrer si disponible, un chtite fleur du 51 !!!

Mister Jibe d'Afro Jibe : Parti lui aussi pour du dépaysement bien comme il faut, un ami de tous les voyages et j'ai eu la chance de barouder comme il faut avec cet oiseau là, c'est certainement là que des affinités indélébiles se sont créés.

Francesco Colosimo : On est pas d'accord sur tout mais on a choisi de parler de tout et c'est selon moi ce qui fait que nous partageons beaucoup. J'ai toujours trouvé quelque chose d'enrichissant dans nos conversations. Tu aimes à pratiquer les deux côtés : la déconne et le sérieux, tu penses aux autres et tu te donnes beaucoup de mal pour le confort des tiens. Bravo Monsieur Colo ...

Sophie, Paul et Louis Noudéviwa : Je suis fan, c'est simple, avec beaucoup de sourire et le coeur ouvert. Je suis très impatient de voir votre petit trésor qui fait apparement parti de la catégorie minipouce. Je vous envoie toutes les bonnes ondes qui m'entourent ici en Afrique où je me sens bien ...

Céline et Toto : Des amis du coin comme on dit, des personnages tout entier et qui savent faire de la place dans un frigo pour y mettre un maximum de bonnes bières. Merci pour vos moments si touchants dans le pti carnet qui me suis partout mais aussi sur notre site, plein de békots et n'oubliez pas : Tout chti qui pisse, tien ch'biroute danch'main ...
 

Piwi au Malawi !!!


Je me suis retrouvé au Malawi puisque la partie Est de la Zambie et donc le parc national où je souhaitais me rendre était devenue inaccessible à cause des pluies qui se sont écroulées il y a maintenant un mois. L'idée de faire demi tour vers Lusaka ne m'enchantait pas vraiment, alors c'est sur un coup de tête que je suis rentré au Malawi après avoir lu ce que je pouvais sur ce pays dont je ne connaissais rien et vous allez bientot pouvoir le lire, je compte bien revenir car c'est un petit pays parfait pour quelques semaines de vacances ...

Le Malawi compte aujourd'hui un peu plus de 12 millions d'habitants, la capitale est Lilongwe. C'est une ancienne colonie britannique, qui avant la déclaration de l'indépendance en 1964, portait le nom de Nyasaland. Le Malawi est un petit pays situé entre la Tanzanie, la Zambie et le Mozambique. Le lac Malawi couvre presque 1/5 du territoire et la langue nationale est le Chewa ou le Chichjewa. 60 % des exportations sont liées à la production de tabac et 20 % pour le sucre et le thé. L'économie du Malawi dépend essentiellement de l'agriculture et le tourisme commence très doucement à offrir quelques belles perspectives. C'est un des 10 pays les plus pauvres au monde, le revenu annuel par habitant était de 170 Dollars US en 2004, la mortalité infantile de 9 % et le Malawi affichait a l'époque son nom à la seconde place au niveau mondial en disparité entre les riches et les pauvres.



Toutes nos félicitations à l'ambassadeur francais au Malawi qui a annoncé le mois dernier l'annulation de la dette du Malawi, environ 275 millions de dollars, soit 8 % de la dette totale du pays. De toutes façons, on avait pas autant besoin qu'eux de cet argent alors BRAVO Mr L'ambassadeur !!!

Ma première destination fut le massif de Mulanje, un des endroits les plus fameux pour la rando dans la partie sud du continent africain. Ce sont environ 25 sommets qui s'élevent à plus de 2 500 mètres d'altitude qui font la loi sur ce massif et le climat y change très vite et ce, à n'importe quelle époque de l'année, alors c'est avec Anthony, mon guide, que nous sommes partis 4 jours en sachant parfaitement que la pluie ferait partie de l'aventure.



Totalement différent du Kilimanjaro, pas forcément plus facile, juste moins haut et moins éprouvant physiquement parlant mais d'une beauté toute aussi charmante et un contexte très particulier. Le Mulanje est en fait une continuité de montées et de descentes (souvenirs des Carpates avec Jerem et Rico) alors il est très facile de passer d'une arète rocailleuse dominant une vallée sur laquelle le soleil transperce les nuages et projette des lumières dont l'intensité change de minute en minute, à des chemins situés en plein " bush " à travers lesquels il faut savoir se frayer un passage et ne pas avoir peur de cette végétation qui en pleine saison des pluies, se montre particulièrement fleurissante. Nous avions évoqué une sorte de miel dégoulinant le long des branches sur le Kilimanjaro mais je parlerais ici d'une végétation qui vous grimpe le long des jambes pour venir se refermer quelques mètres au dessus de votre tête. Très peu de vue sur le ciel, parfois moins de 40 cm de large alors vos bras bousculent, froissent et écartent ces longues herbes pour vous permettre d'avancer. Une vraie sensation de jungle pas toujours très agréable car horriblement glissante et je n'ai pu éviter certaines chutes dont je n'avais pas forcément besoin.

Premier jour : (800 m - 2000 m) Une montée éprouvante car la température est encore élevée et il vous faut abattre 1200 mètres de denivelé positif pour enfin percer la forêt et atteindre le plateu principal du massif. Cette fois ci, pas de porteur alors il faut se remettre en condition et vite. Ce ne sont jamais des marches terribles sur le Mulanje mais on peut aisement se retrouver sérieusement perturbé par les variations climatiques. On finit sous la pluie et comme je ne suis pas très malin, je termine les chaussettes floc flocant au fond de mes chaussures parce que je n'ai pas pensé que marcher en short sous une pluie relativement tonique, et bien au bout d'un moment, il faut bien que l'eau qui vous coule le long des jambes finisse quelques part alors chaussures parfaitement imperméables mais le cerveau, lui est un peu défaillant !



Deuxième jour : (2000 m - 1400 m - 2100 m) Soleil flamboyant, on démarre très tôt après un bon pti dej, de superbes paysages s'offrent à nous, une flore très variée, des insectes aux formes et aux couleurs des plus surprenantes, une marche facile mais couverte par les nuages sur la derniere heure, pas de pluie et les chaussures continuent de sécher...



Troisième jour : (2100 m - 2500 m 1900 m) En pleine nuit, des pluie inquiétantes se sont ecrasées sur nous jusqu'au petit matin. Heureusement que nous sommes dans des huttes et non pas dans des tentes.
Au lever, c'est un soleil éclatant qui nous invite à comtempler le pic Sapitwa, plus haut sommet du massif, 3001 mètres et objectif premier de cette rando. Il est 6h30 du matin et il me semble que les conditions méteo sont parfaites pour entamer au plus vite l'ascension mais Anthony commence déjà à me sensibiliser sur le fait que les pluies tombées durant la nuit rendent l'accès très difficile mais comme on voit la pointe, qu'il fait grand bleu et que ce ne sont que 3 heures de grimpette sans les sacs, je ne peux concevoir une seule seconde l'idée de ne pas y aller. Mais il faudra finalement renoncer car les roches trop glissantes mais également les nuages qui grimpent le long des montagnes pour totalement les recouvrir en milieu de matinée empèchent à cette période de l'année une ascension en totale sécurité. Il faut tourner le dos à ce sommet, sentiment de ne pas avoir atteint l'objectif difficile a encaisser même pour un novice de la rando comme moi mais on ne joue pas avec la montagne. Des touristes se sont déjà perdus, impossible de retrouver son chemin dans les rochers avec ce brouillard et chute dans des crevasses profondes de 15 parfois 20 mètres alors ce sera pour une prochaine fois.

De beaux paysages toute la journée jusque la hutte suivante, on finit encore sous la pluie mais mieux protégé cette fois. Un peu de marche dans le bush, une chute dans un belle flaque de boue et un bon feu avant de dormir. J'apprends également à jouer au BAO, jeu local mais que l'on peut trouver partout en Afrique avec des règles différentes.



Quatrième jour : (1900m - 800 m) C'est la descente vers un autre versant qui est programmé pour ce dernier jour. C'est en fait une ballade mais une ballade très fatiguante car descendre, ca vous flingue les jambes et il faut s'arrêter régulierement pour reposer les genoux. Bref, on reprend le contact avec une température écrasante et on s'éloigne petit à petit du massif sur lequel on a une vue superbe, je crois même que les meilleures photos auront été prises ce dernier jour. Je remercie Anthony et je me dirige après un bon jour et demi de sommeil vers le plateau de Zomba pour un autre petit treck.

Zomba c'était vraiment bien mais très chaud, et trop court. On peut parcourir le plateau en deux jours, les distances sont courtes et très bien indiquées alors je me suis retrouvé avec un guide dont je n'avais en fait pas besoin mais dans tous les cas, ca lui permet de faire un petit extra durant le week end et j'ai un peu de compagnie durant les marches. On a quand même eu de superbes points de vue sur la Rivière Shire et les montagnes se situant à la frontiere avec le Mozambique. 2 Jours et demi de bonheur mais cette chaleur, c'est pas pour moi, je veux que le froid vous donne la sensation qu'il faut continuer de marcher pour pas se refroidir. C'est pas forcément desagréable quand vous êtes bien couvert et puis on évite les insolations.

Etape suivante, le parc national de Liwonde. Premiers contacts avec une Afrique que je ne connaissais pas encore. Ce continent hurle dans ses transports en commun, dans ses magasins, dans ses bars mais c'est un silence de haut vol qui règne lorsque vous avez la possibilité de vous rendre dans ces parcs pour observer les animaux et encore une fois, des paysages hors du commun. Le silence est maintenant un art que j'aime pratiquer, essentiellement quand un soleil se couche et donne cette couleur orange brulant le ciel qui passe du bleu au gris puis au noir, le tout en arriere plan de la forme de plusieurs palmiers qui ne gâchent en rien une vue imprenable sur ces plaines infinies qui abritent une vie sauvage, qui vous accepte pour quelques instants magiques dans leur univers. Meme si c'est pas la parade des éléphants genre le livre de la jungle, vous êtes déjà parmi les plus chanceux de pouvoir vivre cela alors silence et respect. Nous avons quand même vu des éléphants mais de loin, plusieurs variétés d'antilopes (impalas, Kudus, Waterbocks), certains reptiles dont je n'ai pas retenu le nom, des facocheres alias Pumba en Swahili, beaucoup d'oiseaux et le bruit des hippos durant la nuit puisqu'ils sortent de l'eau pour se nourrir des herbes sèches dont ils raffolent. Le camp de Chinguni est un petit paradis en soi, vraiment super, j'y ai passé 5 jours de repos intégrale et j'ai eu l'impression que ça faisait 2 ans que je vivais là. Lire, une bonne sieste, puis un pti sandwich et lire encore avant de regarder le coucher de soleil avec une bière bien fraîche et puis les étoiles avec un bon bol de nouilles chinoises et enfin rester allongé devant la tente un moment à écouter les bruits qui vous entourent mais vous ne voyez rien, il faut ensuite aller dormir et s'imaginer que les hippos peuvent passer à quelques mètres de votre tente sans que vous ne vous apperceviez de rien ...



Dernière étape au Malawi, Cap Mc Lear au sud du lac Malawi, un autre pti coin de paradis où il faut surtout pas aller en haute saison mais en Mars comme j'en ai eu l'occasion c'est parfait. L'eau est d'un bleu ou d'un vert, en 4 jours, j'ai même pas reussi à savoir laquelle des deux couleurs était la plus proche de ce lac qui vous emporte. C'est simple, j'avais ma tente à moins de 3 mètres du bord de l'eau et je faisais de mon mieux pour me lever avant le soleil afin de ne pas rater les premieres lueurs du soleil parce que les couchers de soleil n'étaient pas terribles en définitive. Un pti tour en bateau sur l'île d'en face, un pti barbecue et du poisson frais en veux-tu en voilà, beaucoup de calme avec encore une fois, un bon bouquin et quelques bières bien fraîches.

J'ai eu ma dose de repos entre Liwonde et ses étendues immenses où les animaux donnent le ton et Cap Mc Lear où le très faible mouvement des vagues vous incite à pratiquer des activités d'un calme absolu alors il est temps de se tourner à nouveau vers la Zambie où j'espère avoir plus de chance qu'il y a 2 semaines. Une très bonne impression du Malawi, je conseille ce pays sans aucune hésitation, c'est vraiment bien plus que ce que vous pouvez imaginer et si vous n'imaginez rien parce que vous savez même pas que le Malawi est un pays, et bien faites moi confiance et prenez votre billet pour Lilongwe, vous serez pas décu. je ne connais que la partie sud du pays mais je sais pertinement que je reviendrai pour le nord.


Alors mes 6 dédicaces:

Ladislas, Céline et leur tétounette alias mister Antoine, Mes très chers amis du 64, généreux comme c'est pas permi et surtout toujours à l'écoute et le sourire aux lèvres.Tellement de souvenirs dans la maison du bonheur à Anglet Beach...
Si vous la vendez, j'achète mais dans 250 ans!!!

Yannick, Christine et Ninon Mesnard, Il faut bien prononcer le D comme un T pour une sonorité un peu plus flamande. Un exemple de ptite famille qui tourne bien et des amis très chers à qui je pense très fort et que je remercie pour leurs messages sur notre site.
Est-ce que Ninon écoutes déjà des CD de musique punk parce que son brushing est quand même des plus merveilleux...

Flo, So, Tom et Hugo Dhaynaut parce qu'ils sont toujours été là et parce qu'ils seront toujours là. Des amis incontournables, des amis pour la vie, des amis qui donnent envie...Plein de gros bisous à vous 4 et à très bientôt n'est-ce pas???

Mon pote François et maman Ludi parce que dans le genre: Jean-Phi on sera toujours avec toi, tu peux compter sur nous...on fait difficilement mieux. J'ai toujours reçu beaucoup de soutien de leur part, des encouragements et ils sont à jamais parmi mes interlocuteurs préférés. Nous nous connaissons bien et on est sur la même planète alors droit devant mes amis, je vous adore

Mister Damien Mignolet parce que comme il le dit si bien: c'est pas parce que nous vivons dans deux mondes différents que nous nous trouvons trop éloignés l'un de l'autre. Merci pour cette amitié long terme qui je pense n'est pas prête de s'éteindre

Et enfin Messieurs Ugo Noce et Alexis Foucaud, deux de mes compatriotes de bringouille. Ces deux bonhommes attendent aujourd'hui chacun un ptit garçon et je tiens à les féliciter tous les deux ainsi que les futures mamans, Laure et Leatitia.
"6 milliards de piverts" se fera un plaisir d'accueillir deux nouveaux compatriotes sur la planète des travellers sans frontières...


 

17 février 2007: départ pour l'ascension du Kilimandjaro...


Allez je me lance dans le récit de l'ascension du Kilimanjaro :



Je retrouve Kris à Dar Es Salam en revenant de Zanzibar, nous ne sommes pas vraiment organisés pour une telle ascension mais coûte que coûte, c'est notre projet, notre rêve, alors on y va, droit devant, on part direction Moshi, point de départ de tous les arrangements pour un tel périple.
On y arrive vers 21h30 et comme si de rien n'était, en 10 minutes, on a une chambre d'hôtel, deux bières fraîches et un guide qui arrive sous peu pour démarrer l'ascension le lendemain matin avec nous. Comme dans un rêve, on entre dans la partie négociation et on va se coucher comme des fleurs pour être bien prêt comme il faut... Bon, j'ai pas de lunettes de soleil ce qui explique que mes yeux piquent encore un peu, Kris voulait y aller en chaussures de tennis, j'ai oublié la seule fourchette et la seule cuillère que nous avions prévus etc etc... Mais pas de panique, on est pas tout seul sur le massif et y'aura toujours de quoi manger et boire de l'eau alors yallah c'est parti...


JOUR 1 : (1800 m / 3000 m)

En forêt, on démarre par 3 ou 4h de marche tranquille sous une vraie jungle, très dense. On a l'impression que c'est un miel de couleur vert qui dégouline partout sur les branches qui s'entrelassent dans tous les sens. Pas beaucoup de bruit comme on pourrait l'imaginer alors on se fait la discute avec Kris, on trouve un bel endroit pour le déjeuner et mon cher accompagnateur ne perd pas l'occasion de faire tomber son sac à dos dans un p'tit cours d'eau, faut bien commencer les galères sinon c'est pas drôle !!!
On arrive au camp n°1, plein de touristes, on établie déjà des stratégies pour les éviter mais c'est pas facile, ils sont partout et dans tous les genres ... J'ai dormi une partie de la nuit dehors et je crois n'avoir jamais vu un ciel aussi étoilé... dédicace à ma petite buse, pas facile de trouver tes pléiades !!!...


JOUR 2 : (3000 m / 3850 m)

Il y a normalement 4 heures de marche et je crois que nous avons mis un peu plus de 2h30 avec Kris, on tient la forme et on enchaine les paysages vraiment changeants. La marche commence a être rythmée, la mécanique est installée dans nos jambes et ça se déroule plutot pas mal.
Le terrain est pas difficile et ça avance bien, pas vraiment d'intempéries, un peu de brume c'est tout. Ces deux premiers jours ne donnent pas une impression de sommet le plus haut d'Afrique, je me demande un peu où nous sommes et vers quoi on se dirige.
Nous avons les premiers aperçus du sommet et on rêve déjà ... Un spot super pour se coucher, une vallée toute entière pour nous, on attend le lever du soleil avec impatience, les couleurs vont exploser dans tous les sens, je le sens déjà ...




JOUR 3 : (3850 m / 4300 m / 3950 m)

Journée un peu plus festive que les autres, on grimpe puis on descend. Après avoir atteint l'endroit où tous les touristes restent pour le déjeuner, nous avons une montée difficile, vraiment rude mais on y va et on trouve un gros rocher en cours de route pour la pause sandwich.
J'ai l'impression que nous trouvons toujours de quoi nous isoler des touristes et heureusement parce que je n'avais pas imaginé que cette montagne soit aussi transformée en gouffre à devises étrangères mais ça c'est une autre histoire. Au moins, nous sommes sur le parcours MACHAME et non pas la voie MARANGU alias la Coca Cola Road, rien que le nom me rend dingue ... On trouve une fois encore un endroit super pour dormir et des porteurs très sympas nous apportent le thé, l'Afrique peut te surprendre à chaque instant...


JOUR 4 : ( 3950 m / 4600 m)

Dernière étape avant le départ pour le sommet, la journée la plus difficile depuis le début. On monte en puissance et ça grimpe de plus en plus, il faut tourner à l'aspirine car les maux de têtes sont redondants et très éprouvants. Nous sommes juste en dessous du sommet, on se couche en l'admirant mais en pensant sérieusement au réveil suivant. Celui-ci se fera a 00h30 pour un départ a 1h, ce sera donc une ascension de nuit, tout comme le Cotopaxi il y a 6 ans, j'ai l'impression que c'était hier. Nous avons 5895 mètres devant nous, nous sommes à 4600 mètres, cela nous laisse 1300 mètres de dénivelés positifs, ça va pas être de la tarte !!!




JOUR 5 :

On se lève, rien dans le ventre, pas très malin ... On démarre doucement dans le noir. Notre guide n'a plus de lumière alors je lui prête ma frontale et on avance. Pas vraiment froid mais faut pas être trop lent sinon tu refroidis très vite. Kris a un peu de mal puis de plus en plus, il a besoin de pause régulièrement, l'altitude fait son effet et les forces s'amaincissent. Perte d'équilibre, manque d'air, ça devient très compliqué et il décide de ne pas continuer. Kris redescend alors avec le guide et me voilà parti à l'assaut du Kilimanjaro pas vraiment tout seul parce qu'il y a d'autres grimpeurs où plutôt d'autres loupiottes qui se balladent mais je sens que je vais me le faire en solo.

J'attrape un premier groupe, trop lent, faut que j'avance plus vite. Je perds parfois le chemin alors il me faut passer à travers les pierres. Quelques instants de panique quand je n'apperçois plus aucune lumière, je retire ma capuche et mon bonnet et je me mets a accélérer jusqu'aux prochaines lumières visibles, le rythme cardiaque s'emballe et la respiration se fait difficile dans ces situations-là. Je passe plusieurs groupes de marcheurs et il faut affronter la poussière qui se soulève de leurs pas et comme vous avez la bouche grande ouverte à la rechercher d'oxygène disponible, ce n'est pas très agréable. C'est d'abord une sensation de froid sur le bout des doigts puis les pieds puis inversement, c'est horrible et douloureux.

Il est 4h30 et je prends une petite pause, on m'apprend qu'il reste 2 heures de marche. Là je ne sais pas comment mais j'accuse la fatigue et je dois absolument m'asseoir. Je suis dos à un rocher et je commence à trembler. Mais comment avancer encore deux heures alors que je suis au bout de mes forces ??? Les questions fusent et je ne sais pas du tout comment cette histoire va finir. Je commence un peu à stresser quand même, je suis seul et je ne sais pas si je serai assez résistant pour finir cette ascension.
Tout d'un coup, j'ai un flash: Les couvertures de survie (merci mon oncle Franckie) alors j'en sors une et je me roule dedans durant un quart d'heure, je rentre la tête le plus possible entre mes épaules et voici venu le moment de prendre une décision, si je me réchauffe suffisamment, je repars pour en finir à 5895 metres d'altitude, si je ne me remotive pas en très peu de temps, je devrais faire demi tour...



Le kilimanjaro est à l'image de notre projet, aller jusqu'au bout de nos ressources pour y arriver... C'est la force morale qui prend le dessus et me voilà reparti...
Je pleure, je ris, je hurle intérieurement, j'explose de nervosité, ce ne sont pas mes jambes qui avancent mais mon cerveau qui enchaine les pensées en tout genre et qui fait que l'effort ne se fait plus sentir. Les idées fusent, je suis enragé et je ne vois pas pourquoi je n'y parviendrai pas alors que d'autres le peuvent.
Manque de préparation physique, peut-être pas le matériel le plus adéquat ... des excuses... j'irai en haut non pas sans douleur mais ce sera forcément un bon souvenir et aujourd'hui ça l'est... un moment inoubliable... Etre allé au bout de moi-même et avoir découvert des limites physiques encore inexplorées est une sensation unique au monde.

D'un coup, l'horizon rougit, ce sont les derniers mètres, il faut arriver en haut pour voir le soleil sortir comme un boulet de canon. J'accélère sur les derniers mètres, je vois un rocher, je fonce, je pose tout ce que j'ai sur le dos, je tremble mais je ne m'en rends pas compte et là enfin, la récompense, le soleil sur le toit de l'Afrique, un spectale n'ayant pas de prix et que les rumeurs disparaissent dans la seconde, le Kilimanjaro est bel et bien recouvert de neige et de glaciers. Toute cette masse blanche diminue certes mais il y en a encore un paquet.
Ne pas se rassurer trop vite, les dérèglements climatiques sont bien réels mais il ne faut pas raconter n'importe quoi et tout simplement aller voir de ses propres yeux ...

Quelle sensation... il faut encore grimper une bonne heure pour atteindre le pic UHURU à 5895 mètres d'où on voit le cratère mais qu'on ne peut pas approcher de trop près malheureusement. Il y a une superbe mer de nuages sur la droite, des glaciers font leur apparition de partout, c'est incroyable. Je n'en crois pas mes yeux, je pleure encore une fois, un rêve de plus vient de s'incrire sur ma liste d'objectifs réalisés, je me sens bien...

J'ai ma boussole porte-bonheur merci à Pat, Arno, Jibe et Repie. Je pense à mes accompagnateurs de treck en Amérique Latine (Jerem, Jibe, Fred, Dan et Jess). J'ai une forte pensée pour eux avec qui j'ai vécu ce genre de sensation alors messieurs, faudra absolument envisager cette ascension une fois dans votre vie, je vous recommande la meilleure préparation et une belle force de caractère et comme dit si bien Jerem : '' Allons voir ce qu'il y a de l'autre côté de la montagne... ''



Le temps de faire une photo avec un petit papier où il est inscrit : '' le 22/02/07, 5895 mètres, Kilimanjaro, POUR LOUISE '' En effet, ma nièce aura 3 ans le 26 février, bon anniversaire mon coeur, j'irai jusqu'au bout du monde pour tes yeux bleus ...




La descente est dure, je suis extenué et j'apprends à mon arrivée au camp qu'il y a 4 heures de plus pour rejoindre le camp où nous passerons la dernière nuit. Heureusement, je retrouve Kris en milieu de chemin qui va beaucoup mieux. Il a eu le bon reflexe en faisant demi-tour parce que nous n'avions même pas fait un quart du chemin et il aurait été très dangeureux de vouloir s'obstiner. Je lui dédicace ce sommet et suis très heureux d'avoir partagé cette expérience avec lui, merci encore mon pote et ne te fais pas de souci, le Kili est sur ta route quoiqu'il arrive ...



Le Kilimanjaro ou la raison d'être de notre projet : '' Repousser les limites, aller plus loin, plus haut en partageant nos émotions ''