Action 8 : Le CRIEN à CUZCO

Pour cette action, nous avons utiliser 300 dollars US pour acheter 20 litres d'huile, 100 Kilos de riz, 15 Kilos de maizena et 20 kilos de beurre. Ce sont les aliments qui sont consommés en très grande quantité par le CRIEN. Ils font également le marché tous les 3 jours pour les fruits et légumes mais changent souvent de vendeur donc il n'était pas possible d'intervenir sur ces produits là. Nous avons donc augmenté les quantités sur d'autres achats en prenant soin de toujours avoir une grosse marge au regard des dates de péremption.

C'est encore une fois grâce au soutien de beaucoup de nos proches que cette action fût réalisable alors un grand bravo à tous ceux qui soutiennent le projet et qui continuent de lire ce qui se passent lorsque l'un d'entre nous décide de partir vivre son aventure.

Vous pouvez consulter vous même le site du l'association : " les enfants de CUSCO " sur www.enfantsdecusco.ch Leur écrire : Enfants de Cusco p.a. Margeurite Bessard / 21 avenue Riant-Mont / CH-1004 Lausanne / SUISSE Les appeler : +41 (0) 21 312 90 31 Leur faire parvenir vos dons : CCP 10-16468-4

Merci à tous

 

Action 8 : Le CRIEN à CUZCO

Une fois encore, c'est en rencontrant d'autres voyageurs en l'occurence des voyageuses qui au Pérou depuis un moment, étaient venus apporter leur aide à un projet humanitaire qui visait à améliorer les conditions de nutrition des enfants de Cuzco. Eva et Agnès m'ont donc présenter le CRIEN : Centre de Réhabilitation et d'Education Nutritionnelle. C'est une suisse, Mme Marguerite Bessard qui aura démarré cette action vers la fin des 70'. Lorsqu'en 1992, l'association a ressenti le besoin de créer son propre projet et de ne plus parrainer plusieurs établissements car le contrôle des dons était devenus difficile à gérer, toute une structure vit le jour et encore aujourd'hui, elle existe et souhaite se développer.

Son objectif est de soigner les enfants âgés de 0 à 6 ans souffrant de dénutrition au travers d'une organisation péruvienne non gouvernementale qui reçoit chaque jour des dizaines d'enfants. Ils viennent avec leurs mamans qui s'investissent dans le traitement de leurs petits et aprennent des choses essentielles pour le bien être de la famille. Cette structure peut acceuillir 25 enfants qui doivent venir chaque jour de 8h à 16h durant le temps nécessaire à leur traitement (entre 3 et 6 mois). Environ 100 enfants sont soignés chaque année au CRIEN. L'ensemble du personnel est péruvien et se compose de 5 personnes à temps plein, de 6 personnes à temps partiel (physiothérapeute, psychologue, dentiste, nutritionniste, laborantine) et aussi de plusieurs bénévoles.

L'etat de dénutrition apparaît chez des personnes dont le régime est carencé en calorie et en protéines. Les causes peuvent être : certaines maladies de malabsorption, un apport alimentaire insuffisant, une période d'allaitement trop longue, de fortes fortes maladies qui peuvent faire perdre énormément de poids. Les conséquences sont très souvent dramatiques : une mortalité infantile importante, des troubles du développement psychomoteur, des infections et parasitoses qui viennent s'ajouter à un affaiblissement déjà important.

La réalité péruvienne est telle qu'aujourd'hui : 43 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de dénutrition, il faudrait donc de nombreux CRIEN à travers ce grand pays étiré sur plus de 2 000 kilomètres entre le Nord et le Sud. J'ai pu voir avec Luz, la directrice de ce centre, des photos des enfants aui étaient passés entre les murs dud CRIEN et les albums version " Avant - Après " m'ont particulièrement touché car bon nombre des enfants n'avaient presque plus que leur squelette toujours accompagné d'un léger sourire.

Aggrandir la maison de Cuzco qui comporte aujourd'hui 12 pièces, ouvrir un second centre, s'équiuper de plus de matériel médica, améliorer encore les plats proposés aux enfants et aux mamans ... Les idées ne manquent pas, les moyens non plus mais il en faudra toujours plus car il y aura encore des enfants qui arriveront jusque le CRIEN directement depuis les hopitaux qui auront détécté une dénutrition chez l'enfant.

Les enfants et leurs mamans bénéficient de 3 repas par jour puisque tous les jours, les mamans repartent avec une portion de ce qui a été préparé pour le souper. Il y aussi des consultations médicales et des soins dentaires gratuits. Elles peuvent également s'initier à divers travaux manuels pour améliorer leur situation familiale et socio-économique.

Je recopie volontairement le texte qui présente la petite " Nieves " une petite fille qui explique ce qui se passe au CRIEN :

" Je reçois 3 bons repas sains et équilibrés. Une infirmière contrôle tous les jours mon poids et m soigne. Un médecin suit régulièrement les progrès de ma santé. Avec la physiothérapeute, je fais des exercices très amusants qui fortifient ma musculature et m'aident à marcher.

Avec les stagiaires, j'apprends à parler, à dessiner et à jouer. Maman apprend à me soigner, à confectionner des repas bien dosés, simples et bon marché. Dans l'atelier, elle peut apprendre ou se perfectionner en couture, tricot, tissage et autres travaux manuels.

... Et surtout, je ne suis pas seule, je peux m'amuser avec tous les autres copains ".

 

" Les Mentawai et l'îe de Siberut "

Avec Gaëtan et Yoan que j'ai eu la chance de suivre jusque Sumatra, nous avons passé sur la petite île des indiens Mentawai une semaine qui mérite tout à fait un article à part entière. Ce n'était ni une ascenson à plus de 5 000 mètres d'altitude ni la découverte des merveilles qui vivent au dessous de cette ligne que nous appelons surface de l'eau. C'était en revanche une expérience humaine extraordinaire à laquelle je n'était pas préparé.

Il ne faut pas rêver, nous avons à peine carresser le mode de vie de la population Mentawai mais pour des touristes, il me semble que nous avons vécu quelquechose de particulier, peut être tout simplement parce que nous avons souhaité que ce soit ainsi.

Après plusieurs heures de pirogue le premier jour, nous sommes arrivés dans une première maison où une femme aux dents taillées en pointes nous a acceuilli d'un magnifique sourire. Elle nous a montré comment se préparait le " Sagu " qui n'est rien de moins que la base de l'alimentation des Mentawai. Il s'agit de presser mélanger, faire sécher, raper puis cuir dans des feuilles de bananiers un genre de poudre blanche que l'on obtient grâce à un arbre dont tous les habitants rafolent. Puis petit à petit, nous rencontrons les familles qui vivent là mais c'est un seul personnage qui m'aura fait l'effet d'un électrochoc. Il s'agit du plus agé des hommes qui nous entourent. J'ai peur d'avoir mal compris mais il est selon moi le chef de 100 familles. Son visage évoque la sagesse, ses yeux vous transpercent et vous saisissez immédiatement qu'il est celui que l'on écoute lorsqu'il donne son opinion ou exprime un avis. Les Mentawai se parlent pour régler leus affaires, ils ne souhaitent jamais le conflit et tenteront toujours de trouver une issue à chaque problème en réflechissant ensemble à la meilleur solution pour tous.

Les tremblements de terre ont frappé peu avant notre arrivée sur l'île et pour notre première nuit sur Siberut, c'est lorsque je me suis discrètement écarté de la cabane pour satisfaire un besoin naturel que la terre trembla légèrement : me voilà averti !!! Les hommes discutent de ces tremblements car c'est de très loin ce qu'ils craignent le plus. Depuis le Tsunami qui a frappé très fort le nord de l'île de Sumara, les Mentawai sont continuellement sur le qui vive car les maisons s'éffondrent lorsque les secoussent se font trop fréquentes.

Cest Aman Antik avec qui nous échangeons le plus car il manoeuvre légèrement l'anglais et reste avec nous lorsque nous nous déplaçons entre les différents groupes de maisons éparpillés sur l'île. Nous marchons dans tous les genres de boue, toutes les coleurs, toutes les extures. Ce ne sont pas de longues marches mais il fait une chaleur pésante et nous dégoulinons litéralement, il n'est pas toujours évident de garder les pieds au sec et il me semble que notre guide " Molly " commet quelques erreurs quant aux temps et aux distances qu'il annonce. Cependant, il est et c'est indéniable un habitué de Siberut, quelqu'un de respecté par les habitants, il vient même sans touristes juste pour se relaxer, il change régulièrement ses itinéraires sur l'île pour apporter de la nourriture et des cigarettes à des familles différentes, il parle très correctement le Mentawai, il se plonge dans leurs traditions depuis de longues années, son comportement très attentionné avec les étrangers ... Tout cela fait de lui un incontournable de l'expérience Siberut et je suis très heureux de l'avoir écouté lui.

Nous vivons chaque jour des moments très importants et je me rappelle tout particulièrement de tous ces enfants qui veulent jouer le sourire jusqu'aux oreilles, ils veulent échanger avec nous. Nous essayons de prononcer quelques mots de leur langage qui ne ressemble à aucun autre. Nous découvrons au milieu de la fôret des traditions, des façons de faire et un rythme de vie surprenant parce que tout est si différent de ce que nous connaissons comme notre quotidien et même en ayant déjà visité diverses parties du mnde, c'est une découverte de tous les instants, une émotion omniprésente que de voyager quelques jours auprès des indiens Mentawai.

Yoan qui a eu l'occasion de rencontrer les communautés aborigènes en Australie est devenu un grand amateur de ce fameux instrument qu'est le " Didjeridoo ". Avec Gaëtan, ils décident donc de fabriquer un exemplaire unique version Mentawai à partir d'un morceau de bamboo. Les enfants rient car le son de cet instrument est hors de commun dirais-je. J'ai trouvé l'idée géniale, laisser aux enfants un instrument qu'ils pourront utiliser et apprendre à maîtriser, bravo messieurs !!!

Regarder, toucher, sentir, écouter ... J'ai l'impression que tous nos sens auront été sollicités sans que nous n'ayons jamais l'impression d'être dans un cirque pour touriste. Evidément que notre présence change un peu la donne, ça apporte un peu plus d'animation mais il me semble que nous aurons été tous les 3 suffisamment ouvert d'esprit pour que ça ne ressemble pas trop à un collier d'activités touristiques faites pour distraire les occidentaux qui cherchent un peu d'aventure.

Une chutte d'eau magnifique, un lieu parfait pour une demande en mariage (dedicasse à Anaîs et Jérem), encaissée dans les pierres d'un fôret que parfois nous regardons du haut d'une colline qu'il nous faut franchir pur continuer notre chemin, cette même fôret dont soudain nous sortons pour s'approcher d'un terrain dégagé et proche d'un cours d'eau où vivent ces gens qui ne savent pas quel âge ils ont parce qu'ils ne savent pas quand ils sont nés et que pour eux, un calendrier n'a aucun sens.

Les femmes du village nous emménent à la pêche, nous remontons lentement une rivière et les observons s'enfoncer dans l'eau jusqu'au cou, la tête recouverte par les feuillages qui s'allongent sur une eau claire et pleine de bonnes choses à manger. Comment oublier le regard de cette femme qui vous hypnotise lorsqu'elle s'approche de vous pour partager une crevette qu'elle vient d'attrapper et dont elle avance la moitié tout juste arrachée d'un coup de dent à quelques centimères de votre bouche en murmurant un très séduisant Hummmmmmmmmmmmmm ... Impossible de résister. Puis vient le petit crabe dont il faut aspirer l'intérieur et ensuite la grenouille à qui elle fabrique un collier avec une tige de je ne sais quoi. Ni vu ni connu, vous voilà avec mamy Mentawai qui vous sourit la cigarette au coin de la bouche le tout entrain de ballader une grenouille en laisse. Des moments authentiques, des moments marqués d'une simplicité qui sait vous émouvoir. Nous sommes tous pareils et avons beaucoup à échanger, le mode de communication importe peu car le résultat ne dépend que de notre envie de s'enrichir les uns les autres à travers quelques instants partagés avec humilité et sincérité.

Je suis curieux de revoir les images de ces enfants qui chantent pour le plaisir de nos oreilles impatientes mais aussi pour les quelques bonbons que Molly avait prévu pour eux. J'espère avoir réussi quelques beaux clichets de ce séjour inoubliable et voudrais tellement me rappeller de tout mais à force de voyage, on range ses plus belles merveilles dans les tiroirs de nos mémoires et souvent, ça se mélange tout ça !!!

Ce qui est certain, c'est que des visages mais aussi des moments resteront gravés à jamais. La maison écroulée d'un couple agé, malade et sans enfant, un couple qui ne peut compter que sur l'aide des locaux qui passeront par là. Le souvenir triste d'une réalité que vivent les Mentawai et qui aide à comprendre pourquoi ces gens cultivent chaque jour un peu plus le concept de la solidarité. Ces petites mouches qui vous dévorent lorsque le soleil se retire. Le bruit des insectes qui s'amplifie au fur et à mesure que la nuit s'impose. La décision de se faire tatouer l'un des symboles Mentawai à savoir " la lune " et ce de la façon la plus archaîque qui soit. Il s'agit d'un mélange entre cette croûte noirâtre qui durcit sur les bords du chaudron avec de l'eau de canne à sucre. C'est dans cette mixture que l'auteur de nos tatouages aura trempé son épingle à nourrice qui elle même était fixée à ue baguette de bois qu'il faut tapoter légèrement pour petit à petit impregner la peau de cette nouvelle forme d'encre.

Un souvenir pour la vie parce que je veux me souvenir au mons toute une vie de ce qui sest passé là bas, sur l'île de Siberut avec les indiens Mentawai que j'aurai eu l'honneur de saluer.

Les précisins de Gaëtan ainsi que les recommandations de Yoann ayant clairement signalé que ce article manquait d'informations directement liées aux indiens Mentawai eux mêmes, je le remercie pour m'avoir incité à faire focntionner ma mémoire ainsi qu'à faire quelques recherches.

Ces indiens que l'on appelle également " Homme Fleur " en raioson des parures qu'ils aiment à porter subissent depuis les années 50' et le règne du président indonésien Soeharto un processus de modernisation (accompagné de nombreuses violences) à travers lequel on veut les sortir de leur habitat naturel, modifier leurs traditions du tout au tout et réduire leur culture à neant. Ils vivent en pleine harmonie avec sa nature et on essaye encore de les regrouper dans des villages construits par le gouvernement pour inciter les jeunes à se tourner vers autres chose que leur mode de vie ancesrtal jugé " dépassé ". C'est scandaleux et il faut espèrer que petit à petit, on prendra conscience qu'il faut protéger ces gens et leur culture qui aura déjà vécu dangereusement jusqu'au point de presque disparaître.

Le lien hierarchique est très fort chez les Mentawai. Evidément la position de Shaman signifie énormément puisqu'elle est signe de sagesse et de connaissance. L'ancienneté est également très importante par rapport aux prises de décisions et aux responsabilités qu'il faut assumer dans le village et cela sans disctinction de sexe, une femme agée sera très respectée pour son savoir.

Il faut étudier 5 années pour devenir Shaman et l'épouse d'un Shaman devra elle aussi devenir Shaman. Le " Medicine Man " comme on l'appelle sait combien de feuilles de telle ou telle espèce il faut ajouter pour une certaine préparation, il connaît les chansons rituelles, il peut soigner de très nombreuses maladies, ses cheveux sont longs, il sait fabriquer canoe - maison traditionnelle - instrument de chase, il sait tatouer et en ce qui le concerne, ses propres tatouages sont signe d'une certaine fierté alors sont corps tout entier en est recouvert ...

La croyance est elle aussi très forte chez les mentawai, leur dieu " Sabulungan " est représenté dans toutes les maisons que l'on appelle " Uma " et qui se situent souvent à un endroit très en vue. Maisons totalement ouvertes où on entre puis on sort, pas vraiment de fenêtre ni de porte, les cochons qui vivent en dessous de ces maisons surélevées et entièrement construite de bois.

Lorsque les Mentawai se marient, c'est la famille de la mariée qui offre de nombreuses choses à la famille du marié puisque c'est elle qui ira vivre chez son futur époux. Mêmes mariés, les Mentawai ne dorment pas ensemble et lorsqu'il s'agit d'aggrandir la famille, un endroit prévu à cet effet qui nous a été présenté comme la " Chicken House " est utilisé mais en aucun cas, les Mentawai de sexes opposés ne peuvent passer la nuit ensemble. La donation faite à la famille du marié est la suivante : 10 cochons, 10 cocotiers, 1 arbre à Durian, 10 arbres à Sagu, 2 moustiquaires, 3 machettes, 3 haches, 3 woaks, 10 poulets et 3 chaudrons.

C'est toute une cultutre et surtout beaucoup de coutumes qui nous surprennent chaque jour. Nous aurons appris à préparer ce que les hommes utilisent comme sous vêtement et qui vient en fait de l'écorce d'un arbre qu'il faut savoir délicatement retirer du tronc avant de venir la frapper d'un morceau de boir au bord de le rivière. De nouvelles saveurs, une profonde et infinie découverte, des moments très émouvants ...

L'histoire de notre passage sur l'île de Siberut ...

 

La Nouvelle Zélande : 387 KM à pied, ça use les souliers !!!

Même si les chaussures de randonnée n'aurnot pas rendu l'âme en terres Néo-Zélandaises, elles ont eu du fil à retordre durant les quelques trecks que j'ai eu la chance de faire dans la région des Fiordlands, sur l'île du sud. Sur 61 jours de voyage à travers ce merveilleux pays, 44 auront été placés sous le signe du sac à dos et croyez moi, si j'avais pu faire plus, ça aurait été sans hésitation.

Arrivé tout droit de Jakarta après avoir annulé le séjour prévu en Australie, je ne voulais entendre parler que de montagne, de neige, de distance de marche et de nourriture lyophilisée. Je n'étais là que pour ça en me demandant par où commencer mais envieux de m'y mettre dès que possible. Le bouquin adequat en poche " Tramping in New Zealand ", il faut décider quel sera le premier parcours. Le problème fût relativement simple puisque j'ai opté pour le treck le plus long : 10 jours de rando pour 123 KM sur l'île Stewart.

48h à Wellington pour me rendre compte que le pays se situe dans l'hmisphère sud certes mais ne connaissait aucunement les soucis du sous développement. C'est quelquechose qui change la vie puisque cela fait 9 mois que j'évolue dans un autre monde, une autre réalité. Je prend le bateau pour me rendre sur l'île du sud et c'est en bus que je rejoins Invercargill, dernière ville avant de reprendre un autre bateau et rejoindre l'île Stewart. Quelques préparatifs et autres accessoires qu'il me fallait acheter et nous voilà bloqués par des vents de 130 KM/h dans le port de Bluff ce qui empêche tout bateau de traverser. Ca commence très fort !!! Enfin sur l'île, je rencontre Rob, Mike et Ai qui envisagent comme moi le circuit nord de 10 jours. On nous annonce des effondrements de terrain qui rendent impraticable la première partie du treck, des vents puissans et des pluies très fortes. On nous recommande la location d'un appareil qui permet d'être localisé par satéllite et pour fnir, on nous dit que depuis la dernière tempête nous serons les premiers à passer et que forcément, il y aura de nombreux arbres abbatus sur notre chemin. Un contexte pas vraiment rassurant mais nous sommes 4 et chacun a déjà fait beaucoup de marche.

Durant ces 10 jours de rando nous avons eu toutes les intempéries possibles mais je crois que le plus dure aura été la boue. Parfois jusqu'aux genoux et il vous faut continuer jusqu'au prochain refuge, plein les mains puisque vous vous appuyez au sol pour ne pas chuter, tout du moins pas totalement. Les bâtons seront devenus mes meilleurs amis et l'idée d'acheter des guêtres pour le prochain treck un rêve enchanté. Le plus souvent recouvert par la végétation qu'il nous faut traverser, nous avons rarement des points de vue sur la côte que nous suivons pourtant sur plus de 80 KM. Et oui, ce parcours se fait essentiellement à l'intérieur, à l'intérieur de la fôret, à l'intérieur de vore tête, à l'intérieur de votre sac de couchage... Les moments forts sont lorsque nous longeons les plages, dans les dunes ou sur les rochers, lorsque nous atteignons le sommet de l'île et que nous pouvons voir les sommets enneigés des Fiordlands, lorsque les uns après les autres nous avons la chance de voir chacun le fameux Kiwi, l'oiseau symbolique du pays et espèce andémique à la Nouvelle Zéalnde, lorsque nous cherchons les pingouins dans les grottes qui hornent une côte rocailleuse et glacée, lorsqu'il ne faut pas perdre son sang froid le 6ème jour à cause de la boue qui n'en finit plus et qui vous aspire sous le poids de votre sac devenu alors un ennemi indispensable.

Nous ferons également la connaissance des " Sun Fly ", des moucherons voraces qui resistent à tous les répulsifs et qui vos pincent jusqu'au sang. Il n'y a rien à faire à part prendre son mal en patience et se couvrir intégralement sinon elles vous rendront fou. Je revois Mike et ses jurons anglais " Bloody Hell " ou " Fucking Bastards " mais en souriant et d'une façon qui nous faisait rire nous aussi. J'ai eu l'occasion durant ces quelques jours de rencontrer des sacrés personnages, des gens que j'espère revoir et avec qui je garderai le contact aussi longtemps que possible. Ai qui emporte des oeufs frais en plein treck, Rob qui doit aller chercher des moules et manger des algues parce qu'il n'a pas prévu assez de nourriture, Mike alias " Mister Woodman " qui tous les jours se charge d'aller chercher du bois pour un bon feu qui servira à sécher les mêmes vêtements qui seront trempés chaque jour.

Il n'y a plus les insectes en tous genres qui me fascinaient en Asie, c'est au tour des grands espaces où personne ne vit et où le nature tout entière vous accueille de façon plus ou moins hostile. L'île Stewart n'aura pas été le meilleur parcours de ma vie mais pour une mise en jambe, c'était l'endroit idéal. Nous terminons avec un tchécoslovaque fort sympathique qui travaillait dans les vignes en Nouvelle Zélande et qui produisait lui même de la bière arômatisée à la canelle et aux clous de girofle. Avec Mike et Rob, nous décidons déjà que le Kepler Track sera le prochain itinéraire. Seulement 4 jours mais peut être le plus beau parcours que nous ayons fait ensemble. Il fallait remonter jusque la ville de Te Anau et son lac magnifique pour démarrer la marche. Cette fois ci, nous prenons du vin, quelques épices et une orange pour faire un bon vin chaud avant de manger.

Nous ne marchons que 2h le premier jour pour rejoindre un camping bien situé et le lendemain, il faudra monter jusque la Kepler Hut en laissant défiler derrière nous un mélange de pointes enneigées, de montagnes recouvertes de grands arbres forts et d'eaux noires immobiles. Je remarche dans la neige pour la premire fois depuis la Tanzanie et le Kilimanjaro. Quel bruit magnifique et quel soleil dont il faut se méfier puisqu'il frappe la neige et vient vous transpercer les yeux. Nous nous arrêtons avec Rob avant le refuge et nous nous préparons un thé accompagné de morceaux de chocolat. C'est en pleine montagne que l'on décide de prendre notre temps parce qu'il faudra essayer de ne jamais oublier ce moment délirant de sagesse, bruyant de silence. Installés et nourris, nous décidons de faire une première fois pour y voir le coucher de soleil et c'est reparti pour 2h de marche avec beaucoup moins de poids cette fois. Le vent se lève et nous observons les lumières s'affaisser sur l'horizon. Chacun s'applique à faire preuve d'un talent de photographe réservé à Mike sur ce coup là puisqu'il à déjà fait plusieurs stages photo et connaît parfaitement son appareil. Nous redescendons rapidement car il faudra démarrer tôt demain.

Certainement parmi les plus belles journées de marche de tout le séjour, je n'oublierai pas non plus cette courbe blanche de neige sur laquelle j'ai patiemment observé Mike et Rob dérouler d'une allure légère. L'image sera forcément splendide, les souvenirs les sont. Nous prenons notre temps, nous faisons une sieste au milieu de ces montagnes qui semblent vous proposer toutes les directions. L'envie de ne pas suivre le chemin tracé et de tracer celui de nos rêves car nous avons les tentes et de quoi manger plusieurs jours. Pourquoi ne pas aller n'importe où et puis on verra bien !!! Nous prenons le chemin prévu et redescendons une vallée entière en moins de 2h pour rejoindre un nouveau terrain de camping innondés de Sun Fly. Grand feu, Grand repas, Grand repos après de grandes et magiques aventures. Nous suivons pour l'avant dernier jour une rivière sur laquelle beaucoup d'oiseaux apparaissent, se font entendre, vous observent passer devant chez eux. Nous terminons au bord d'un lac dans une petite hutte charmante à laquelle je repense souvent et c'est l'échiquier en papier que nous utilisions avec Rob qui me revient à la mémoire et je me rappelle soudain que tout était si facile : marcher, regarder, jouer, manger, réver, se réveiller ...

Retour à Te Anau et nous rencontrons Miri, une espagnole plus agée que nous, parapentiste et garde forestier sur les îles Canaries dont elle est originaire, la terre des " Aplatanados " comme elle aime à le dire. Elle ne sait pas quelle marche elle s'apprête à suivre et nous avons déjà prévu un programme assez original. Ni une ni deux, elle nous suit dans notre plan sans poser de questions, nous démarrons le lendeman. Nous voilà partis our le " Cascade Saddle " que l'on combine avec le " Rees Dart " pour rallonger les temps de marches mais les neiges tombent encore et il nous est impossible de tenter l'asscension que nous avions imaginé. Il faudra démarrer d'ailleurs et on refait le planning, on ne finit pas tous au même endroit le premier jour. Mike se retrove seul dans un refuge plus avancé que celui jusque lequel nous sommes pavenus alors sans être sûre de notre coup, nous décidons avec Rob et Miri de se lever très tôt le lendemain et de le ratrraper. Après 4 bonnes heures de marche et une cadence d'enfer, je retrouve Mike vers 10h30 entrain de ranger le bois, fidèle à ses habitudes, il avait eu la même idée que nous et attendait notre arrivée. Ce sera une longue journée pour nous mais nous passerons dans la neige le " Rees Saddle " à une altitude de mètres vers 15h avant de redescendre vers une vallée qui vous invite à avancer vers les glaciers. Au refuge, on nous dit qu'il y avait trop de neige pour arriver de l'autre côté : aucune déception à avoir.

Le lendemain, nous remontons face au glacier qui a des allures de " Torres del Paine " célèbre site chilien connus des ferrus de randonnée. Toutes ces lignes taillées dans la glace qui prend des formes de lamelles appuyées les unes contre les autres. Au sommet, c'est l'autre côté qui nous fait rêver, encore cette envie de partir n'importe où. Nous avons la visite de plusieurs Kia, cet oiseau ressemblant étrangement à un perroquet et animé par une forte curiosité, il s'approchera de vous sans hésiter. Les images sont à l'appui !!! Sur le retour, nous discutons beaucoup avec Rob, il veut rentrer en Europe depuis la Chine par le train qui circule entre Pekin et Moscou. Nous sommes deux sur une étendue immense et encore une fois : Comment sommes nous arrivés jusque là ?

On reprend la marche le lendemain en suivant des plaines magnifiques, nous avons essayé de nous baigner dans la rivière mais la tentative n'aura pas durer bien longtemps. Ce même soir, je réussi à perdre aux echecs contre un hollandais à qui j'avais tout de même réussi à prendre la reine. Dernier jous rapide, nous récuperons le van de Rob et avançons jusque le prochain point de départ de rando car nous entamerons un nouveau circuit le lendemain : " le Routeburn ". Gâté par le soleil le premier jour pour monter jusque le dernier refuge avant le sommet, nous aurons moins de chance les 2 jours suivants pour cette rando qui doit être magnifique mais que malheureusement nous n'avons pas eu la chance d'apprécier à sa juste valeur puisque prit dans les brumes épaisses des Fiordlands. C'est le frère de Mike alias Kip qui nous récupère à la fin de cette rando et encore une fois, je tombe sur un sérieux client qui me parle du " Dusky Track ", le circuit le plus corriace de tout le pays, vous trouverez dans certains ouvrages des photos de randonneurs qui se sont vus obligés de traverser tout habillé des rivières en essayant de nager, leur sac à dos à bout de bras et les chaussures qui se remplissent d'une eau glacée qui ne prendra que quelques secondes pour s'infilter partout et au final, l'une des sensations les plus désagréabes qui soit. Nous partons avec 3 jours de nourriture supplémentaire chacun en cas d'intempérie, il y aura de toutes façons des parties que nous ne saurons passer si les pluies ne jouent pas en notre faveur.

Premier jour, on se fait déposer en bâteau avec une forte sensation de : "C'est le dernier moment pour faire demi tour ". Cette fois ci, on loue vraiment un ARVA qui nous permettra d'émettre un signal par satéllite si nous sommes totalement bloqués. C'est la neige qui s'invite à la fin du premier jour de marche, je me souviendrai longtemps de la tête de Kip s'exclamant : " What the F... , it's snowing. Nobody can tell us what will happen during the next 6 days ".

Ca a été dure, sous un ciel grisonnant, sur des ponts de singe pas très rassurants, avec beaucoup de poids, parfois l'impression de s'être perdu, un goût de défi à la fois mental et physique dans la bouche, heureux d'imaginer sur une mapemonde l'endroit où nous sommes entrain de nous ballader sans aucune préoccupation ... Cette dernière rando qui portera mon compteur à 387 KM de marche sur les sols Néo Zélandais. Le dusky Track aura lui aussi fait parti de la liste, pour courronner le tout et repartir sur 8 jours de sueur et autres poignée de raisins secs. Une nouvelle chute aurait du me coûter très cher mais je n'ai rien eu après avoir pourtant glissé sur une bonne vingtaine de mètres enneigés entre deux couloirs de rochers. On retourne sur Te Anau pour célebrer ça et se dire au revoir autour d'une bonne Tortilla dont Miri a le seret. Je me remet en route pour Wanaka avec le projet de sauter une deuxième fois en parachute avant de quitter ce pays où les sensations extrêmes sont monnaie courante. C'est après cette expérience vertigineuse que je rejoins Craig et Idoya sur Christchurch pour 2 jours de barbecue, bains dans les eaux termales, concert et ciné ...

Le temps sera passé rapidement en Nouvelle Zélande car 2 mois de marche ne m'auront permi au final de ne découvrir que quelques pourcents du pays mais comme je l'ai dit : " J'ai eu ce que je voulais et je reviendrai, pourquoi pas avec Romain pour notre premier voyage ensemble !!!

Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de me pencher sur la culture Maori et sur l'histoire de la Nouvelle Zélande mais je trouverai le temps. J'ai juste trouvé celui de me rendre compte que ce pays est en définitive une grande et très éloignée cour de récréation. Il y en a pour tout le monde, toutes les envies, tous les ages, toutes les humeurs ...

Just so Wicked

 

Action 7 : " Les enfants de Childlife ou Baan Nana dans le village de Mae Sai "


C'est durant mon passage sur l'ile de Bornéo que j'ai fait la connaissance de Chris et Monica qui voyageaient depuis quelques mois.
Ils avez passé une année en tant que volontaires auprès de Childlife dans le village de Mae Sai à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar.
L'échange de nos expériences dans les pays pauvres de l'hémisphère Sud a attiré ma curiosité envers ce qu'ils avaient vécu pour ensuite regarder de plus près ce projet magnifique et enfin participer un peu, trop peu !!!


Malheureusement, j'étais déjà bien au sud de l'Asie du Sud Est et en direction de la Nouvelle Zélande donc sans la possibilité de repasser en Thaïlande pour aller voir de mes yeux. Un autre pivert aura bien l'opportunité de se rendre la bas, n'est ce pas mesdames et messieurs les voyageurs ???
C'est grâce à Chris que entré en contact avec Angela et Jean René qui sont actuellement sur place. Plusieurs échanges via internet et quelques informations bancaires plus tard, nous avons décidé de soutenir ce projet et en voici l'article. Même dans des continents éloignés, les gens déterminés peuvent trouver différentes façons de s'entraider les uns les autres.


Childlife a vu le jour en 1999 grâce à un homme qui, au contact de nombreux enfants réduits à la mendicité dans les rues de Mae Sai en Thaïlande, a décidé qu'il était urgent d'agir.
L'année suivante, en aout 2000, l'orphelinat a ouvert ses portes.
La plupart des enfants qui vivent à Childlife, 140 enfants âgés de 4 à 18 ans, viennent des tribus du Nord du Myanmar (Akha, Lahu, Wa, Lisu ...) mais aussi d'autres tribus thaïlandaises.
Ces enfants, venus au monde au sein de minorités ethniques, ne sont pas officiellement reconnus, ils ne possèdent aucune identification, sont considérés comme illégaux et ne reçoivent donc aucun appui en terme éducatif, médical et social. Ce statut amène le plus souvent à des arrestations, détentions et autres déportations sans parler du fait que ces mêmes enfants sont séparés de leur famille et de leur communauté, donc de leurs cultures, de leurs racines. Ils n'ont pas de papiers Thaïlandais car ils sont Birmans mais ils n'ont pas non plus de papiers Birmans car pas les moyens de les payer.


Sans Childlife, ces enfants devraient affronter une vie dans la rue et par conséquent de très minces voir inexistantes possibilités d'avenir. Dans la rue, c'est l'industrie du sexe sans aucune limite d'âge, le travail forcé, le commerce de la drogue et le trafic d'enfants vers les grandes villes de Thaïlande qui prônent.
Mendier, rassembler des ordures pour gagner quelques sous, voler pour manger ... L'idée mais surtout l'objectif de Childlife est d'apporter à ces enfants un toit, des vêtements, 3 repas par jour et une éducation au travers de l'école locale avec qui l’orphelinat est en partenariat.

Pour cela, ils font face à de nombreux problèmes avec en premier lieu les moyens financiers qui doivent permettre de subvenir aux besoins des 140 enfants vivant sur place. Mais aussi de développer divers projets permettant d'améliorer les conditions de vie de l'orphelinat. Les protéger, leur apporter une hygiène minimum, il faut également résoudre le problème de l'eau du puit qui contaminée par les engrais chimiques utilisés par les agriculteurs dans leurs champs de riz. Il faut également développer le réseau électrique, faire face au manque de structure…


L'année prochaine, Childlife se déplacera de 4 kilomètres de l'endroit où il est aujourd'hui et ce, grâce a un riche donateur qui vient d'acheter un terrain qui sera a l'avenir offert a Child life.

Jean René et Angela m'ont fait parvenir plusieurs documents et notamment quelques récits de ce qu'avaient vécu certains enfants de Child life, l'histoire de leur vie en quelques sortes. A la lecture de ces lignes qui ne peuvent que vous alarmer, il nous parait important et urgent de participer à un tel défi et d'aider les volontaires qui sur place font un travail formidable pour permettre à ces 140 enfants, un peu plus chaque jour, de découvrir leurs mondes et réaliser leur rêves comme le font les autres enfants de la terre.


Vous pouvez et nous vous invitons très sérieusement à visiter le site : www.childlife-maesai.org et de les contacter sur l'email suivant : Childlifemaesai@gmail.com afin d'en savoir encore plus et de suivre ce qui se passe dans le village de Mae Sai où des enfants à qui il ne reste plus rien ont besoin de tout ...

 

" Hello Mister " du nord du Myanmar jusque l'Est de l'Indonésie ...

Voici les deux mots qui signifient que vous avez mis le pied en Asie du Sud Est. Je m'étais habitué au "Hey BOSS " africain mais il faut faire varier les plaisirs alors aussi bien les enfants, les femmes que quelques personnes âgées ne pourront résister à cette prise de contact immédiate. A préciser que lorsque l'on dépasse les 50 fois par jour, ce devient heu comment dirais-je : Répétitif!!!

C'est depuis la rue Jalan Jaksa en plein milieu de Jakara que se termine mon séjour dans cette région du monde où on passe aussi vite du Boudisme au culte Musulman, du peuple Batak aux Shamans de Siberut et de moins 40 mètres dans les eaux des îles Togean à plus 4 096 mètres dans les airs du Kinabalu.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la diversité offerte dans les quelques pays d'Asie que j'aurais eu la chance de visiter m'aura donné envie de revenir.
L'Indonésie est si grande, le Myanmar tellement isolé et la Thaïlande incessamment traversée par un tourisme massif qu'il peut être difficile de faire son choix entre la liste des incontournables et les itinéraires les plus périlleux.

Comment oublier la tente sur une plage comme protégée au beau milieu des Iles Perenthian, la cabane en bois de Nong Kiaw sur les bords de la rivière Nam, l'ascension nocturne sous les pluies fines du volcan Merapi de Sumatra et les ballades dans les rizières du Tonan Toraja en plein Sulawesi? Il existe dans ces régions un paradoxe entre une profonde difficulté aux arts de la communication et une immense disponibilité de tout ce dont vous avez besoin. C'est le continent de l'hémisphère Sud où l'on rencontre les meilleures conditions de voyage pour des prix défiants toute concurrence et où les traditions culinaires sont les plus délicieuses. On n’envisage peut être pas d'aller s'y installer pour plusieurs années mais on rallongerait volontiers son séjour de quelques mois.

En bas à droite d'une Asie à l’allure fragmentée, on voyage facilement et vous n'aurez aucun mal à passer en dessous puis au dessus de l'équateur de la façon qu'il vous plaira. Certaines traversées resteront les pires souvenirs de vos besoins de découverte car les 10 ou 15 heures de minibus sur des routes que nous croirions infranchissables se feront un malin plaisir de chatouiller votre interprétation personnelle du concept de patience mais si c'est le seul moyen et que les locaux utilisent durant une vie entière, vous pouvez bien vous y essayer au moins quelques centaines de kilomètres.

Je ne saurai décrire si je suis plus sensible aux visages et aux attitudes des plus jeunes ou des plus âgés.
Est-il nécessaire de comparer les yeux inquiets de cette jeune fille qui aura accepté de chanter quelques minutes sous l'œil de ma camera dans la ville de Berastagi, avec le regard expérimenté de cette vieille dame qui en plein village Mentawai m'aura invité à aspirer l'intérieur d'un crabe à peine sorti de l'eau ?

Il me semble que ces moments appartiennent à la même catégorie : inattendus, entiers, explosifs, tactiles et d'une spiritualité trop rare pour ne pas s'y plonger. Est-ce qu'on se prend alors pour l'aventurier des aventuriers ou le preneur d'image le plus créatif, je ne sais pas mais ce dont je suis convaincu, c'est que l'on s'imprègne facilement et profondément de ces quelques secondes de Bonheur. Nous voudrions que ces secondes se transforment en minutes puis en heures. La clé de ces instants magiques réside peut être dans le fait de savoir prendre et apprécier suffisamment son temps.

Au moment où j'écris cette conclusion sur la seconde partie de mon voyage, ceux sont les prières de la fin du Ramaddan qui assomment les buildings de Jakarta et je ne pouvais rêver meilleur contexte pour m'avancer doucement vers la Nouvelle Zélande. Projeté au centre d'une religion mal perçue et que chaque jour de nouvelles populations accusent, je me dis que le respect de l'autre ressemble fort à une solution qui ne pousserait plus personne vers les extrêmes, qui ne font que multiplier les blessés, les opprimés et les morts.
Loin d'être un grand spécialiste des questions parfois religieuses, parfois politiques mais souvent économiques (puisque la guerre rapporte tellement de pognon), je pense sincèrement qu'en voyageant dans ces mondes si différents, on est amené à se poser plus de questions et donc, a réfléchir un peu plus près des destinations où la misère et la pauvreté frappent le plus souvent et avec une rage dont nous ferions bien de nous inquiéter un peu plus.

" 6 Milliards de Piverts " repartira d'Asie pour l'année 2007 avec un certain apprentissage de la difficulté à trouver, comme en Afrique, des projets mènés par des locaux, des projets que nous nous voulons capables de soutenir plusieurs années afin que des résultats significatifs soient obtenus.
En parlant de résultats, je m'accuserai volontiers d'un léger manque de performance pour ces 5 derniers mois. En effet, à ce jour, il n'y aura eu que deux actions engagées par nos soins et notre idée doit encore faire ses preuves. Néanmoins, j'ai plusieurs contacts dans la poche qui peuvent se révéler très prometteurs. L'un d'entre eux est un projet qui touchent les enfants fuyant la Birmanie et qui se retrouvent en Thaïlande sans aucune identité. Ma motivation n'a pas chuté et même si du coté de la Nouvelle Zélande, l'association connaitra naturellement un passage à vide, je suis très confiant au regard de ce que nous pourrons entreprendre en Amérique Latine.

Une fois encore, appel à tous ceux qui entendent leurs amis, leurs collègues, leurs frères et sœurs parler un peu fort de leurs envies de voyage. Nous avons besoin de nouveaux piverts pour étendre la liste des projets que nous soutiendrons par tous les moyens que nous serons capables de rassembler. Commencer petit pour grandir plus sérieusement, voila une idée " qui va bien " comme dirait mes chers compatriotes de Gre !!!

Vous êtes nombreux a m'envoyer des messages, me tenir au courant de vos bonnes nouvelles (pas moins de 9 naissances depuis que j'ai quitté la France) et me faire parvenir des photos de ce qui se passe chez vous. Sachez que sur la longueur, c'est très important pour moi de ne pas perdre le contact avec ce qui me ramènera toujours chez moi : Vous : amis, famille et autres patrons de bistro.

Merci et que chacun d'entre vous puisse trouver les moyens de réaliser les rêves qui nous ont tous amenés à nous endormir avec un goût de " Demain, je me lance ...". Comme dirait un professeur argentin dont j'ai eu la chance de suivre les classes a l'Université de Valparaiso : Adelante !!!

Il est environ 5 heures du matin et les moustiques s'acharnent ...
 

Sumatra: Ca faisait tellement longtemps que j'attendais...


Pour retourner en Indonésie après un premier voyage avec Nana au tout début de ce millénaire, l'île de Sumatra et ses tremblements en tous genres était la destination que j'attendais, celle qui m'intriguais le plus.




L'indonésie avec plus de 17 000 îles dont 11 000 sont inhabitées, le tout étendu sur plus de 5 000 kilomètres en Asie et en Australie, ses 250 millions d'habitants dont 50% vivent sur l'île de Java, ses 130 volcans actifs. Même si elle a longtemps était un mélange de boudihsme et d'indouisme, elle est aujourd'hui la plus forte concentration musulmande au monde et recense également de nombreuses ethnies éparpillées dans toutes les îles de cet interminable pays.


L'occupation fut essentiellement hollandaise, l'indépendance est venue le 17 Aout 1945 puis ce fut une invasion japonaise et ensuite 30 années de dictature sous Soeharto. C'est aujourd'hui une démocratie dont on estime qu'elle fonctionne. On ne peut pas oublier pour autant le massacre organisé par l'armée indonésienne sur l'île du Timor qui est maintenant indépendante depuis 1999. On peut aussi mentionner le fait que chaque année, c'est un territoire égal à la superficie de la Suisse qui disparait en terme de forêt ce qui fait de l'Indonésie le taux de déforestation le plus élevé au monde.

La capitale du pays est Jakarta, on y utilise pour monnaie la roupille indonésienne et on y trouve la plus grosse fleur au monde et le plus gros lézard au monde mais tout cela dans des îles différentes.

Arrivé à Medan, tout est possible, chaque direction est envisageable car l'île est gigantesque, c'est tout simplement la 6ème plus grande île au monde !!!

Le meilleur moyen d'en profiter est peut-être de ne faire aucun plan et de laisser venir le programme jusqu'à moi. C'est ce que je fais en rencontrant Yoann qui après presque un an en Australie à bord d'une coccinelle décapotable se retrouve en Indonésie pour quelques semaines. Dans un Medan plein à craquer car nous sommes au tout début du Ramadhan, nous préparons doucement notre premire incursion dans la jungle du Gunung Leuser.



Pas question d'aller à la rencontre des Orang Utangs dans un endroit où ce sont plutot eux qui viennent vous voir, nous nous embarquons pour 5 jours de jungle en direction du village de Ketambe avec un guide que nous aurions mieux fait de ne jamais rencontrer. Notre aventure se sera mal finie avec lui mais on ne peut pas oublier que le séjour dans la jungle auront été parfaits.

Nous ne marchons que quelques heures par jour, quelques très jolies fleurs, plusieurs singes (dont le gibbon noir) mais trop rapides pour nous, une forêt immense dont les arbres atteignent des hauteurs extravagantes, les sangsues que nous ne pouvons pas éviter et qui font rougir nos chaussettes, nous voyons parfaitements les lits de branchages installés par les Orang Utangs qui dorment rarement deux nuits au même endroit mais il nous faudra encore patienter.

Toujours à proximité d'une source d'eau pour installer le campement, nous enchainons les endroits paradisiaques pour passer la nuit, nous achetons du poisson aux locaux qui passent nous voir, nous transpirons tellement et si vite que chaque baignade devient presque la meilleure sensation de la journée. Nous sommes déjà au 4ème jour et toujours pas un Orang Utang.

L'oncle de notre quide que nous avons vite surnommé " Tonton " montre à Yoann une fleur et c'est parti pour une séance de photos assis dans les feuillages. Je les regarde sans vraiment les regarder et puis soudainement, le yeux de Tonton s'illuminent, il fonce vers moi, m'agrippe l'épaule, me bouscule dans tous les sens. Après 4 jours de marche, je ne l'avais jamais vu avec des yeux si explosifs, il s'agissait JUSTE d'un Orang Utang mâle d'environ 70 kilos qui passait d'un arbre à l'autre suffisamment près de nous pour que nous oublions tout le reste, qu'il n'y ait plus que lui et nous.



Entièrement paralysé par ce spectacle, je n'aurais fait aucune photo et n'aurait réussi qu'à capturer 8 secondes de ces instants merveilleux avec le camescope. Parfois, c'est la mémoire le meilleur des negatifs !!!

Il s'est tranquillement installé dans un arbre pendant plusieurs minutes comme si nous ne dérangions en rien son programme de la journée et nous a offert le luxe de l'observer en pleine jungle avant de partir plus haut rechercher un endoit pour passer la nuit à l'abri des regards indiscrets. Nos efforts furent récompensés et plusieurs semaines après cet évènement, je m'endors encore en pensant à la chance que j'ai eu de vivre cela.

C'est à Berastagi, au pied du volcan que nous devions grimper que notre guide a disparu avec mes chaussures, ma veste et quelques autres affaires appartenant à Yoann. Nous sommes repartis à Medan pour mettre la main sur lui et l'hôtel qui nous l'avait recommandé. Mauvaise note pour Mougli et l'hotel Zakia !!!

Nos malheurs seront récompensés par un cours d'anglais avec de jeunes collégiens de Berastagi dont une jeune fille à la voix intimidante aura accepté de chanter quelques instants pour nous. Puis un apéro à rallonges avec des vendeurs de choux fleur qui apparemment menaient très bien leurs affaires.

Direction le lac Toba pour 4 jours de relaxation intense, peut-être trop intense, dans une maison Batak dont la mezzanine, où je me suis installé évidemment, ouvrait ses fenêtres sur un bruit de courant d'air qui raffle l'eau à intervalles reguliers qui vous berce pour vous endormir et vous réendormir au cas ou des rêves agités venaient à troubler votre sommeil.
Ces petits endroits de paradis ne coutent pas grand chose à part du temps. J'y reviendrai c'est certain mais dans d'autres circonstances ???



Etant donné que c'est la 3ème fois que nous croisons Gaétan en moins de 15 jours, le voyage continue avec lui en direction de Bukitingi.
Il nous parle de l'île de Siberut et des Mentawai.
Nous rencontrons Mouli et nous voilà tous les 3 en route pour une semaine complète vers cette île dont nous nous souviendrons longtemps. Je voudrais écrire un article uniquement sur ce que nous avons vécu là-bas alors je vais donner un rapide aperçu de cette experience.

Marcher dans la jungle, lutter contre la boue (Siberut signifie: " l'île boueuse " en language Mentawai), apprendre quelques mots qui font rire les gens qui nous accueillent chez eux, fumer beaucoup trop de cigarettes, se baigner dans une rivière splendide, écouter les explications de Mouli sur les traditions Mentawai, saluer les gens qui viennent et repartent dans toutes les directions, observer les tatouages que les Mentawai adorent et dont ils se recouvrent le corps, sentir que nous sommes ailleurs, vouloir y rester plus longtemps que prévu, ramener un souvenir de cet endroit magique où nous avons senti, gouté, touché, parlé, regardé et aimé ... Tout un programme que je souhaite profondement détailler dans un article que j'écrirai très bientôt...


Retour à Bukitingi pour se lancer à l'assaut du volcan Merapi. Première tentative avec Mouli mais le temps grisonnant nous force à faire demi tour alors c'est de nuit que nous irons jusqu'au sommet.

Nous réveillons vers minuit les rangers que nous avions rencontré le matin et nous voilà parti sous une pluie fine pour un sommet qui culmine à presque 2000 mètres. Quelques sangues (Gaetan les adore et elles le lui rendent bien), quelques glissades, quelques points de vue sur un Bukitingi tout en lumière, quelques coups de Blues car le froid, la fatigue et la faim prennent parfois le dessus dans ce genre de marche.

Après quelque heures de tout cela, nous sortons enfin de la forêt, il reste encore un chemin rocailleux pour arriver en haut et déjà les premières lumières viennent remonter notre moral. Quel spectacle que de regarder le soleil se lever au dessus d'une mer de nuages que nous regardons d'en haut et au travers des fumées de souffre qui jaillissent tout autour de nous.
Les ombres des sommets parmi lesquels nous sommes quelques instants déroulent sur des paysages que nous regardons s'éclaircir et comme il n'y a pas de plus belle lumière que la première de la journée, on se sent privilegié de pouvoir une fois encore vivre cette nature de la plus belle manière qui soit. Descente très éprouvante et retour a Bukitingi sur les rotules.


Gaetant nous quitte, il doit repartir en France aider les gens à trouver du boulot. Merci Gaetan d'avoir accepté de ramener tout mon bordel en France, rendez vous au pied de la tour Eiffel en slip Mentawai !!!

Une journée de plus à Bukitingi puis départ pour 2 jours vers le lac Maninjau où il aura beaucoup plu mais chez Lili's, nous aurons eu tout le temps et la tranquilité nécessaire pour ne penser à rien, apprécier la bière et en ce qui me concerne découvrir les finesses du jeu d'échec. " Attention Yoann, je vais te mettre Echec en 3 coups !!! "

On passe notre dernière nuit à Padang et au petit matin, direction Kuala Lumpur puis Bangkok pour Monsieur Letourneur et Jakarta puis Welington pour Victor.

Deux jours à Jakarta, il aura fallu trouver de quoi s'occuper mais ça aura été utile pour écrire, reprogrammer légèrement les prochaine étapes de ce tour du monde, se rappeler à quel point Jakarta n'est pas accueillant et réflechir sur ce qui venait de se passer pendant ces 5 derniers mois.



Arrivé à Bangkok le 20 Mai, reparti de jakarta le 17 octobre, la partie asiatique de ce voyage aura totalement modifiée ce que j'avais pensé comme joué d'avance ...


Dedicaces :


Joe et Celine : les amigos deuch'nor même si la moitié du couple est originaire de la région de la porcelaine. C'est toujours un grand plaisir de les avoir parce qu'on sait que c'est " tranquille la vie, quand est ce qu'on se fait une bouffe ??? " avec ces deux loulous. Un gros bekot à tous les deux et à très vite.

Mitch : He mister Michouille, c'est quand qu'on se fait le troisième étage d'un certain chevalement? J'espère que tu es en train de préparer une rallonge élastique pour les quelques mètres de cordes depuis lesquels on prend tant de plaisir à s'envoyer en l'air. Un gros bisou a toi et Nat mon pote. Vivement la prochaine braderie de Lille que je puisse te faire la bise sans m'en rappeler !!!

Babao : Allo l'ami, merci pour le transport de mes souvenirs Tanzaniens jusqu'à bon port. C'est évidement toujours une grande rigolade que d'être en ta compagnie, genre les choux de Bruxelles chez la mère d'Alex, tu te rappelles ??? Prends soin de toi l'ami et rappelles toi qu'il y a 3 écoles !!!

Gaetan et Yoann : Bien entendu, sans ces deux piverts, le voyage sur Sumatra n'aurait pas été le même. Messieurs, je suis très impatient de servir nos verres et ce ou que ce soit : Paris, Lille, à nouveau sur l'île de Sumatra ou ailleurs dans le monde pourquoi pas ???

Les Crispy Crackers : Le meilleur sponsor de mon voyage en Indonésie. les biscuits du pauvre comme diraient DjeDje et Kiki. On en a mangé tellement, je me rappelle même plus quel gout ça a. En tous cas, ce que je sais, c'est qu'avec la bière indonésienne, ça colle parfaitement.

Tristan Boutry : Alors celui-là, plus imprevisible tu meurs. Moi même j'ai du mal à le suivre, c'est pour vous dire. Quel overdose de bonne humeur et quel plaisir de faire les singes avec lui. Toujours OK pour une chtite binouze et toujours présent même lorsqu'il y a des kilomètres à parcourir. A très vite mon pote et vive l'anniversaire de la reine à Amsterdam. Est-ce que la version 2008 de cette fête incroyable te tente ???
 

Le Sulawesi depuis Makassar jusque Manado...

J'étais très impatient de voler vers cette partie de l'Indonésie que je ne connaissais pas encore, celle que je n'avais pas du tout envisagé et où Jérôme et Christine m'avaient convaincu de les rejoindre. Je commencerai cet article par les remercier de m'avoir proposé ce périple, de s'être occupé de moi parce pour être honnête, je n'ai rien eu à faire.



Même si ils se sont ouvertement moqué d'un certain short à peine rafistolé, c'est avec beaucoup de facilité que le planning de Maman aura été établi et j'ai pris un vrai plaisir à découvrir cette île en leur compagnie. Je garde quelques autres anecdotes et compliments pour la fin de ce texte.

Après mon arrivée à Makassar et les retrouvailles après s'être entrevu trop rapidement sur Bornéo, nous avons d’abord échangé nos impressions sur quelques pays d'Asie (Dje et Kiki sillonnent l'Asie du Sud Est depuis Octobre 2006), les différences avec l'Afrique ou l'Amérique Latine, leur projet de vivre une année entière en Australie (où ils se trouvent à l'heure ou je vous parle).
Nous nous rendons bien compte que les perspectives en France prendront un certain temps et qu'il reste encore beaucoup d'endroits où nous souhaiterions aller.

Apres une belle cantine où nous avons choisi nos poissons dans des caisses en plastique remplies de glace, nous avons patienté toute la journée dans un Makassar trop bruyant pour enfin prendre la route de Rantepao et entrer dans le Tonan Toraja, lieu de chute idéal pour entrevoir la culture des Bataks.
Des maisons aux toits on ne peut moins traditionnels, difficilement descriptibles mais dont la forme pourrait laisser penser à un bâteau. Il s'agit en fait d'une courbe qui suit la longueur de la maison et dont les extrémités toujours orientées Nord - Sud pointent vers le ciel.
Le tout est recouvert de fines branches de bambou qui, le plus souvent, recouvrent de la tôle pour éviter de refaire la toiture tous les deux ans. Combinaison d’un souci esthétique pour le plaisir des yeux et d'une stratégie efficace pour préserver ses efforts.



Des rizières peuplées de rochers où les bottes de maïs blondissent le temps de la cueillette. L'une d'entre elles s'étalait sur une vallée immense où nous avons décidé de passer la nuit, perchés sur l'un des flancs de ce panorama qui, dans mes souvenirs vient détrôner le spectacle amphithéâtral des rizières d'Ubud sur l'île de Bali.

Demandant notre chemin au milieu de ces étendues de riz vert, s'arrêtant un moment pour filmer un insecte, se faire convier à manger et boire par des personnes à qui nous pouvons à peine parler.
En même temps à quoi bon, il suffit de sourire de nos allures si différentes et de se souvenir que ces doux moments sont suffisamment rares pour ne sentir aucune gène et tenter toutes les approches possibles : un mot que nous avons appris à prononcer correctement, une cigarette offerte, les jeux de regard avec les enfants...

Un grand moment aura été notre escapade vers une cérémonie Batak durant laquelle de nombreuses familles viennent rendre hommage aux défunts en offrant cochons et buffles qui seront sacrifiés juste sous vos yeux pour être cuisinés puis dégustés par tout ce rassemblement venu célébrer plusieurs jours durant.
Défilé des villageois en tenues traditionnelles devant la famille du défunt, hurlements de porcs qui le sang jaillissant de leur abdomen agonisant trop près de vous, ces petits salons de bois où tout le monde s'assied au sol pour boire le thé et manger quelques biscuits en gardant un œil sur la prochaine étape des funérailles, une route bondée car unique moyen d'accès et croyez moi même encaissés dans les rizières, plusieurs centaines de personnes se déplacent pour ces événements de la culture Batak.



Notre prochain vrai stop sera les Iles Togean mais en chemin, un voyage en minibus que nous n'oublierons peut être jamais pour ses rebondissements et son côté interminable.
Dépannage de notre véhicule embourbé sur le bord de la route juste devant un lieu où était célébré un enterrement musulman. C'est idiot car évidement, le respect de ces moments de recueillement prévaut mille fois sur le fait d'attendre une ou deux heures mais il faut se faire à ces situations particulières où sans que vous ne compreniez quoique ce soit : tout s'arrête comme par magie !!!
Tentena et Ampana n'auront pas été les merveilles de cette partie du voyage mais il nous faut effectuer une parfaite diagonale entre Makassar et Manado et la route est longue.

Les Iles Togean nous ont offert deux petits bungalows merveilleusement situés.
Une soirée mémorable : Dje après quelques Ti Punch préparés par mes soins a osé dire à Kiki qu'elle sentait la lessive, les Gnocchis de Sandra qui ont donné au menu une succulente touche italienne, un ponton magnifique se jetant de tout son long sur ce grand bleu qui ne nous aura pas quitté des yeux...
Le bonus fut de taille puisque j'ai replongé dix fois aux cotés d'Harold que je remercie pour m'avoir fait découvrir tant de belles choses. Cet oiseau-là n'aura fait qu'aggraver le virus sous marin déjà contracté aux Iles Perenthian.

Poisson crocodile, poisson pierre, nudibranches, hippocampes Pegmee, Mantisse, se faire doubler par deux rideaux de carangues, nager 20 mètres sous l'eau pendant plusieurs minutes sans ne rien voir d'autre que du bleu, remonter le long de deux parois rocheuses qui ne vous laissent qu'un mince passage où les coreaux prennent des formes dignes d'un jardin botanique ... Le plaisir de cette découverte des fonds marins ne fait que s'étaler et à chaque nouvelle descente sous l'eau, les sensations s'aiguisent et tranchent comme le regard de celui ou celle qu'on aime.



La suite du voyage nous emmène directement jusque Manado d'où nous sommes repartis aussi vite en direction de Tomohon et le volcan Lokon. Un magnifique volcan dont le lac situé au fond du cratère donne l'effet d'une pierre précieuse sur laquelle l'ombre des fumées de souffre avance comme de toutes petites vagues.
Course contre la montre vers 16h pour aller chercher le caméscope que j'avais tout simplement oublié à côté du rocher sur lequel je m'étais assis, mon étourderie a failli encore me couter de précieuses images !!! " Pourquoi pas goûter de la viande de chien me propose Jérome ?" - " Heureusement que c'était épicé " lui ai-je répondu après quelques petits morceaux…!!!

Direction Bathu Puti pour encore 3 journées de rêves. Nous avons vu les tarsiers, ces petites bestioles aux grands yeux, espèce endémique au Sulawesi qui ressemble étrangement à l'un de mes neveux d'origine calabraise. Une nuit passée sur un bateau de pêche où j'ai vraiment saisi, sans même avoir osé participer, à quel point ce métier était éprouvant.

Nos au revoir sur une plage de sable noir, assis au bord d'un feu capricieux pour une dernière partie de YAM avec tout ce qu'il fallait de bières fraiches, je suis ravi d'avoir fait un bout de chemin avec ces jeunes de www.lavielabas.com (site de DjeDje et Kiki). Même si DjeDje chipote lorsqu'il n'y a pas de porte manteau dans les chambres des guesthouse et que Kiki rechigne à se laver les cheveux avec de l'eau de pluie (désolé les amis, je vous avez promis...), ils sont deux beaux piverts armés de précieux conseils et avec qui tous les sujets se discutent.
Merci et bonne route les amis...



Finir en beauté est une idée qui ne me déplait pas alors je me rends seul vers les l'îles de Bunaken pour plonger à nouveau mais je ne recommencerai pas un nouveau paragraphe pour vous expliquer que c'était génial parce que c'était grandiose.

Le poisson Mandarin est d'une beauté et les nudibranches y sont par dizaines avec en prime des espèces que je n'avais pas encore vues. Un jour mon instructeur à pointé son doigt vers la surface, j'ai levé les yeux et c'est une tortue d'environ 1.50m qui me rasait la tête. Je revois souvent cette image irréelle capable d'émouvoir un cœur de pierre qui oserait une ballade à 30m de profondeur.
Le requin pointe noire sera passé à deux reprises quelques mètres sous nos pieds. Et avec deux plongées nocturnes, Buna Ken aura était un régal qui m'aide a signer ce récit d'un simple mot : ENCORE ...

Les dédicaces :

Sandrine et Franck : Les niçois rencontrés sur l'île de Pacques que j'attends impatiemment de revoir

Guitar : Cette encyclopédie de tous les genres musicaux m'a apprit qu'il allait être Papa. Félicitations amigo et même si tu mets du gel avant d'aller surfer, tu manques tout de même encore un peu de style, je peux t'aider si tu veux, j'ai des connections ...

Repie : Le marche de Poncelet, les ascenseurs d'Avoriaz, le bon foie gras de nos mamans un certain 25 décembre 2006 ... Que de souvenirs mon pote! Merci encore pour cette énorme participation que tu as offerte à notre projet. Ton message dans un certain carnet qui m'accompagne partout ma beaucoup ému.

Boris et Luiggi : Sans eux, le Portugal n'aurait pas été la même aventure. Tant de kilomètres parcourus, nos vies mélangées durant tout ce périple et des souvenirs d'une expérience appelée ERASMUS font que vous serez toujours en haut de la liste. Prenez soin de vous et où que vous soyez, y'aura toujours un pivert qui pensera à vous.

Woody Wod Pecker : Cet oiseau si symbolique, faudrait lui remettre la légion d'honneur !!!

Thierry et Fausto : Ils m'ont déjà reçu deux fois dans la belle ville de Quito et je pense très sérieusement à la 3ème opportunité de les revoir. Des amis qui vivent loin mais des amis avec qui je ne perdrai jamais le contact. Je pense très fort a vous deux, vous adresse toute mon affection et vous réserve l'intégralité des bonnes ondes qui m'entourent en ce moment.
 

Tranquille et détendu au D'Lagoon!!!

Les Iles Perenthian, voici un endroit qui au nord de la Malaysie m'aura ouvert les portes de la plongée sous marine ...



Rien de tel que Jibe, alias monsieur ERASMUS to Dublin plus connu sour le nom du "Trecker de Huaraz".
C'est donc mon plus fidèle associé de voyage, celui avec qui j'accumule les jours et les semaines d'aventure qui débarque depuis Pekin pour se frotter au défi de la flotabilité neutre.
Après une arrivée en fanfare à Kuala Lumpur (il s'agit de Jibe alors accueil au Reggae Bar, forcément), nous sommes dans le bâteau, venons de quitter Kuala Besut sur la péninsule, le soleil se lève et nous nous rendons vers ces îles oùu nous ne savons pas encore combien de temps nous resterons, plus certainement ...

La tente sur la plage privée d'une guest-house tellement isolée qu'il n'y a qu'elle, un panorama époustouflant du petit dejeuner jusqu'aux heures où nous nous coucherons, une cuisine excellente et des barbecues Seafood à n'en plus finir.
Le passage de Olive, Kiff, Pierre et Charlotte, le sentiment de ne plus apercevoir les difficultés qui se sont inscrites dans votre vie, l'impatience de la découverte :
Comment est-ce en dessous ?



Là où normalement, sans le commandant Coustaud, on ne pourrait pas rester plus qu'un moment dont la durée dépendra des performances de chacun à l'exercice de l'apnée, nous sommes restés de longs moments, des moments inoubliables. Nous avons commencé notre incursion dans le monde des " Divers ", ça fait plus style que plongeur, en s'inscrivant à l'Open Water, premier niveau du PADI et c'est avec Yves (il en a fallu de peu pour que je l'appelle Jean Yves toute la semaine) qu'on démarre la formation.

Première heure de cours, théorie et DVD, étant arrivés pas vraiment frais de la veille, ça nous va très bien.
On plonge vraiment pour la première fois dans l'après midi et en ce qui me concerne, mais je sais que je parle pour deux, ça a été tout de suite un déclic car il existe là-dessous ce mélange entre l'apréhension, l'aisance du mouvement, la surprise, le calme, le son des bulles et la profondeur ...

Nous sommes restés là-bas 11 jours, sommes descendus sous l'eau à 11 reprises et nous sommes regardés envion 11 millions de fois l'air persuadé qu'on allait se faire arrêter par la brigade du Kiff.
Plongée de nuit, plongée en dérive, plongée sur épave, band de poissons Perroquet à bosse, requins petits mais requins quand même, tortues, hippocampes, nudibranches.

Apprendre à se déplacer, garder son calme, se familiariser avec l'équipement, parler le language des mains, se rendre compte que tout va parfaitement bien après 30 minutes à 18 mètres de profondeur, rechercher dans le bleu immense ce qui vous emmerveillera le plus, accepter le fait qu'on vient de toucher un monde nouveau.



Nous sommes vite rentrés dans le jeu, les conversations se nourrissaient de ce que nous avions vu et ce que nous pouvions peut etre voir demain, mordus pour quelques jours ou peut-être pour toute une vie, ça aura été un grand moment de mon périple.
Le deuxième niveau nous tendait les bras, la permission d'aller jusque 40 mètres, l'accès à certaines épaves : Comment résister ??? Nous voilà reparti pour un tour.

Je me rappellerai toute ma vie l'électro choc que j'ai reçu lorsque nous sommes descendus sur ce qui étais je pense l'arrière d'une épave. Après quelques minutes sous l'eau, j'ai regardé sur ma droite et me suis rendu compte que je faisais face à un mur. J'ai voulu savoir de combien était haut ce mur et j'ai levé les yeux pour chercher là-bas, dans le coin en haut à droite de mon masque.
C'est la première fois que j'ai realisé les distances qui nous séparaient de la surface, le poid de tout ce qui se trouvait au dessus de nos têtes.

La chance nous aura suivi tout au long du séjour, car nous n'avons connu aucune mésaventure, sacrément gâté pour des débutants de voir autant de choses, un endroit pareil c'est un cadeau du ciel.
Mission accomplie aux Perenthian Islands, une forte dose d'adrénalyne nous aura été doucement administrée par les instances les plus hautes gradées de l'univers sous marin.
3 poissons auront été mes favoris : le yellowbox fish, le Pipe fish et le Scorpion fish. Il me parait évident à la relecture de ces quelques lignes que j'ai attrappé le virus.
Qu'est ce qu'on se sent bien lorsqu'un semblant de passion fait éruption dans votre vie ? A nous d'en faire quelque chose de passionant !!!

Un mot quand même sur " Ris " qui originaire de Lombock, Indonésie est un vrai spectacle ambulant car c'est d'un sourire inépuisable qu'il venait volontiers discuter, et boire un p'tit verre en cachette avec nous ou alors nous prévenait lorsqu'il ne fallait pas rater quelquechose.
Les bébés tortues qu'il élève lui-même avant de les relacher, plusieurs varans qu'il attrape par la queue pour les nourrir à sa façon mais surtout pour que vous puissiez parfaitement les voir, des petits rongeurs qu'il ballade sur son épaule, des singes avec qui il discute quelles sont les noix de cocos qu'il faudrait décrocher ... C'est quelqu'un dont je n'oublierai pas le visage qui transpire la volonté de communiquer, dont les yeux brûlent de bonne humeur, quelqu'un qui veut rire à en avaler la lune.



En se demandant sérieusement comment il serait possible de quitter une ambiance aussi propice aux rêves et à l'envie d'aller un poil plus loin, enfin plus profond. Il nous aura tout de même fallu être à court d'argent pour reprendre le bâteau direction Kuala Besut d'où mon partenaire de Carlsberg nous avait préparé un petit planning de chez maman.

Nous avons traversé toute la péninsule direction Georgetown où avec Alex, un nouveau compagnon Slovénien, nous avons visité un endroit magnifique.
Melange de jardins, temples et d'une tour situés en haut d'une colline où nous aurons eu le privilège d'un ensoleillement exceptionnel et donc d'un contexte idéal pour tirer quelques clichets.

Il y avait aussi cet anglais musicien dont le copain était reparti jusque Bangkok avec dans ses affaires le passeport et le billet d'avion de son pote. Il devait donc patienter quelques jours et nous a emmené dans ces restos indiens où manoeuvrant parfaitement le menu, il a commandé un festin servi sur des feuilles de bananiers dans lesquelles nous plongions notre main DROITE pour mélanger le " Un petit peu de tout " qui nous avait été délicatement préparé.

Le temps de faire faire le visa pour l'indonésie et nous voilà en route pour les " Cameron Highlands " qui sont en fait une multitude de plantations de thé où les panoramas sont splendides et les possibilites de ballades très nombreuses.



Nous en avons faites 2 suivant les balises qui n'induisent pas trop en erreur, dans une espèce de forêt très vallonée qui donnait une légère impression de jungle lorsque les sentiers se rétrécissaient ou qu'il fallait monter ou descendre très fort.

Nous voilà maintenant avec deux allemands qui passaient par là et qui ont prit le train en marche. Partir en tour du monde seul, c'est tout simplement la meilleure façon de ne jamais l'être.

Après quelques négociations avec un patron de bar à propos de copies de DVD concert genre BB King à Montreux (forcément j'ai craqué), nous sommes gentillement redescendus sur Kuala Lumpur. Un Burger King plus tard, l'interdiction de faire une sieste dans un jardin public et ce par une femme flic à cheval sur les principes, quelques heures dans Chinatown parce que Jibe aime offrir des mini shorts sexy à sa copine, c'est déjà les adieux.

Trop rapide mais tellement de bons souvenirs. C'était vraiment génial de retrouver Olive et Kiff de l'autre côté de la planète, je tiens encore à leur faire un gros bekot.

Prépares toi Francky, je ramène en images de quoi se faire inviter à l'édition 2008 du festival de Cannes !!!



La Malaysie ou un grand questionnement pour notre association : " Doit-on se limiter aux 6 milliards de piverts d'origine terrestre ou faut-il se lancer immédiatement à la recherche d'une espèce sous marine de cet oiseau imprévisible ?

Les dédicaces:

Nouk : alias Le Shark ou Pappy Chullo, encore un de la bande de Bayonne. Après Saragosse, Barcelone, Buenos Aires, Valparaiso, il ne nous reste plus qu'à monter un bar à sushis en haut du Machu Pichu et on aura fait le tour de toutes les singeries possibles et imaginables.
Je vous recommande le restaurant " Naka ", 40 rue de Ponthieu à Paris et remercie Nouk pour avoir fait le déplacement un certain 9 décembre ...

Noar : cet expert de la No Problem Attitude, spécialiste du bon conseil cinématographique, grand amateur de Quinito, un peu trop orienté à mon goût vers des matières comme le polystirène dont ma Clio BeBop, là ou elle est se souvient encore. Békot l'ami et fais pas trop de pers', concentres toi plutôt sur la mise en scène de films érotiques, tu pourras financer une nouvelle collection de slip kangourou.

Catherine : He soeurette, je me rappelle encore t'avoir offert quand j'étais très petit un feutre jaune pour ton anniversaire. C'est très bête mais je n'oublierai jamais ça. Alors tu l'as encore ??? Tu viens de fêter un nouvel anniversaire le mois dernier alors Feliz Cumpleanos y Cuidate Mucho.

Danielle Lepers : Désolé pour tous les autres mais c'est le commentaire de la maman de mon pote Damien qui m'aura le plus ému et le plus surpris.
En ce qui la concerne, c'est un éternel sourire dont je me rappelle mais j'ai aussi memoire de m'être pris un coup de torchon parce que je marchais en chaussettes.
Merci Danielle

Gérald Grignet : J'ai écrit ce texte et ces dedicaces il y a un moment déjà et entre temps, la famille Grignet est apparue dans la boite aux lettres des " 6 Milliards de Piverts".
Il est tout simplement une personne gentille, aussi intéressante qu'intéressée, drôle et disponible ce qui fait donc de ce crâne brillant un oiseau rare.
Ce monsieur " Y'a de la joie " est un ami dont je ne souhaite pas trop m'éloigner et que je devrais aller voir plus souvent.
La bise à tes deux bonhommes mon pote.

Sim Sima : Et oui, si tu veux que tes enceintes fassent du Houla Hoop sur un pied, c'est lui qu'il faut appeler. Toujours là, toujours présent, heureux après tant d'années d'être toujours en contact avec mister " He Mister Dj, Show me what U do ".
Prends soin de toi amigo et à bientôt pour encore et toujours du son à fond. On s'est raté de peu la dernière fois, je promets de faire mieux en 2008.
 

"Sabaai Dii ou Sua S'dei"

Revenu à Bangkok qui commence très sérieusement à m'ennuyer mais qui est sans aucun doute le meilleur centre de transit dans cette partie du monde, nous nous dirigeons vers les temples d'Angkor au Cambodge après un passage à la frontière sans encombre et un visa supplémentaire dans le passeport qui ne tiendra certainement pas jusque la fin du voyage.



Le Cambodge est un petit pays (la moitié de l'Italie) encastré entre la Thailande, le Laos et le Vietnam. 13 Millions d'habitants vivent au Cambodge et 40 % d'entre eux ont moins de 15 ans.
On y trouve le plus grand lac d'Asie du Sud Est : le Tonle Sap.

La monnaie est le Riel : environ 1 Euro pour 4100 Riel.

Même si le " Sugar palm tree " est l'arbre national, le Cambodge souffre d'un grave problème de déforestation. En 1960, 75 % du pays était recouvert de forêts tropicales et aujourd'hui, suite à un accroissement de la déforestation illégale, ce chiffre est tombé à 30 %.



Arrivés à Siem Reap, nous nous sentons à quelques pas du site d'Angkor que nous avons si souvent vu en images, cette fois-ci, ce sera pour de vrai !!!
3 jours sur place dans l'atmosphère mystique de ce site classé parmi les merveilles achevées de la main de l'homme et dont la construction s'est faite entre le 9 ème et le 13 ème siècle.

Angkor c'est la capitale de l'empire Khmer, c'est la fusion parfaite entre ambition créative et dévotion spirituelle et Angkor Wat, c'est aussi avec ses 800 mètres de long l'édifice religieux le plus grand du monde, c'est le coeur et l'âme du royaume du Cambodge et c'est également une réplique de l'univers spatial.



Il serait risqué, très risqué de tenter la comparaison entre Bagan au Myanmar et Angkor au Cambodge, les deux sont absolument magnifiques.
Je dirais simplement que Bagan, le petit frère, offre la possibilité de faire sa propre visite, de se déplacer à vélo sans difficultés, de ne pas affronter des dizaines de bus remplis de touristes venus du monde entier, de faire vos photos dans le calme et pour finir, les sites les plus fameux sont suffisament proches les uns des autres. Angkor c'est tout simplement bondé mais il offre une diversite de toutes les tailles, de tous les genres, de toutes les pierres.

Depuis le très isolé Phnom Krom dont le monastère culmine en haut d'une magnifique colline et dont les pierres luisent leurs centaines d'années pour vous offrir des vues imprenables sur la ville de Siem Reap jusque le Taprom découvert par des expolorateurs francais il y a plus de 100 ans, perdu dans une forêt ayant déjà englouti bon nombre des murailles de l'édifice et en passant par Bayon où quelques 216 visages sont taillés dans la pierre.



On peut aussi citer le Kbal Spean qui propose de magnifiques sculptures immergées, un mélange de couleurs plongé dans une lumiere qui transperce les feuillages ou encore le Banteay Srei qu'on surnomme le joyau d'Angkor car ces minuscules sculptures sur les portes et les murs de ce " petit " temple sont vraiment fantastiques.

Comment expliquer cette rencontre avec l'histoire de l'empire Khmer au travers de ces sites qui littéralement vous envahissent, vous rappellent à quel point vous êtes petits.
Il doit être (car je n'en ai pas encore pris le temps) très intéressant de se documenter d'avantage et de lire certains ouvrages relatifs à ce site unique en son genre. Des textes illustres de superbes photos permettant de se plonger dans les significations et autres symboliques de ces lieux magiques.



Nous nous sommes ensuite rendus à Phnom Penh, capitale du pays où la rencontre avec l'association PSE vous est rendue en détails au travers de l'action 5.

Nous sommes également allés visiter le S 21, tristement célèbre centre de torture durant le génocide qui a frappé le Cambodge durant les années 1970. Les locaux vous glacent le sang, il y a encore les photos de centaines de prisonniers qui ont vécu les pires atrocités dans les murs de cette ancienne école dont la signification aujourd'hui est immense pour des milliers de familles qui n'ont jamais su ou avaient disparu les leurs.

Pas grand chose à raconter sur cette ville ou nous sommes passés très rapidement puisque suite à des problèmes pour le visa du Laos, nous sommes repassés, pour mon plus grand plaisir par Bangkok, pour rejoindre Vientiane, capitale du Laos où nous devions rencontrés des gens à qui Domi devait remettre médicaments, photos ainsi que quelques billets. Rencontres intéressantes dans la ville de Paksane ...

Il y a 6 millions d'habitants au Laos et on y paie en Kip.



Le pays se situe principalement entre le Vietnam et la Thailande mais il est frontalier avec le Myanmar, la Chine et le Cambodge. Après le colonialisme Francais, une invasion Japonaise et presque 10 années de bombardement Americain non-stop, on peut estimer que le Laos a une histoire des plus marquantes.
Ce pays souffre également d'un grave problème de déforestation mais également de commerce avec les animaux de la forêt. Il y a 437 espèces d'oiseaux et 320 espèces de poissons au Laos.

Il nous restait alors 3 semaines dans le nord du Laos où nous souhaitions prendre notre temps, faire un peu de marche et se laisser aller sur les cours d'eau de ce si joli pays.

Nous sommes arrivés jusqu'à la frontière thailandaise après 2 jours de bâteau le long du très célèbre Mekong, des scènes inoubliables de ces pêcheurs vivant dans de petits villages qui vous donnent tous l'envie de rester quelques jours pour toucher du bout du doigt cette curieuse impression d'etre perdu au bout du monde.
Très large, d'une couleur terre, encastré entre des vallonements, d'un vert interminable, le Mekong où les courants obligent chaque embarcation à de très impressionantes manoeuvres ainsi qu'à une connaissance parfaite de toutes les astuces de ce fleuve imprévisible.

Une fois à Muang Sing, nous partons pour une marche de 3 jours vers les collines situées au nord de la ville.
Ce fut une pluie d'insectes dont il est, même encore après les avoir vu de nos yeux , difficile d'imaginer l'existence. je me rappelle notament d'une chenille jaunâtre toute gonflée dont le deplacement donnait une impression de gros chewing gum vivant ou encore cette araignée dont le corps était relativement petit mais qui présentait deux antennes courbées vers le haut de peut-être 3 centimètres chacune.

Nos deux nuits la-haut auront été toute une expérience, surtout la deuxième où après avoir joué des heures avec les enfants du village, nous leurs avons demandé d'organiser une chasse aux araignées dans la cabane où nous dormions car ni Domi ni moi n'étions très rassurés à l'idée de ces bestioles venant vous asticoter à n'importe quel moment de la nuit.
Ces gosses équipés de nos frontales auront chassé à mains nues pendant une bonne heure pour faciliter le sommeil de deux touristes un peu ceptique.



Nous avons également eu droit à un massage Lao après un des délicieux repas que notre jeune guide nous avait fait mijoter.
Bref, c'était exactement ce dont nous avions besoin pour rentrer dans l'ambiance du pays et je ne peux que me souvenir de toutes les légendes, croyances et autres superstitions que notre guide nous expliquait mais dont nous ne comprenions pas tout, quel bonheur d'écouter tout cela ...

Nous avons continué notre séjour en allant à Nong Kiaw, au bord de la rivière Nam où nous sommes restés 4 jours vivant de la façon la plus paisible qui soit, repoussant à chaque coup la date de retour sur Luang Prabang, passant nos nuits dans une cabane en bois a 3 dollars la nuit, cherchant le petit restaurant qui nous préparerait le meilleur milk shake sans oublier de passer des heures entières à discuter, écrire, penser, prendre le temps ...



Retour à Luang Prabang le long des eaux encore une fois, moins imposant que le Mekong mais tout aussi joli et quel contexte merveilleux que d'être transporté de la sorte.
Le programme était simple : bien manger, faire plaisir à nos familles avec autant de cadeaux que Domi pourrait en rapporter, la visite du palais royal et d'une superbe exposition photo sur le thème : The Flying Bhudda, déambuler dans la ville qui affiche de très jolis temples mais aussi une magnifique architecture coloniale faisant d'elle une ville appartenant au patrimoine mondiale de l'humanité.

La fin du séjour aura été trop rapide pour la sentir arriver. Notre dernier vrai STOP aura été Nong Kiaw, le reste ayant été cadencé par une suite d'imperatifs. 5 semaines c'est trop peu pour toutes ces merveilles mais loin de moi l'idée de se plaindre.
Nous avons eu la chance de vivre tout ca et c'est déjà beaucoup. Ces vacances auront été bien remplies et le passage au Cambodge et au Laos ne peut laisser qu'une envie d'y retourner pour une certaine " Plaine des Jarres ", quelques 4000 îles au Sud Laos ainsi que tout le reste du Cambodge qui c'est certain regorge d'endroits où le dépaysement, la rencontre et la découverte s'accordent parfaitement pour vous laisser une image indélébile.

Dédicaces:

Milouz et Pouchin : Made in " Gre " et non Grenoble, ces deux oiseaux-là m'ont fait l'immense joie de toujours être là lorsque j'organise quelque chose et si il y en a bien pour qui c'est pas la porte à côté, c'est bien eux. Ils en arrivent même à me prendre par surprise a Roubaix tout en vivant à l'autre bout de la france. Le nouvel an 2006 aura été un pur bonheur en leur compagnie et je suis très impatient de les retrouver pour un Quinito qui va bien !!!

Aurélien Hovelaque : Monsieur Quito qui aura beaucoup voyagé avant de s'impliquer plus que jamais auprès de tous ces gosses à qui il ne reste très souvent plus rien. Je tiens à lui adresser toutes mon admiration pour son engagement, sa détermination ainsi que tout ce qu'il aura concrêtisé pendant son séjour dans un pays qui m'est cher.

Nana et Jerem : Beaucoup de choses à dire, tellement à vivre. Une forte sincérité, un vrai contact humain. Envie de les voir, besoin de leur parler. Projets de vacances, idées de voyages. Cascades de souvenirs, chanter, danser et rire. Deux belles personnes enfin réunis à Buenos Aires, deux très chers amis dont je ne saurais jamais me passer. J'arrive ...

Philippe et Tania Brienne : Parce qu'ils seront a jamais deux incontournables dans le parcours que j'ai cherché à me construire et qu'en les écoutant mais aussi en les regardant faire, je suis devenu meilleur. J'avais déjà comme un intérêt particulier pour les relations humaines, j'ai saisi à leurs côtés quelles étaient parmi les clefs de l'épanouissement de chacun d'entre nous. Quel bonheur d'aller se noyer dans les bonnes humeurs de leur facon d'être.

Cedric Chevalier : le Che, comment ne pas etre frappé par ce mélange entre Mickael Jackson, Gad Elmaleh et Francois Hollande. 100 % naturel, des improvisations à couper le souffle, toujours partant pour la grande déconnade. On se souviendra longtemps de cette blague à propos d'un col de manteau en poil de cul de souris !!! Prends soin de toi mon pote et rendez vous à l'autre bout du monde.

Manuella et Tony : Un petit bonhomme va bientôt venir couronner une vie déjà remplie de bonheur, ça peut se lire très facilement sur leur visage. Je voudrais leur souhaiter que le meilleur évidement et j'en profite également pour leur adresser toutes les bonnes ondes qui m'entourent depuis le début de ce voyage. Faire un enfant, y'a rien de plus beau et celui-là, quand je regarde le père et la mère, je me dis que ce sera un vrai champion, tout sourire, plein d'énergie et bon vivant comme ses parents.
 
 

Article Nord Eclair

Article Nord Eclair
 

Les hôpitaux Kantha Bopha au Cambodge


Cette action dans les hôpitaux de la fondation Kantha Bopha aura donné lieu à un virement de notre association d'un montant de 300 euros.

Notre idée avance et nous avons maintenant "un peu plus de concret" entre les mains afin d'expliquer la façon dont nous souhaiterions voir évoluer "6 Milliards de Piverts".

Encore une fois, beaucoup nous ont écoutés, accompagnés et soutenus. Je souhaiterai leur témoigner toute mon affection et mon respect pour cette valeur qu'ils ont voulu cultivée à nos côtés : La Solidarité !!!
 

Action 6 : Les hôpitaux Kantha Bopha au Cambodge



Nous étions à Siem Reap aux portes des temples d'Angkor et nous souhaitions après trois jours passés sur ces sites extraordinaires assister à un spectacle d'enfant qui été annoncé dans un des hôpitaux de la ville. Nous sommes arrives un peu en retard et avons vite compris que le programme avait été modifié. Il y avait sur scène une projection vidéo et un monsieur qui n'était pas d'origine cambodgienne, en chemise et qui parlait anglais avec un accent germanique. Les images montraient des enfants malades, les couloirs des hôpitaux où beaucoup de gens circulaient et nous avons découvert à l'écran ce même monsieur en blouse blanche qui conduisait le caméraman tout comme dans un documentaire.

Le docteur Beat Richner est pédiatre, violoncelliste, d'origine suisse, déjà présent au Cambodge dans les années 70 et aujourd’hui fondateur et directeur des 3 hôpitaux de Kantha Bopah. Après le massacre qui a frappé 4 années durant tout le pays et que nous connaissons mieux comme " la prise du pouvoir par les Khmers Rouges", le gouvernement ainsi que le roi Norodok Sihanouk ont demandé en 1992 au docteur Richner de réouvrir le petit hôpital pédiatrique en vue de continuer à apporter des soins aux centaines de milliers d'enfants malades.

1996 : ouverture de Kantha Bopha 2 à Phnon Penh
1999 : ouverture de Jayavarman 7 à Siem Reap
2001 : ouverture de la maternité pour combattre la transmission du HIV de la maman au nouveau né
2004 : démarrage de la construction d'un nouvel hôpital à Phnom Penh

Toute l'exposition du Docteur Richner vous prend à la gorge car elle est également un rappel des faits historiques qui ont amenés à la situation tragique que connaît aujourd'hui ce petit pays d'Asie du Sud Est. Les bombardements américains de 73 et 74 afin de couper la retraite aux soldats vietnamiens qui fuyaient au Cambodge, la guerre civile qui a trouvé son foyer dans la détresse générale causée par ces bombardements et qui a ensuite engendré un soulèvement national et la chute du roi, la prise du pouvoir par les Khmers Rouges qui jusqu'en 1979 ont littéralement éliminé toute forme d'ouverture vers l'étranger, supprime l'intégralité du système éducatif, lutte contre les intellectuels et mène la guerre à ceux qu'on appelait à cette époque " le nouveau peuple ". Des centaines de milliers de morts ...

Puis c'est un constat sanitaire qui est dressé, l'accent est alors porté sur le fait que des rapports rendus par des organisations internationales normalement spécialistes des questions médicales n'ont eu aucun mal a donner pour conclusion que le système médical cambodgien devait rester en adéquation avec la situation économique du pays. Pour faire simple, étant donné que le pays accuse un retard en terme de développement économique, il ne faut pas que les médecines et les équipements utilisés soient trop élaborés.

Toute la philosophie du projet du docteur Richner repose sur le fait que même dans un pays pauvre, il est capital d'apporter les meilleurs traitements et la technologie suffisante à une médecine de qualité. Tout cela est d'autant plus logique que si l'on raisonne sur les responsabilités qu'ont plusieurs pays du Nord dans des conflits tel que celui qui a ruiné, assomme et détruit le Cambodge.

Les hôpitaux Kantha Bopha, c'est aujourd’hui et chaque année un peu plus : 60 000 consultations d'enfants malades, 55 000 admissions d'enfants gravement malades, 9 000 opérations chirurgicales, 100 000 vaccinations, 5 500 naissances ... Si ces hôpitaux n'existaient pas, ce serait 2 800 enfants qui mouraient chaque mois faute de tous ces soins entièrement gratuits. 95 % des familles au Cambodge ne peuvent pas payer pour les soins médicaux de leurs enfants ce qui fait de la fondation Kantha Bopha leur unique recours.

Le coût opérationnel est de 17 millions de dollars US annuel pour l'ensemble de la structure qui assure également la formation de 100 étudiants en médecine et infirmières mais aussi des jeunes chirurgiens et anesthésistes. 95 % de cette somme trouve sa source dans le financement privé. En terme de redistribution, 50 % sont liés aux achats de médicaments, 30 % pour les salaires de 1 500 cambodgiens qui travaillent dans les hôpitaux, 15 % pour les achats d'Oxygène, d'électricité et d'eau puis enfin et seulement 5 % pour la gestion administrative de toute la structure.

Parce que toutes les donations sauvent les vies de ces enfants tous les jours, nous avons décidé de soutenir la fondation Kantha Bopha et espérons sincèrement pouvoir les suivre longtemps. Vous pouvez vous rendre sur le site Web www.beatocello.com pour obtenir encore plus d'informations et voir à quelle vitesse les choses avancent pour ce grand projet qui fait face a beaucoup trop d'enfants malades et qui se donne un objectif simple : leur sauver la vie ...
 

Pour un Sourire d'Enfant


Pour cette action, la somme totale de 350 US dollars a été engagée afin de soutenir l'ensemble des projets de PSE. Je souhaite remercier les personnes suivantes :

Houda

Raphaël Gomes

Bernard, Elise, Marine et Angeline Mongeaud

Thibaut et Marion Krieger

Francesco et Caroline Colosimo et leurs enfants: Maxime, Romain, Jade et Loris.

Merci pour votre confiance mais aussi pour vos dons qui permettent à " 6 Milliards de Piverts" de faire un premier geste envers cette association remarquable qui fait tellement pour les enfants du Cambodge.