Action 8 : Le CRIEN à CUZCO

Pour cette action, nous avons utiliser 300 dollars US pour acheter 20 litres d'huile, 100 Kilos de riz, 15 Kilos de maizena et 20 kilos de beurre. Ce sont les aliments qui sont consommés en très grande quantité par le CRIEN. Ils font également le marché tous les 3 jours pour les fruits et légumes mais changent souvent de vendeur donc il n'était pas possible d'intervenir sur ces produits là. Nous avons donc augmenté les quantités sur d'autres achats en prenant soin de toujours avoir une grosse marge au regard des dates de péremption.

C'est encore une fois grâce au soutien de beaucoup de nos proches que cette action fût réalisable alors un grand bravo à tous ceux qui soutiennent le projet et qui continuent de lire ce qui se passent lorsque l'un d'entre nous décide de partir vivre son aventure.

Vous pouvez consulter vous même le site du l'association : " les enfants de CUSCO " sur www.enfantsdecusco.ch Leur écrire : Enfants de Cusco p.a. Margeurite Bessard / 21 avenue Riant-Mont / CH-1004 Lausanne / SUISSE Les appeler : +41 (0) 21 312 90 31 Leur faire parvenir vos dons : CCP 10-16468-4

Merci à tous

 

Action 8 : Le CRIEN à CUZCO

Une fois encore, c'est en rencontrant d'autres voyageurs en l'occurence des voyageuses qui au Pérou depuis un moment, étaient venus apporter leur aide à un projet humanitaire qui visait à améliorer les conditions de nutrition des enfants de Cuzco. Eva et Agnès m'ont donc présenter le CRIEN : Centre de Réhabilitation et d'Education Nutritionnelle. C'est une suisse, Mme Marguerite Bessard qui aura démarré cette action vers la fin des 70'. Lorsqu'en 1992, l'association a ressenti le besoin de créer son propre projet et de ne plus parrainer plusieurs établissements car le contrôle des dons était devenus difficile à gérer, toute une structure vit le jour et encore aujourd'hui, elle existe et souhaite se développer.

Son objectif est de soigner les enfants âgés de 0 à 6 ans souffrant de dénutrition au travers d'une organisation péruvienne non gouvernementale qui reçoit chaque jour des dizaines d'enfants. Ils viennent avec leurs mamans qui s'investissent dans le traitement de leurs petits et aprennent des choses essentielles pour le bien être de la famille. Cette structure peut acceuillir 25 enfants qui doivent venir chaque jour de 8h à 16h durant le temps nécessaire à leur traitement (entre 3 et 6 mois). Environ 100 enfants sont soignés chaque année au CRIEN. L'ensemble du personnel est péruvien et se compose de 5 personnes à temps plein, de 6 personnes à temps partiel (physiothérapeute, psychologue, dentiste, nutritionniste, laborantine) et aussi de plusieurs bénévoles.

L'etat de dénutrition apparaît chez des personnes dont le régime est carencé en calorie et en protéines. Les causes peuvent être : certaines maladies de malabsorption, un apport alimentaire insuffisant, une période d'allaitement trop longue, de fortes fortes maladies qui peuvent faire perdre énormément de poids. Les conséquences sont très souvent dramatiques : une mortalité infantile importante, des troubles du développement psychomoteur, des infections et parasitoses qui viennent s'ajouter à un affaiblissement déjà important.

La réalité péruvienne est telle qu'aujourd'hui : 43 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de dénutrition, il faudrait donc de nombreux CRIEN à travers ce grand pays étiré sur plus de 2 000 kilomètres entre le Nord et le Sud. J'ai pu voir avec Luz, la directrice de ce centre, des photos des enfants aui étaient passés entre les murs dud CRIEN et les albums version " Avant - Après " m'ont particulièrement touché car bon nombre des enfants n'avaient presque plus que leur squelette toujours accompagné d'un léger sourire.

Aggrandir la maison de Cuzco qui comporte aujourd'hui 12 pièces, ouvrir un second centre, s'équiuper de plus de matériel médica, améliorer encore les plats proposés aux enfants et aux mamans ... Les idées ne manquent pas, les moyens non plus mais il en faudra toujours plus car il y aura encore des enfants qui arriveront jusque le CRIEN directement depuis les hopitaux qui auront détécté une dénutrition chez l'enfant.

Les enfants et leurs mamans bénéficient de 3 repas par jour puisque tous les jours, les mamans repartent avec une portion de ce qui a été préparé pour le souper. Il y aussi des consultations médicales et des soins dentaires gratuits. Elles peuvent également s'initier à divers travaux manuels pour améliorer leur situation familiale et socio-économique.

Je recopie volontairement le texte qui présente la petite " Nieves " une petite fille qui explique ce qui se passe au CRIEN :

" Je reçois 3 bons repas sains et équilibrés. Une infirmière contrôle tous les jours mon poids et m soigne. Un médecin suit régulièrement les progrès de ma santé. Avec la physiothérapeute, je fais des exercices très amusants qui fortifient ma musculature et m'aident à marcher.

Avec les stagiaires, j'apprends à parler, à dessiner et à jouer. Maman apprend à me soigner, à confectionner des repas bien dosés, simples et bon marché. Dans l'atelier, elle peut apprendre ou se perfectionner en couture, tricot, tissage et autres travaux manuels.

... Et surtout, je ne suis pas seule, je peux m'amuser avec tous les autres copains ".

 

" Les Mentawai et l'îe de Siberut "

Avec Gaëtan et Yoan que j'ai eu la chance de suivre jusque Sumatra, nous avons passé sur la petite île des indiens Mentawai une semaine qui mérite tout à fait un article à part entière. Ce n'était ni une ascenson à plus de 5 000 mètres d'altitude ni la découverte des merveilles qui vivent au dessous de cette ligne que nous appelons surface de l'eau. C'était en revanche une expérience humaine extraordinaire à laquelle je n'était pas préparé.

Il ne faut pas rêver, nous avons à peine carresser le mode de vie de la population Mentawai mais pour des touristes, il me semble que nous avons vécu quelquechose de particulier, peut être tout simplement parce que nous avons souhaité que ce soit ainsi.

Après plusieurs heures de pirogue le premier jour, nous sommes arrivés dans une première maison où une femme aux dents taillées en pointes nous a acceuilli d'un magnifique sourire. Elle nous a montré comment se préparait le " Sagu " qui n'est rien de moins que la base de l'alimentation des Mentawai. Il s'agit de presser mélanger, faire sécher, raper puis cuir dans des feuilles de bananiers un genre de poudre blanche que l'on obtient grâce à un arbre dont tous les habitants rafolent. Puis petit à petit, nous rencontrons les familles qui vivent là mais c'est un seul personnage qui m'aura fait l'effet d'un électrochoc. Il s'agit du plus agé des hommes qui nous entourent. J'ai peur d'avoir mal compris mais il est selon moi le chef de 100 familles. Son visage évoque la sagesse, ses yeux vous transpercent et vous saisissez immédiatement qu'il est celui que l'on écoute lorsqu'il donne son opinion ou exprime un avis. Les Mentawai se parlent pour régler leus affaires, ils ne souhaitent jamais le conflit et tenteront toujours de trouver une issue à chaque problème en réflechissant ensemble à la meilleur solution pour tous.

Les tremblements de terre ont frappé peu avant notre arrivée sur l'île et pour notre première nuit sur Siberut, c'est lorsque je me suis discrètement écarté de la cabane pour satisfaire un besoin naturel que la terre trembla légèrement : me voilà averti !!! Les hommes discutent de ces tremblements car c'est de très loin ce qu'ils craignent le plus. Depuis le Tsunami qui a frappé très fort le nord de l'île de Sumara, les Mentawai sont continuellement sur le qui vive car les maisons s'éffondrent lorsque les secoussent se font trop fréquentes.

Cest Aman Antik avec qui nous échangeons le plus car il manoeuvre légèrement l'anglais et reste avec nous lorsque nous nous déplaçons entre les différents groupes de maisons éparpillés sur l'île. Nous marchons dans tous les genres de boue, toutes les coleurs, toutes les extures. Ce ne sont pas de longues marches mais il fait une chaleur pésante et nous dégoulinons litéralement, il n'est pas toujours évident de garder les pieds au sec et il me semble que notre guide " Molly " commet quelques erreurs quant aux temps et aux distances qu'il annonce. Cependant, il est et c'est indéniable un habitué de Siberut, quelqu'un de respecté par les habitants, il vient même sans touristes juste pour se relaxer, il change régulièrement ses itinéraires sur l'île pour apporter de la nourriture et des cigarettes à des familles différentes, il parle très correctement le Mentawai, il se plonge dans leurs traditions depuis de longues années, son comportement très attentionné avec les étrangers ... Tout cela fait de lui un incontournable de l'expérience Siberut et je suis très heureux de l'avoir écouté lui.

Nous vivons chaque jour des moments très importants et je me rappelle tout particulièrement de tous ces enfants qui veulent jouer le sourire jusqu'aux oreilles, ils veulent échanger avec nous. Nous essayons de prononcer quelques mots de leur langage qui ne ressemble à aucun autre. Nous découvrons au milieu de la fôret des traditions, des façons de faire et un rythme de vie surprenant parce que tout est si différent de ce que nous connaissons comme notre quotidien et même en ayant déjà visité diverses parties du mnde, c'est une découverte de tous les instants, une émotion omniprésente que de voyager quelques jours auprès des indiens Mentawai.

Yoan qui a eu l'occasion de rencontrer les communautés aborigènes en Australie est devenu un grand amateur de ce fameux instrument qu'est le " Didjeridoo ". Avec Gaëtan, ils décident donc de fabriquer un exemplaire unique version Mentawai à partir d'un morceau de bamboo. Les enfants rient car le son de cet instrument est hors de commun dirais-je. J'ai trouvé l'idée géniale, laisser aux enfants un instrument qu'ils pourront utiliser et apprendre à maîtriser, bravo messieurs !!!

Regarder, toucher, sentir, écouter ... J'ai l'impression que tous nos sens auront été sollicités sans que nous n'ayons jamais l'impression d'être dans un cirque pour touriste. Evidément que notre présence change un peu la donne, ça apporte un peu plus d'animation mais il me semble que nous aurons été tous les 3 suffisamment ouvert d'esprit pour que ça ne ressemble pas trop à un collier d'activités touristiques faites pour distraire les occidentaux qui cherchent un peu d'aventure.

Une chutte d'eau magnifique, un lieu parfait pour une demande en mariage (dedicasse à Anaîs et Jérem), encaissée dans les pierres d'un fôret que parfois nous regardons du haut d'une colline qu'il nous faut franchir pur continuer notre chemin, cette même fôret dont soudain nous sortons pour s'approcher d'un terrain dégagé et proche d'un cours d'eau où vivent ces gens qui ne savent pas quel âge ils ont parce qu'ils ne savent pas quand ils sont nés et que pour eux, un calendrier n'a aucun sens.

Les femmes du village nous emménent à la pêche, nous remontons lentement une rivière et les observons s'enfoncer dans l'eau jusqu'au cou, la tête recouverte par les feuillages qui s'allongent sur une eau claire et pleine de bonnes choses à manger. Comment oublier le regard de cette femme qui vous hypnotise lorsqu'elle s'approche de vous pour partager une crevette qu'elle vient d'attrapper et dont elle avance la moitié tout juste arrachée d'un coup de dent à quelques centimères de votre bouche en murmurant un très séduisant Hummmmmmmmmmmmmm ... Impossible de résister. Puis vient le petit crabe dont il faut aspirer l'intérieur et ensuite la grenouille à qui elle fabrique un collier avec une tige de je ne sais quoi. Ni vu ni connu, vous voilà avec mamy Mentawai qui vous sourit la cigarette au coin de la bouche le tout entrain de ballader une grenouille en laisse. Des moments authentiques, des moments marqués d'une simplicité qui sait vous émouvoir. Nous sommes tous pareils et avons beaucoup à échanger, le mode de communication importe peu car le résultat ne dépend que de notre envie de s'enrichir les uns les autres à travers quelques instants partagés avec humilité et sincérité.

Je suis curieux de revoir les images de ces enfants qui chantent pour le plaisir de nos oreilles impatientes mais aussi pour les quelques bonbons que Molly avait prévu pour eux. J'espère avoir réussi quelques beaux clichets de ce séjour inoubliable et voudrais tellement me rappeller de tout mais à force de voyage, on range ses plus belles merveilles dans les tiroirs de nos mémoires et souvent, ça se mélange tout ça !!!

Ce qui est certain, c'est que des visages mais aussi des moments resteront gravés à jamais. La maison écroulée d'un couple agé, malade et sans enfant, un couple qui ne peut compter que sur l'aide des locaux qui passeront par là. Le souvenir triste d'une réalité que vivent les Mentawai et qui aide à comprendre pourquoi ces gens cultivent chaque jour un peu plus le concept de la solidarité. Ces petites mouches qui vous dévorent lorsque le soleil se retire. Le bruit des insectes qui s'amplifie au fur et à mesure que la nuit s'impose. La décision de se faire tatouer l'un des symboles Mentawai à savoir " la lune " et ce de la façon la plus archaîque qui soit. Il s'agit d'un mélange entre cette croûte noirâtre qui durcit sur les bords du chaudron avec de l'eau de canne à sucre. C'est dans cette mixture que l'auteur de nos tatouages aura trempé son épingle à nourrice qui elle même était fixée à ue baguette de bois qu'il faut tapoter légèrement pour petit à petit impregner la peau de cette nouvelle forme d'encre.

Un souvenir pour la vie parce que je veux me souvenir au mons toute une vie de ce qui sest passé là bas, sur l'île de Siberut avec les indiens Mentawai que j'aurai eu l'honneur de saluer.

Les précisins de Gaëtan ainsi que les recommandations de Yoann ayant clairement signalé que ce article manquait d'informations directement liées aux indiens Mentawai eux mêmes, je le remercie pour m'avoir incité à faire focntionner ma mémoire ainsi qu'à faire quelques recherches.

Ces indiens que l'on appelle également " Homme Fleur " en raioson des parures qu'ils aiment à porter subissent depuis les années 50' et le règne du président indonésien Soeharto un processus de modernisation (accompagné de nombreuses violences) à travers lequel on veut les sortir de leur habitat naturel, modifier leurs traditions du tout au tout et réduire leur culture à neant. Ils vivent en pleine harmonie avec sa nature et on essaye encore de les regrouper dans des villages construits par le gouvernement pour inciter les jeunes à se tourner vers autres chose que leur mode de vie ancesrtal jugé " dépassé ". C'est scandaleux et il faut espèrer que petit à petit, on prendra conscience qu'il faut protéger ces gens et leur culture qui aura déjà vécu dangereusement jusqu'au point de presque disparaître.

Le lien hierarchique est très fort chez les Mentawai. Evidément la position de Shaman signifie énormément puisqu'elle est signe de sagesse et de connaissance. L'ancienneté est également très importante par rapport aux prises de décisions et aux responsabilités qu'il faut assumer dans le village et cela sans disctinction de sexe, une femme agée sera très respectée pour son savoir.

Il faut étudier 5 années pour devenir Shaman et l'épouse d'un Shaman devra elle aussi devenir Shaman. Le " Medicine Man " comme on l'appelle sait combien de feuilles de telle ou telle espèce il faut ajouter pour une certaine préparation, il connaît les chansons rituelles, il peut soigner de très nombreuses maladies, ses cheveux sont longs, il sait fabriquer canoe - maison traditionnelle - instrument de chase, il sait tatouer et en ce qui le concerne, ses propres tatouages sont signe d'une certaine fierté alors sont corps tout entier en est recouvert ...

La croyance est elle aussi très forte chez les mentawai, leur dieu " Sabulungan " est représenté dans toutes les maisons que l'on appelle " Uma " et qui se situent souvent à un endroit très en vue. Maisons totalement ouvertes où on entre puis on sort, pas vraiment de fenêtre ni de porte, les cochons qui vivent en dessous de ces maisons surélevées et entièrement construite de bois.

Lorsque les Mentawai se marient, c'est la famille de la mariée qui offre de nombreuses choses à la famille du marié puisque c'est elle qui ira vivre chez son futur époux. Mêmes mariés, les Mentawai ne dorment pas ensemble et lorsqu'il s'agit d'aggrandir la famille, un endroit prévu à cet effet qui nous a été présenté comme la " Chicken House " est utilisé mais en aucun cas, les Mentawai de sexes opposés ne peuvent passer la nuit ensemble. La donation faite à la famille du marié est la suivante : 10 cochons, 10 cocotiers, 1 arbre à Durian, 10 arbres à Sagu, 2 moustiquaires, 3 machettes, 3 haches, 3 woaks, 10 poulets et 3 chaudrons.

C'est toute une cultutre et surtout beaucoup de coutumes qui nous surprennent chaque jour. Nous aurons appris à préparer ce que les hommes utilisent comme sous vêtement et qui vient en fait de l'écorce d'un arbre qu'il faut savoir délicatement retirer du tronc avant de venir la frapper d'un morceau de boir au bord de le rivière. De nouvelles saveurs, une profonde et infinie découverte, des moments très émouvants ...

L'histoire de notre passage sur l'île de Siberut ...

 

La Nouvelle Zélande : 387 KM à pied, ça use les souliers !!!

Même si les chaussures de randonnée n'aurnot pas rendu l'âme en terres Néo-Zélandaises, elles ont eu du fil à retordre durant les quelques trecks que j'ai eu la chance de faire dans la région des Fiordlands, sur l'île du sud. Sur 61 jours de voyage à travers ce merveilleux pays, 44 auront été placés sous le signe du sac à dos et croyez moi, si j'avais pu faire plus, ça aurait été sans hésitation.

Arrivé tout droit de Jakarta après avoir annulé le séjour prévu en Australie, je ne voulais entendre parler que de montagne, de neige, de distance de marche et de nourriture lyophilisée. Je n'étais là que pour ça en me demandant par où commencer mais envieux de m'y mettre dès que possible. Le bouquin adequat en poche " Tramping in New Zealand ", il faut décider quel sera le premier parcours. Le problème fût relativement simple puisque j'ai opté pour le treck le plus long : 10 jours de rando pour 123 KM sur l'île Stewart.

48h à Wellington pour me rendre compte que le pays se situe dans l'hmisphère sud certes mais ne connaissait aucunement les soucis du sous développement. C'est quelquechose qui change la vie puisque cela fait 9 mois que j'évolue dans un autre monde, une autre réalité. Je prend le bateau pour me rendre sur l'île du sud et c'est en bus que je rejoins Invercargill, dernière ville avant de reprendre un autre bateau et rejoindre l'île Stewart. Quelques préparatifs et autres accessoires qu'il me fallait acheter et nous voilà bloqués par des vents de 130 KM/h dans le port de Bluff ce qui empêche tout bateau de traverser. Ca commence très fort !!! Enfin sur l'île, je rencontre Rob, Mike et Ai qui envisagent comme moi le circuit nord de 10 jours. On nous annonce des effondrements de terrain qui rendent impraticable la première partie du treck, des vents puissans et des pluies très fortes. On nous recommande la location d'un appareil qui permet d'être localisé par satéllite et pour fnir, on nous dit que depuis la dernière tempête nous serons les premiers à passer et que forcément, il y aura de nombreux arbres abbatus sur notre chemin. Un contexte pas vraiment rassurant mais nous sommes 4 et chacun a déjà fait beaucoup de marche.

Durant ces 10 jours de rando nous avons eu toutes les intempéries possibles mais je crois que le plus dure aura été la boue. Parfois jusqu'aux genoux et il vous faut continuer jusqu'au prochain refuge, plein les mains puisque vous vous appuyez au sol pour ne pas chuter, tout du moins pas totalement. Les bâtons seront devenus mes meilleurs amis et l'idée d'acheter des guêtres pour le prochain treck un rêve enchanté. Le plus souvent recouvert par la végétation qu'il nous faut traverser, nous avons rarement des points de vue sur la côte que nous suivons pourtant sur plus de 80 KM. Et oui, ce parcours se fait essentiellement à l'intérieur, à l'intérieur de la fôret, à l'intérieur de vore tête, à l'intérieur de votre sac de couchage... Les moments forts sont lorsque nous longeons les plages, dans les dunes ou sur les rochers, lorsque nous atteignons le sommet de l'île et que nous pouvons voir les sommets enneigés des Fiordlands, lorsque les uns après les autres nous avons la chance de voir chacun le fameux Kiwi, l'oiseau symbolique du pays et espèce andémique à la Nouvelle Zéalnde, lorsque nous cherchons les pingouins dans les grottes qui hornent une côte rocailleuse et glacée, lorsqu'il ne faut pas perdre son sang froid le 6ème jour à cause de la boue qui n'en finit plus et qui vous aspire sous le poids de votre sac devenu alors un ennemi indispensable.

Nous ferons également la connaissance des " Sun Fly ", des moucherons voraces qui resistent à tous les répulsifs et qui vos pincent jusqu'au sang. Il n'y a rien à faire à part prendre son mal en patience et se couvrir intégralement sinon elles vous rendront fou. Je revois Mike et ses jurons anglais " Bloody Hell " ou " Fucking Bastards " mais en souriant et d'une façon qui nous faisait rire nous aussi. J'ai eu l'occasion durant ces quelques jours de rencontrer des sacrés personnages, des gens que j'espère revoir et avec qui je garderai le contact aussi longtemps que possible. Ai qui emporte des oeufs frais en plein treck, Rob qui doit aller chercher des moules et manger des algues parce qu'il n'a pas prévu assez de nourriture, Mike alias " Mister Woodman " qui tous les jours se charge d'aller chercher du bois pour un bon feu qui servira à sécher les mêmes vêtements qui seront trempés chaque jour.

Il n'y a plus les insectes en tous genres qui me fascinaient en Asie, c'est au tour des grands espaces où personne ne vit et où le nature tout entière vous accueille de façon plus ou moins hostile. L'île Stewart n'aura pas été le meilleur parcours de ma vie mais pour une mise en jambe, c'était l'endroit idéal. Nous terminons avec un tchécoslovaque fort sympathique qui travaillait dans les vignes en Nouvelle Zélande et qui produisait lui même de la bière arômatisée à la canelle et aux clous de girofle. Avec Mike et Rob, nous décidons déjà que le Kepler Track sera le prochain itinéraire. Seulement 4 jours mais peut être le plus beau parcours que nous ayons fait ensemble. Il fallait remonter jusque la ville de Te Anau et son lac magnifique pour démarrer la marche. Cette fois ci, nous prenons du vin, quelques épices et une orange pour faire un bon vin chaud avant de manger.

Nous ne marchons que 2h le premier jour pour rejoindre un camping bien situé et le lendemain, il faudra monter jusque la Kepler Hut en laissant défiler derrière nous un mélange de pointes enneigées, de montagnes recouvertes de grands arbres forts et d'eaux noires immobiles. Je remarche dans la neige pour la premire fois depuis la Tanzanie et le Kilimanjaro. Quel bruit magnifique et quel soleil dont il faut se méfier puisqu'il frappe la neige et vient vous transpercer les yeux. Nous nous arrêtons avec Rob avant le refuge et nous nous préparons un thé accompagné de morceaux de chocolat. C'est en pleine montagne que l'on décide de prendre notre temps parce qu'il faudra essayer de ne jamais oublier ce moment délirant de sagesse, bruyant de silence. Installés et nourris, nous décidons de faire une première fois pour y voir le coucher de soleil et c'est reparti pour 2h de marche avec beaucoup moins de poids cette fois. Le vent se lève et nous observons les lumières s'affaisser sur l'horizon. Chacun s'applique à faire preuve d'un talent de photographe réservé à Mike sur ce coup là puisqu'il à déjà fait plusieurs stages photo et connaît parfaitement son appareil. Nous redescendons rapidement car il faudra démarrer tôt demain.

Certainement parmi les plus belles journées de marche de tout le séjour, je n'oublierai pas non plus cette courbe blanche de neige sur laquelle j'ai patiemment observé Mike et Rob dérouler d'une allure légère. L'image sera forcément splendide, les souvenirs les sont. Nous prenons notre temps, nous faisons une sieste au milieu de ces montagnes qui semblent vous proposer toutes les directions. L'envie de ne pas suivre le chemin tracé et de tracer celui de nos rêves car nous avons les tentes et de quoi manger plusieurs jours. Pourquoi ne pas aller n'importe où et puis on verra bien !!! Nous prenons le chemin prévu et redescendons une vallée entière en moins de 2h pour rejoindre un nouveau terrain de camping innondés de Sun Fly. Grand feu, Grand repas, Grand repos après de grandes et magiques aventures. Nous suivons pour l'avant dernier jour une rivière sur laquelle beaucoup d'oiseaux apparaissent, se font entendre, vous observent passer devant chez eux. Nous terminons au bord d'un lac dans une petite hutte charmante à laquelle je repense souvent et c'est l'échiquier en papier que nous utilisions avec Rob qui me revient à la mémoire et je me rappelle soudain que tout était si facile : marcher, regarder, jouer, manger, réver, se réveiller ...

Retour à Te Anau et nous rencontrons Miri, une espagnole plus agée que nous, parapentiste et garde forestier sur les îles Canaries dont elle est originaire, la terre des " Aplatanados " comme elle aime à le dire. Elle ne sait pas quelle marche elle s'apprête à suivre et nous avons déjà prévu un programme assez original. Ni une ni deux, elle nous suit dans notre plan sans poser de questions, nous démarrons le lendeman. Nous voilà partis our le " Cascade Saddle " que l'on combine avec le " Rees Dart " pour rallonger les temps de marches mais les neiges tombent encore et il nous est impossible de tenter l'asscension que nous avions imaginé. Il faudra démarrer d'ailleurs et on refait le planning, on ne finit pas tous au même endroit le premier jour. Mike se retrove seul dans un refuge plus avancé que celui jusque lequel nous sommes pavenus alors sans être sûre de notre coup, nous décidons avec Rob et Miri de se lever très tôt le lendemain et de le ratrraper. Après 4 bonnes heures de marche et une cadence d'enfer, je retrouve Mike vers 10h30 entrain de ranger le bois, fidèle à ses habitudes, il avait eu la même idée que nous et attendait notre arrivée. Ce sera une longue journée pour nous mais nous passerons dans la neige le " Rees Saddle " à une altitude de mètres vers 15h avant de redescendre vers une vallée qui vous invite à avancer vers les glaciers. Au refuge, on nous dit qu'il y avait trop de neige pour arriver de l'autre côté : aucune déception à avoir.

Le lendemain, nous remontons face au glacier qui a des allures de " Torres del Paine " célèbre site chilien connus des ferrus de randonnée. Toutes ces lignes taillées dans la glace qui prend des formes de lamelles appuyées les unes contre les autres. Au sommet, c'est l'autre côté qui nous fait rêver, encore cette envie de partir n'importe où. Nous avons la visite de plusieurs Kia, cet oiseau ressemblant étrangement à un perroquet et animé par une forte curiosité, il s'approchera de vous sans hésiter. Les images sont à l'appui !!! Sur le retour, nous discutons beaucoup avec Rob, il veut rentrer en Europe depuis la Chine par le train qui circule entre Pekin et Moscou. Nous sommes deux sur une étendue immense et encore une fois : Comment sommes nous arrivés jusque là ?

On reprend la marche le lendemain en suivant des plaines magnifiques, nous avons essayé de nous baigner dans la rivière mais la tentative n'aura pas durer bien longtemps. Ce même soir, je réussi à perdre aux echecs contre un hollandais à qui j'avais tout de même réussi à prendre la reine. Dernier jous rapide, nous récuperons le van de Rob et avançons jusque le prochain point de départ de rando car nous entamerons un nouveau circuit le lendemain : " le Routeburn ". Gâté par le soleil le premier jour pour monter jusque le dernier refuge avant le sommet, nous aurons moins de chance les 2 jours suivants pour cette rando qui doit être magnifique mais que malheureusement nous n'avons pas eu la chance d'apprécier à sa juste valeur puisque prit dans les brumes épaisses des Fiordlands. C'est le frère de Mike alias Kip qui nous récupère à la fin de cette rando et encore une fois, je tombe sur un sérieux client qui me parle du " Dusky Track ", le circuit le plus corriace de tout le pays, vous trouverez dans certains ouvrages des photos de randonneurs qui se sont vus obligés de traverser tout habillé des rivières en essayant de nager, leur sac à dos à bout de bras et les chaussures qui se remplissent d'une eau glacée qui ne prendra que quelques secondes pour s'infilter partout et au final, l'une des sensations les plus désagréabes qui soit. Nous partons avec 3 jours de nourriture supplémentaire chacun en cas d'intempérie, il y aura de toutes façons des parties que nous ne saurons passer si les pluies ne jouent pas en notre faveur.

Premier jour, on se fait déposer en bâteau avec une forte sensation de : "C'est le dernier moment pour faire demi tour ". Cette fois ci, on loue vraiment un ARVA qui nous permettra d'émettre un signal par satéllite si nous sommes totalement bloqués. C'est la neige qui s'invite à la fin du premier jour de marche, je me souviendrai longtemps de la tête de Kip s'exclamant : " What the F... , it's snowing. Nobody can tell us what will happen during the next 6 days ".

Ca a été dure, sous un ciel grisonnant, sur des ponts de singe pas très rassurants, avec beaucoup de poids, parfois l'impression de s'être perdu, un goût de défi à la fois mental et physique dans la bouche, heureux d'imaginer sur une mapemonde l'endroit où nous sommes entrain de nous ballader sans aucune préoccupation ... Cette dernière rando qui portera mon compteur à 387 KM de marche sur les sols Néo Zélandais. Le dusky Track aura lui aussi fait parti de la liste, pour courronner le tout et repartir sur 8 jours de sueur et autres poignée de raisins secs. Une nouvelle chute aurait du me coûter très cher mais je n'ai rien eu après avoir pourtant glissé sur une bonne vingtaine de mètres enneigés entre deux couloirs de rochers. On retourne sur Te Anau pour célebrer ça et se dire au revoir autour d'une bonne Tortilla dont Miri a le seret. Je me remet en route pour Wanaka avec le projet de sauter une deuxième fois en parachute avant de quitter ce pays où les sensations extrêmes sont monnaie courante. C'est après cette expérience vertigineuse que je rejoins Craig et Idoya sur Christchurch pour 2 jours de barbecue, bains dans les eaux termales, concert et ciné ...

Le temps sera passé rapidement en Nouvelle Zélande car 2 mois de marche ne m'auront permi au final de ne découvrir que quelques pourcents du pays mais comme je l'ai dit : " J'ai eu ce que je voulais et je reviendrai, pourquoi pas avec Romain pour notre premier voyage ensemble !!!

Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de me pencher sur la culture Maori et sur l'histoire de la Nouvelle Zélande mais je trouverai le temps. J'ai juste trouvé celui de me rendre compte que ce pays est en définitive une grande et très éloignée cour de récréation. Il y en a pour tout le monde, toutes les envies, tous les ages, toutes les humeurs ...

Just so Wicked