Avec Gaëtan et Yoan que j'ai eu la chance de suivre jusque Sumatra, nous avons passé sur la petite île des indiens Mentawai une semaine qui mérite tout à fait un article à part entière. Ce n'était ni une ascenson à plus de 5 000 mètres d'altitude ni la découverte des merveilles qui vivent au dessous de cette ligne que nous appelons surface de l'eau. C'était en revanche une expérience humaine extraordinaire à laquelle je n'était pas préparé.
Il ne faut pas rêver, nous avons à peine carresser le mode de vie de la population Mentawai mais pour des touristes, il me semble que nous avons vécu quelquechose de particulier, peut être tout simplement parce que nous avons souhaité que ce soit ainsi.
Après plusieurs heures de pirogue le premier jour, nous sommes arrivés dans une première maison où une femme aux dents taillées en pointes nous a acceuilli d'un magnifique sourire. Elle nous a montré comment se préparait le " Sagu " qui n'est rien de moins que la base de l'alimentation des Mentawai. Il s'agit de presser mélanger, faire sécher, raper puis cuir dans des feuilles de bananiers un genre de poudre blanche que l'on obtient grâce à un arbre dont tous les habitants rafolent. Puis petit à petit, nous rencontrons les familles qui vivent là mais c'est un seul personnage qui m'aura fait l'effet d'un électrochoc. Il s'agit du plus agé des hommes qui nous entourent. J'ai peur d'avoir mal compris mais il est selon moi le chef de 100 familles. Son visage évoque la sagesse, ses yeux vous transpercent et vous saisissez immédiatement qu'il est celui que l'on écoute lorsqu'il donne son opinion ou exprime un avis. Les Mentawai se parlent pour régler leus affaires, ils ne souhaitent jamais le conflit et tenteront toujours de trouver une issue à chaque problème en réflechissant ensemble à la meilleur solution pour tous.
Les tremblements de terre ont frappé peu avant notre arrivée sur l'île et pour notre première nuit sur Siberut, c'est lorsque je me suis discrètement écarté de la cabane pour satisfaire un besoin naturel que la terre trembla légèrement : me voilà averti !!! Les hommes discutent de ces tremblements car c'est de très loin ce qu'ils craignent le plus. Depuis le Tsunami qui a frappé très fort le nord de l'île de Sumara, les Mentawai sont continuellement sur le qui vive car les maisons s'éffondrent lorsque les secoussent se font trop fréquentes.
Cest Aman Antik avec qui nous échangeons le plus car il manoeuvre légèrement l'anglais et reste avec nous lorsque nous nous déplaçons entre les différents groupes de maisons éparpillés sur l'île. Nous marchons dans tous les genres de boue, toutes les coleurs, toutes les extures. Ce ne sont pas de longues marches mais il fait une chaleur pésante et nous dégoulinons litéralement, il n'est pas toujours évident de garder les pieds au sec et il me semble que notre guide " Molly " commet quelques erreurs quant aux temps et aux distances qu'il annonce. Cependant, il est et c'est indéniable un habitué de Siberut, quelqu'un de respecté par les habitants, il vient même sans touristes juste pour se relaxer, il change régulièrement ses itinéraires sur l'île pour apporter de la nourriture et des cigarettes à des familles différentes, il parle très correctement le Mentawai, il se plonge dans leurs traditions depuis de longues années, son comportement très attentionné avec les étrangers ... Tout cela fait de lui un incontournable de l'expérience Siberut et je suis très heureux de l'avoir écouté lui.
Nous vivons chaque jour des moments très importants et je me rappelle tout particulièrement de tous ces enfants qui veulent jouer le sourire jusqu'aux oreilles, ils veulent échanger avec nous. Nous essayons de prononcer quelques mots de leur langage qui ne ressemble à aucun autre. Nous découvrons au milieu de la fôret des traditions, des façons de faire et un rythme de vie surprenant parce que tout est si différent de ce que nous connaissons comme notre quotidien et même en ayant déjà visité diverses parties du mnde, c'est une découverte de tous les instants, une émotion omniprésente que de voyager quelques jours auprès des indiens Mentawai.
Yoan qui a eu l'occasion de rencontrer les communautés aborigènes en Australie est devenu un grand amateur de ce fameux instrument qu'est le " Didjeridoo ". Avec Gaëtan, ils décident donc de fabriquer un exemplaire unique version Mentawai à partir d'un morceau de bamboo. Les enfants rient car le son de cet instrument est hors de commun dirais-je. J'ai trouvé l'idée géniale, laisser aux enfants un instrument qu'ils pourront utiliser et apprendre à maîtriser, bravo messieurs !!!
Regarder, toucher, sentir, écouter ... J'ai l'impression que tous nos sens auront été sollicités sans que nous n'ayons jamais l'impression d'être dans un cirque pour touriste. Evidément que notre présence change un peu la donne, ça apporte un peu plus d'animation mais il me semble que nous aurons été tous les 3 suffisamment ouvert d'esprit pour que ça ne ressemble pas trop à un collier d'activités touristiques faites pour distraire les occidentaux qui cherchent un peu d'aventure.
Une chutte d'eau magnifique, un lieu parfait pour une demande en mariage (dedicasse à Anaîs et Jérem), encaissée dans les pierres d'un fôret que parfois nous regardons du haut d'une colline qu'il nous faut franchir pur continuer notre chemin, cette même fôret dont soudain nous sortons pour s'approcher d'un terrain dégagé et proche d'un cours d'eau où vivent ces gens qui ne savent pas quel âge ils ont parce qu'ils ne savent pas quand ils sont nés et que pour eux, un calendrier n'a aucun sens.
Les femmes du village nous emménent à la pêche, nous remontons lentement une rivière et les observons s'enfoncer dans l'eau jusqu'au cou, la tête recouverte par les feuillages qui s'allongent sur une eau claire et pleine de bonnes choses à manger. Comment oublier le regard de cette femme qui vous hypnotise lorsqu'elle s'approche de vous pour partager une crevette qu'elle vient d'attrapper et dont elle avance la moitié tout juste arrachée d'un coup de dent à quelques centimères de votre bouche en murmurant un très séduisant Hummmmmmmmmmmmmm ... Impossible de résister. Puis vient le petit crabe dont il faut aspirer l'intérieur et ensuite la grenouille à qui elle fabrique un collier avec une tige de je ne sais quoi. Ni vu ni connu, vous voilà avec mamy Mentawai qui vous sourit la cigarette au coin de la bouche le tout entrain de ballader une grenouille en laisse. Des moments authentiques, des moments marqués d'une simplicité qui sait vous émouvoir. Nous sommes tous pareils et avons beaucoup à échanger, le mode de communication importe peu car le résultat ne dépend que de notre envie de s'enrichir les uns les autres à travers quelques instants partagés avec humilité et sincérité.
Je suis curieux de revoir les images de ces enfants qui chantent pour le plaisir de nos oreilles impatientes mais aussi pour les quelques bonbons que Molly avait prévu pour eux. J'espère avoir réussi quelques beaux clichets de ce séjour inoubliable et voudrais tellement me rappeller de tout mais à force de voyage, on range ses plus belles merveilles dans les tiroirs de nos mémoires et souvent, ça se mélange tout ça !!!
Ce qui est certain, c'est que des visages mais aussi des moments resteront gravés à jamais. La maison écroulée d'un couple agé, malade et sans enfant, un couple qui ne peut compter que sur l'aide des locaux qui passeront par là . Le souvenir triste d'une réalité que vivent les Mentawai et qui aide à comprendre pourquoi ces gens cultivent chaque jour un peu plus le concept de la solidarité. Ces petites mouches qui vous dévorent lorsque le soleil se retire. Le bruit des insectes qui s'amplifie au fur et à mesure que la nuit s'impose. La décision de se faire tatouer l'un des symboles Mentawai à savoir " la lune " et ce de la façon la plus archaîque qui soit. Il s'agit d'un mélange entre cette croûte noirâtre qui durcit sur les bords du chaudron avec de l'eau de canne à sucre. C'est dans cette mixture que l'auteur de nos tatouages aura trempé son épingle à nourrice qui elle même était fixée à ue baguette de bois qu'il faut tapoter légèrement pour petit à petit impregner la peau de cette nouvelle forme d'encre.
Un souvenir pour la vie parce que je veux me souvenir au mons toute une vie de ce qui sest passé là bas, sur l'île de Siberut avec les indiens Mentawai que j'aurai eu l'honneur de saluer.
Les précisins de Gaëtan ainsi que les recommandations de Yoann ayant clairement signalé que ce article manquait d'informations directement liées aux indiens Mentawai eux mêmes, je le remercie pour m'avoir incité à faire focntionner ma mémoire ainsi qu'à faire quelques recherches.
Ces indiens que l'on appelle également " Homme Fleur " en raioson des parures qu'ils aiment à porter subissent depuis les années 50' et le règne du président indonésien Soeharto un processus de modernisation (accompagné de nombreuses violences) à travers lequel on veut les sortir de leur habitat naturel, modifier leurs traditions du tout au tout et réduire leur culture à neant. Ils vivent en pleine harmonie avec sa nature et on essaye encore de les regrouper dans des villages construits par le gouvernement pour inciter les jeunes à se tourner vers autres chose que leur mode de vie ancesrtal jugé " dépassé ". C'est scandaleux et il faut espèrer que petit à petit, on prendra conscience qu'il faut protéger ces gens et leur culture qui aura déjà vécu dangereusement jusqu'au point de presque disparaître.
Le lien hierarchique est très fort chez les Mentawai. Evidément la position de Shaman signifie énormément puisqu'elle est signe de sagesse et de connaissance. L'ancienneté est également très importante par rapport aux prises de décisions et aux responsabilités qu'il faut assumer dans le village et cela sans disctinction de sexe, une femme agée sera très respectée pour son savoir.
Il faut étudier 5 années pour devenir Shaman et l'épouse d'un Shaman devra elle aussi devenir Shaman. Le " Medicine Man " comme on l'appelle sait combien de feuilles de telle ou telle espèce il faut ajouter pour une certaine préparation, il connaît les chansons rituelles, il peut soigner de très nombreuses maladies, ses cheveux sont longs, il sait fabriquer canoe - maison traditionnelle - instrument de chase, il sait tatouer et en ce qui le concerne, ses propres tatouages sont signe d'une certaine fierté alors sont corps tout entier en est recouvert ...
La croyance est elle aussi très forte chez les mentawai, leur dieu " Sabulungan " est représenté dans toutes les maisons que l'on appelle " Uma " et qui se situent souvent à un endroit très en vue. Maisons totalement ouvertes où on entre puis on sort, pas vraiment de fenêtre ni de porte, les cochons qui vivent en dessous de ces maisons surélevées et entièrement construite de bois.
Lorsque les Mentawai se marient, c'est la famille de la mariée qui offre de nombreuses choses à la famille du marié puisque c'est elle qui ira vivre chez son futur époux. Mêmes mariés, les Mentawai ne dorment pas ensemble et lorsqu'il s'agit d'aggrandir la famille, un endroit prévu à cet effet qui nous a été présenté comme la " Chicken House " est utilisé mais en aucun cas, les Mentawai de sexes opposés ne peuvent passer la nuit ensemble. La donation faite à la famille du marié est la suivante : 10 cochons, 10 cocotiers, 1 arbre à Durian, 10 arbres à Sagu, 2 moustiquaires, 3 machettes, 3 haches, 3 woaks, 10 poulets et 3 chaudrons.
C'est toute une cultutre et surtout beaucoup de coutumes qui nous surprennent chaque jour. Nous aurons appris à préparer ce que les hommes utilisent comme sous vêtement et qui vient en fait de l'écorce d'un arbre qu'il faut savoir délicatement retirer du tronc avant de venir la frapper d'un morceau de boir au bord de le rivière. De nouvelles saveurs, une profonde et infinie découverte, des moments très émouvants ...
L'histoire de notre passage sur l'île de Siberut ...