La Zambie


J'ai choisi la Zambie et donc l'intérieur de la partie sud du continent africain parce que je pense que je vais être suffisament au bord de l'eau durant la deuxième et la troisième partie de cette grande aventure à savoir l'Asie du Sud Est et l'Océanie. Je reviendrai pour le Mozanbique qui est un très grand pays où il faut avoir le temps devant soi et où parait-il les plages sont somptueuses. La Zambie est frontalier avec pas moins de 8 pays, grand comme la France, l'Angleterre et l'Irlande réunis et propose une forme très étrange.



Les premiers européens arrivés en Zambie au 15ème siècle étaient des portugais, ils empruntèrent généralement des chemins utilisés par les arabes quelques siècles auparavant pour mener leur commerce des escales à travers toute la région sud de ce continent.

Ce sont un peu moins de 11 millions d'habitants répartis principalement dans les grandes agglomérations. La capitale est Lusaka et la monnaie locale est le Kwacha. L'indépendance fut obtenue le 26 octobre 1964 et la Zambie portait avant cette date le nom de Rhodésie du Nord, le Zimbabwe étant le Rhodésie du Sud. On y recence entre 70 et 80 tribus ou groupes ethniques et environ 20 dialectes dont les principaux sont le Pemba, le Tonga, le Nyanja et le Lozi. Les principales rivières sont bien évidemment le Zambeze mais il y a également le Luangwa et le Kafue.



L'économie est principalement dirigée vers l'agriculture et donc très dépendante de l'aide internationale. 4eme fournisseur mondial de cuivre et 1er fournisseur mondial de cobalt. Tout comme le Malawi, le tourisme commence très doucement à devenir une source de revenus intéressante mais il reste beaucoup à faire. Un travailleur non qualifié gagne environ 25 US dollars et un employé qualifié en ville peut espérer jusque 60 US dollars. La Zambie est aujourd'hui le second taux au monde d'orphelins du sida car 50 % de la population totale a moins de 16 ans et déja 50 % d'entre eux ont perdu au moins un parent à cause de ce virus.

Je suis entré en Zambie en train par la frontière Nord et suis arrivé dans le village de Mpika, endroit paisible où j'ai eu l'impression d'être le seul " Mzungu ", le seul blanc. Contact facile avec la population locale et pas du tout d'activité touristique ce qui fait parfois beaucoup de bien. A cause des pluies tombées début Mars, beaucoup de routes étaient impraticables et la Zambie restera à mes yeux un pays où de nombreux endroits sont inaccessibles pour la plupart des véhicules. J'ai eu ensuite l'occasion de me rendre à Kapisha où il y a un lodge très luxueux et c'est après un léger malentendu en ma faveur que j'ai pu m'installer dans un mini chalet tout confort pour le prix du camping. Un jardin splendide et rayonnant de milles couleurs juste en face de la rivière, les seuls autres touristes partis le lendemain de mon arrivée et surtout les sources d'eau chaude plantées au beau milieu d'un morceau de forêt pas vraiment amenagé mais juste un petit mur de pierre permettant la séparation avec la rivière où les crocodiles circulent en masse. Tout ça rien que pour moi, je suis donc resté 4 jours à méditer sur les raisons mais aussi la chance qui m'avait emmené dans cette aventure un peu folle mais surtout très enrichissante. J'ai aussi eu la possibilité de discuter un long moment avec les professeurs de l'école du coin (7 profs pour plus de 380 enfants). Les enfants doivent pour certains parcourir 10 kilomètres pour se rendre à l'école et donc 10 autres kilomètres pour rentrer à la maison. L'école tente de fournir le matériel nécessaire à chacun ainsi que les uniformes et la nourriture mais c'est tout simplement impossible pour tellement d'enfants et avec si peu de moyens. Il y avait ici une forte opportunité d'action mais trop difficile à réaliser sans véhicule et je ne voyais pas du tout comment garder le moindre contact pour que notre aide puisse s'étaler sur plusieurs années alors je n'ai rien engagé sur place, un choix difficile mais un choix quand même

Comme me l'a dit un jour Mr Théo St Maxent à qui j'adresse mes meilleurs sentiments : " Choisir, c'est renoncer; Ne pas choisir, c'est ne pas vivre ..."



Direction Lusaka puis immédiatement vers Chipata qui est la dernière vraie ville avant le parc national South Luangwa mais une fois encore, tout est bloqué alors je décide de rentrer au Malawi et je repasse donc deux semaines plus tard la même frontière pour retenter le coup dans ce fameux parc. Je fais la rencontre d'un couple Neo Zélandais - Espagnol très mais alors très sympa, Idoia et Craig avec qui on se lance vers le parc parce que le feeling est passé tout de suite. Environ 17 heures pour parcourir 180 kilomètres, une horreur et un souvenir très désagréable de notre aventure mais nous sommes finalement arrivés dans un splendide complexe où un petit espace isolé était reservé aux campeurs, suffisament éloigné des touristes qui occupaient les bungalows de haut standing. Bref, c'est en face de la rivière Luangwa que nous avons fais notre vie durant 4 jours en préparant nos repas, parfois des poissons que les pécheurs du coin nous offraient, le tout en regardant les hippos se baigner dans l'eau tout la journée, les buffalos traverser la rivière après de longues hésitations, les babouins qui eux circulent absolument partout et enfin les crocos patienter au bord de l'eau pour une proie facile. Nous sommes allés à deux reprises dans le parc avec les véhicules du lodge, une fois la nuit pour essayer de voir un léopard ou un lion qui sont plus faciles à repérer la nuit durant la saison des pluies mais ce fut sans résultats (pas de big Cats) et une autre fois au petit matin et c'est là que j'ai vraiment eu ma première impression de la vie sauvage qui règne en Afrique. Depart vers 6h du matin et immédiatement, ce fut un festival entre les éléphants qui circulent comme ils leur chantent, les giraffes, les zèbres, les buffalos, plusieurs variétés d'antilopes mais en grande quantité et tout cela de très très près. Un spectacle unique, quelle sensation de se ballader au milieu de cet univers dont nous avons tous rêvé en regardant " le livre de la jungle ". Mais c'est tout de même plus intimidant lorsqu'un éléphant redresse ses oreilles (signe d'une possible charge d'un éléphant qui se sent en danger) en vous fixant durant deux interminables minutes. Je me suis debrouillé pour dormir en dehors de ma tente toutes les nuits, ce qui est normalement interdit, car c'est au lever du soleil que les hippos ressortent de la forêt ou ils se nourrissent la nuit pour enfin rentrer dans l'eau et n'en ressortir que la nuit suivante. C'est quasiment le seul moment où on peut les voir le corps totalement hors de l'eau mais les bruits durant la nuit vous font vraiment imaginer tout et n'importe quoi, j'ai quelques souvenirs de sursauts à cause d'un bruit de feuillage un peu alarmant. Nous avons passés les deux jours suivants à jouer aux fléchettes, j'ai appris les règles du cricket avec Craig et eu l'occasion de pratiquer un peu mon espagnol avec Idoia, qu'est ce que ça fait du bien d'oublier l'anglais quelques heures !!! Je suis maintenant invité à passer Noël chez Craig puisque je serai en Décembre en Nouvelle Zélande.

Nous sommes ensuite partis pour Livingstone, du nom du célèbre explorateur britannique, où l'activité touristique vous rend tout simplement dingue alors je ferai court sur cette étape là. On a fait une journée complète avec Craig de saut en tous genres, descente en rappel, rap jumping qui consiste à descendre une falaise le corps perpendiculaire à celle-ci mais tournée vers le sol, vous pouvez donc marcher ou tenter de courir le long de cette falaise (un très bon souvenir mais une vraie frayeur), tirolienne en plein milieu des gorges se situant dans le prolongement des chuttes Victoria, l'une des 7 merveilles du monde !!! Un spectacle hallucinant, quelquechose de très différent des chuttes d'Iguazu à la frontière du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay, impressionnant mais d'une autre façon car vous pouvez marcher juste en face des chutes et avoir une réelle impression de cette force incontrôlable qui s'exprime à travers un grondement continu et la formation de milliers de nuages composés de mini gouttes d'eau s'élevant très haut dans le ciel, se trouvant une place parmis les vrais nuages pour un court instant avant de vous retomber sur le bout du nez sous forme d'un espèce de spray, comme une grande douche gratuite pour tous les visiteurs de cet endroit trop fréquenté mais à voir absolument. Je suis resté un peu plus longtemps que mes nouveaux amis car notre troisième action était en route et j'avais de belles opportunités sur Livingstone et puis je dois également avouer que je ne pouvais résister à ce fameux pont situé lui aussi dans le prolongement des chutes et dont on peut se jeter à l'élastique d'une hauteur de 111 mètres. Pas forcément beaucoup plus haut que ce que j'avais déjà fait avec mes amis Milouz, Alex et Céline mais dans un endroit vraiment rêvé pour ce genre de sensations extrêmes !!!







La fin de mon séjour en Zambie a été des plus mouvementés. Je me suis rendu dans le village de Sesheke où je devais normalement continuer en direction de Mongu pour trouver sur ma route les chutes de Ngonye (pas aussi impressionnantes que Victoria mais beaucoup plus tranquille) et finalement entrer dans le parc national de Kafue mais aucun transport, toutes les routes bloquées donc demi tour et c'est reparti pour un tour vers Lusaka où je finalise notre troisième action que vous pouvez découvrir dans la rubrique correspondante. De là, je prends cette fois-ci la route principale direction Mongu lorsqu'à un check point, un officier de l'immigration me fait remarquer que mon visa est expiré depuis 4 jours et c'est le début d'une histoire longue et pas du tout intéressante que je ne vous raconterez pas et qui aurait pu me coûter très cher en temps mais aussi en argent. Résultat des courses, je suis de retour à Lusaka et je m'apprète à passer la frontière vers le Zimbabwe. Je quitte la Zambie sur un désagréable souvenir mais ce n'est vraiment pas ce que je retiendrai de ce magnifique et accueillant pays que je recommande absolument à tous ceux qui s'aventurent dans cette région de l'Afrique. Mon expérience de l'Afrique sera définitivement marquée par mon passage en Zambie et l'action réalisée est un bon exemple de ce que nous pouvons concrétiser à l'autre bout du monde ...



Les dédicaces:

Romain Lecocq : Comme mon petit frère, tellement impatient de faire un voyage en sa compagnie, je suis admiratif devant ce jeune garcon de 14 ans qui m'inspire chaque jour un peu plus.

Florence Mazingant : Elle fait beaucoup de cadeau et j'ai eu la chance d'en avoir plein y compris du très bon champagne mais le plus beau sera son amitié et la manière avec laquelle elle sait se montrer si disponible, un chtite fleur du 51 !!!

Mister Jibe d'Afro Jibe : Parti lui aussi pour du dépaysement bien comme il faut, un ami de tous les voyages et j'ai eu la chance de barouder comme il faut avec cet oiseau là, c'est certainement là que des affinités indélébiles se sont créés.

Francesco Colosimo : On est pas d'accord sur tout mais on a choisi de parler de tout et c'est selon moi ce qui fait que nous partageons beaucoup. J'ai toujours trouvé quelque chose d'enrichissant dans nos conversations. Tu aimes à pratiquer les deux côtés : la déconne et le sérieux, tu penses aux autres et tu te donnes beaucoup de mal pour le confort des tiens. Bravo Monsieur Colo ...

Sophie, Paul et Louis Noudéviwa : Je suis fan, c'est simple, avec beaucoup de sourire et le coeur ouvert. Je suis très impatient de voir votre petit trésor qui fait apparement parti de la catégorie minipouce. Je vous envoie toutes les bonnes ondes qui m'entourent ici en Afrique où je me sens bien ...

Céline et Toto : Des amis du coin comme on dit, des personnages tout entier et qui savent faire de la place dans un frigo pour y mettre un maximum de bonnes bières. Merci pour vos moments si touchants dans le pti carnet qui me suis partout mais aussi sur notre site, plein de békots et n'oubliez pas : Tout chti qui pisse, tien ch'biroute danch'main ...
 

PPAZ à Chipata en Zambie


Les personnes ayant apporté leur soutien financier à cette troisième action reçoivent toutes les félicitations de " 6 Milliards de Piverts ", leur implication dans notre manière d'apporter de l'aide lorsque nous sommes face à de si dramatiques situations est le premier moyen d'action de notre projet à savoir : la sensibilité de chacun.

Pour votre confiance et le fait d'avoir compris que l'on peut commencer petit pour nourrir de grandes perspectives, encore une fois, merci à Philippe et Brigitte Opigez, Mr et Mme Bertout mais les parents cette fois-ci, Florent et Sophie Dhaynaut, Hélène Meuleman et son chéri Manolo, Franck et Octavie Legrand et enfin Philippe et Tania Brienne qui sont les acteurs de cette opération. Bravo a vous, plus de 25 000 préservatifs sont à votre actif dans un pays qui perd trop vite ses hommes, ses femmes et ses enfants ...

Nous avons donc déboursé 350€ dans l'achat des préservatifs au titre de cette 3ème action.
 

3ème action: PPAZ à Chipata en Zambie




C'est avec beaucoup de chance que j'ai fait la rencontre de George Keston à Chipata, région Est de la Zambie. En discutant à l'entrée d'un genre de cyber café, il m'a expliqué qu'il travaillait au sein de l'organisation Planning Parenthood Association of Zambia et ce, au niveau du district de Chipata. Le thème principal est la jeunesse et les moyens de la préserver. Pour préserver la jeunesse, il faut la protéger et pour la protéger, il faut l'informer. Préserver, protéger et informer : on parle bien des ravages du SIDA encore une fois.

George se rend régulièrement dans les écoles mais aussi dans les villages pour interviewer les habitants sur des sujets tels que les relations sexuelles, les moyens d'avoir des rapports protégés, la communication sur certains tabous au sein des familles ayant très peu d'information etc ... Il réalise ensuite des montages qui sont diffusés sur une radio locale avec laquelle il est en collaboration depuis plusieurs années. Il participe également à des meetings à échelle nationale puisque PPAZ est présent dans toutes les grandes agglomérations du pays. Il organise également des évènements sportifs qui forcément rassemblent beaucoup d'enfants et à travers lesquels la diffusion de ce type d'information devient ludique et partagée puis discutée par des petits groupes de jeunes en dehors de leur enceinte familiale où certains sujets sont tout simplement inabordables. Il est actuellement concentré sur la réalisation de petits films qu'il souhaite pouvoir diffuser dans les villages les plus retirés mais il faut s'équiper de tout le materiel puisqu'il ne suffit pas dans ces villages de mettre un DVD et d'appuyer sur PLAY comme vous pouvez l'imaginer. George s'est déjà rendu deux fois en Suède pour des conférences internationales portant sur l'évolution de la situation dans son pays au regard des pertes humaines causés par le virus année après année. Je suis déjà en contact avec ses homologues dans plusieurs autres villes du pays et je prévois au plus vite de me rendre au siège de PPAZ à Lusaka, capitale de la Zambie.

Pour vous mettre au clair avec ce qu'il se passe là bas, un article datant du 1er Avril 2007 donne les derniers chiffres qui sont alarmants. Ce sont 268 personnes qui meurent chaque jour du virus du SIDA, 98 000 personnes par an soit presque 1 % de la population totale. 33 Millions de préservatifs ont été distribués dans tout le pays durant l'année 2006 mais selon les spécialistes, il en faudrait 20 millions de plus pour protéger toute la population des risques de contamination.

Voilà comment après avoir revu George trois fois, je me suis rendu au plus gros supermarché de Chipata pour y rencontrer le manager. Les préservatifs disponibles dans les rayons affichaient une date de péremption allant jusque Août 2007, ce qui est absolument inutile pour les futurs projets de PPAZ, mais le manager en question ayant poussé un peu plus les recherches, on a pu mettre la main sur un stock de 2 200 preservatifs avec date de péremption allant jusque janvier 2010.

Dans tous les cas, 2 200 préservatifs, c'est pas assez alors on a passé ensemble une commande de 3 800 supplémentaires que George se chargera de récuperer dès qu'ils seront disponibles, dans une ou deux semaines je crois. Total : 6 000 preservatifs et je prevois de rééditer cette petite experience encore deux ou trois fois dans differentes villes du pays. Coût total de l'opération : entre 300 et 400 dollars pour 18 000 voir 24 000 préservatifs. J'ai confiance en George et suis à peu près certain que la relation avec PPAZ peut perdurer alors en avant vers d'autres antennes de PPAZ mais aussi vers les managers des supermarchés locaux. A nous seuls, on peut apporter 0.1 % du total des préservatifs manquants à l'échelle du pays en vue d'une diminution des rapports sexuels à risque. On veut faire plus et on va trouver les moyens de continuer sur notre lancée.

Je suis actuellement dans la ville de Livingstone et j'ai dejà rencontré les gens de PPAZ ainsi que le manager d'un des gros supermarchés du coin, c'est reparti pour un tour et encore 6 000 preservatifs en attendant une troisième puis une quatrième ville où nous essayerons de faire la même chose.

A NOTER : Une information de la plus haute importance vient de m'être confirmée en date du 8/04/2007: notre mascotte vient de doubler la mise dans la ville de Livingstone avec un achat de 7 776 préservatifs, et ce pour le même budget que sur Chipata. La raison de cette performance: il est maintenant en contact avec un fournisseur national qui pratique des prix bien plus intéressants et qui lui a offert des caisses supplémentaires parce qu'il approuvait à fond le projet. Piwi est donc en contact maintenant avec PPAZ et la Society for Family Health. On passe donc à 13 776 préservatifs! Il se dirige désormais vers une troisième ville avec la ferme intention de faire encore mieux.

Une dernière DEPECHE vient de tomber : Cette troisième action s'achève avec un SCORE total de
25 476 préservatifs. La troisième ville était Lusaka, capitale de la Zambie où J-Phi a pu rencontrer les responsables nationaux de Society for family Health et de PPAZ. Les prix ont encore baissé d'où un achat important de préservatifs. Le contact est désormais établi, souhaitons à notre globe trotter de continuer sur cette lancée parce que quelque soit le nombre de préservatifs qu'on peut apporter, ce sera jamais assez ...
 

Piwi au Malawi !!!


Je me suis retrouvé au Malawi puisque la partie Est de la Zambie et donc le parc national où je souhaitais me rendre était devenue inaccessible à cause des pluies qui se sont écroulées il y a maintenant un mois. L'idée de faire demi tour vers Lusaka ne m'enchantait pas vraiment, alors c'est sur un coup de tête que je suis rentré au Malawi après avoir lu ce que je pouvais sur ce pays dont je ne connaissais rien et vous allez bientot pouvoir le lire, je compte bien revenir car c'est un petit pays parfait pour quelques semaines de vacances ...

Le Malawi compte aujourd'hui un peu plus de 12 millions d'habitants, la capitale est Lilongwe. C'est une ancienne colonie britannique, qui avant la déclaration de l'indépendance en 1964, portait le nom de Nyasaland. Le Malawi est un petit pays situé entre la Tanzanie, la Zambie et le Mozambique. Le lac Malawi couvre presque 1/5 du territoire et la langue nationale est le Chewa ou le Chichjewa. 60 % des exportations sont liées à la production de tabac et 20 % pour le sucre et le thé. L'économie du Malawi dépend essentiellement de l'agriculture et le tourisme commence très doucement à offrir quelques belles perspectives. C'est un des 10 pays les plus pauvres au monde, le revenu annuel par habitant était de 170 Dollars US en 2004, la mortalité infantile de 9 % et le Malawi affichait a l'époque son nom à la seconde place au niveau mondial en disparité entre les riches et les pauvres.



Toutes nos félicitations à l'ambassadeur francais au Malawi qui a annoncé le mois dernier l'annulation de la dette du Malawi, environ 275 millions de dollars, soit 8 % de la dette totale du pays. De toutes façons, on avait pas autant besoin qu'eux de cet argent alors BRAVO Mr L'ambassadeur !!!

Ma première destination fut le massif de Mulanje, un des endroits les plus fameux pour la rando dans la partie sud du continent africain. Ce sont environ 25 sommets qui s'élevent à plus de 2 500 mètres d'altitude qui font la loi sur ce massif et le climat y change très vite et ce, à n'importe quelle époque de l'année, alors c'est avec Anthony, mon guide, que nous sommes partis 4 jours en sachant parfaitement que la pluie ferait partie de l'aventure.



Totalement différent du Kilimanjaro, pas forcément plus facile, juste moins haut et moins éprouvant physiquement parlant mais d'une beauté toute aussi charmante et un contexte très particulier. Le Mulanje est en fait une continuité de montées et de descentes (souvenirs des Carpates avec Jerem et Rico) alors il est très facile de passer d'une arète rocailleuse dominant une vallée sur laquelle le soleil transperce les nuages et projette des lumières dont l'intensité change de minute en minute, à des chemins situés en plein " bush " à travers lesquels il faut savoir se frayer un passage et ne pas avoir peur de cette végétation qui en pleine saison des pluies, se montre particulièrement fleurissante. Nous avions évoqué une sorte de miel dégoulinant le long des branches sur le Kilimanjaro mais je parlerais ici d'une végétation qui vous grimpe le long des jambes pour venir se refermer quelques mètres au dessus de votre tête. Très peu de vue sur le ciel, parfois moins de 40 cm de large alors vos bras bousculent, froissent et écartent ces longues herbes pour vous permettre d'avancer. Une vraie sensation de jungle pas toujours très agréable car horriblement glissante et je n'ai pu éviter certaines chutes dont je n'avais pas forcément besoin.

Premier jour : (800 m - 2000 m) Une montée éprouvante car la température est encore élevée et il vous faut abattre 1200 mètres de denivelé positif pour enfin percer la forêt et atteindre le plateu principal du massif. Cette fois ci, pas de porteur alors il faut se remettre en condition et vite. Ce ne sont jamais des marches terribles sur le Mulanje mais on peut aisement se retrouver sérieusement perturbé par les variations climatiques. On finit sous la pluie et comme je ne suis pas très malin, je termine les chaussettes floc flocant au fond de mes chaussures parce que je n'ai pas pensé que marcher en short sous une pluie relativement tonique, et bien au bout d'un moment, il faut bien que l'eau qui vous coule le long des jambes finisse quelques part alors chaussures parfaitement imperméables mais le cerveau, lui est un peu défaillant !



Deuxième jour : (2000 m - 1400 m - 2100 m) Soleil flamboyant, on démarre très tôt après un bon pti dej, de superbes paysages s'offrent à nous, une flore très variée, des insectes aux formes et aux couleurs des plus surprenantes, une marche facile mais couverte par les nuages sur la derniere heure, pas de pluie et les chaussures continuent de sécher...



Troisième jour : (2100 m - 2500 m 1900 m) En pleine nuit, des pluie inquiétantes se sont ecrasées sur nous jusqu'au petit matin. Heureusement que nous sommes dans des huttes et non pas dans des tentes.
Au lever, c'est un soleil éclatant qui nous invite à comtempler le pic Sapitwa, plus haut sommet du massif, 3001 mètres et objectif premier de cette rando. Il est 6h30 du matin et il me semble que les conditions méteo sont parfaites pour entamer au plus vite l'ascension mais Anthony commence déjà à me sensibiliser sur le fait que les pluies tombées durant la nuit rendent l'accès très difficile mais comme on voit la pointe, qu'il fait grand bleu et que ce ne sont que 3 heures de grimpette sans les sacs, je ne peux concevoir une seule seconde l'idée de ne pas y aller. Mais il faudra finalement renoncer car les roches trop glissantes mais également les nuages qui grimpent le long des montagnes pour totalement les recouvrir en milieu de matinée empèchent à cette période de l'année une ascension en totale sécurité. Il faut tourner le dos à ce sommet, sentiment de ne pas avoir atteint l'objectif difficile a encaisser même pour un novice de la rando comme moi mais on ne joue pas avec la montagne. Des touristes se sont déjà perdus, impossible de retrouver son chemin dans les rochers avec ce brouillard et chute dans des crevasses profondes de 15 parfois 20 mètres alors ce sera pour une prochaine fois.

De beaux paysages toute la journée jusque la hutte suivante, on finit encore sous la pluie mais mieux protégé cette fois. Un peu de marche dans le bush, une chute dans un belle flaque de boue et un bon feu avant de dormir. J'apprends également à jouer au BAO, jeu local mais que l'on peut trouver partout en Afrique avec des règles différentes.



Quatrième jour : (1900m - 800 m) C'est la descente vers un autre versant qui est programmé pour ce dernier jour. C'est en fait une ballade mais une ballade très fatiguante car descendre, ca vous flingue les jambes et il faut s'arrêter régulierement pour reposer les genoux. Bref, on reprend le contact avec une température écrasante et on s'éloigne petit à petit du massif sur lequel on a une vue superbe, je crois même que les meilleures photos auront été prises ce dernier jour. Je remercie Anthony et je me dirige après un bon jour et demi de sommeil vers le plateau de Zomba pour un autre petit treck.

Zomba c'était vraiment bien mais très chaud, et trop court. On peut parcourir le plateau en deux jours, les distances sont courtes et très bien indiquées alors je me suis retrouvé avec un guide dont je n'avais en fait pas besoin mais dans tous les cas, ca lui permet de faire un petit extra durant le week end et j'ai un peu de compagnie durant les marches. On a quand même eu de superbes points de vue sur la Rivière Shire et les montagnes se situant à la frontiere avec le Mozambique. 2 Jours et demi de bonheur mais cette chaleur, c'est pas pour moi, je veux que le froid vous donne la sensation qu'il faut continuer de marcher pour pas se refroidir. C'est pas forcément desagréable quand vous êtes bien couvert et puis on évite les insolations.

Etape suivante, le parc national de Liwonde. Premiers contacts avec une Afrique que je ne connaissais pas encore. Ce continent hurle dans ses transports en commun, dans ses magasins, dans ses bars mais c'est un silence de haut vol qui règne lorsque vous avez la possibilité de vous rendre dans ces parcs pour observer les animaux et encore une fois, des paysages hors du commun. Le silence est maintenant un art que j'aime pratiquer, essentiellement quand un soleil se couche et donne cette couleur orange brulant le ciel qui passe du bleu au gris puis au noir, le tout en arriere plan de la forme de plusieurs palmiers qui ne gâchent en rien une vue imprenable sur ces plaines infinies qui abritent une vie sauvage, qui vous accepte pour quelques instants magiques dans leur univers. Meme si c'est pas la parade des éléphants genre le livre de la jungle, vous êtes déjà parmi les plus chanceux de pouvoir vivre cela alors silence et respect. Nous avons quand même vu des éléphants mais de loin, plusieurs variétés d'antilopes (impalas, Kudus, Waterbocks), certains reptiles dont je n'ai pas retenu le nom, des facocheres alias Pumba en Swahili, beaucoup d'oiseaux et le bruit des hippos durant la nuit puisqu'ils sortent de l'eau pour se nourrir des herbes sèches dont ils raffolent. Le camp de Chinguni est un petit paradis en soi, vraiment super, j'y ai passé 5 jours de repos intégrale et j'ai eu l'impression que ça faisait 2 ans que je vivais là. Lire, une bonne sieste, puis un pti sandwich et lire encore avant de regarder le coucher de soleil avec une bière bien fraîche et puis les étoiles avec un bon bol de nouilles chinoises et enfin rester allongé devant la tente un moment à écouter les bruits qui vous entourent mais vous ne voyez rien, il faut ensuite aller dormir et s'imaginer que les hippos peuvent passer à quelques mètres de votre tente sans que vous ne vous apperceviez de rien ...



Dernière étape au Malawi, Cap Mc Lear au sud du lac Malawi, un autre pti coin de paradis où il faut surtout pas aller en haute saison mais en Mars comme j'en ai eu l'occasion c'est parfait. L'eau est d'un bleu ou d'un vert, en 4 jours, j'ai même pas reussi à savoir laquelle des deux couleurs était la plus proche de ce lac qui vous emporte. C'est simple, j'avais ma tente à moins de 3 mètres du bord de l'eau et je faisais de mon mieux pour me lever avant le soleil afin de ne pas rater les premieres lueurs du soleil parce que les couchers de soleil n'étaient pas terribles en définitive. Un pti tour en bateau sur l'île d'en face, un pti barbecue et du poisson frais en veux-tu en voilà, beaucoup de calme avec encore une fois, un bon bouquin et quelques bières bien fraîches.

J'ai eu ma dose de repos entre Liwonde et ses étendues immenses où les animaux donnent le ton et Cap Mc Lear où le très faible mouvement des vagues vous incite à pratiquer des activités d'un calme absolu alors il est temps de se tourner à nouveau vers la Zambie où j'espère avoir plus de chance qu'il y a 2 semaines. Une très bonne impression du Malawi, je conseille ce pays sans aucune hésitation, c'est vraiment bien plus que ce que vous pouvez imaginer et si vous n'imaginez rien parce que vous savez même pas que le Malawi est un pays, et bien faites moi confiance et prenez votre billet pour Lilongwe, vous serez pas décu. je ne connais que la partie sud du pays mais je sais pertinement que je reviendrai pour le nord.


Alors mes 6 dédicaces:

Ladislas, Céline et leur tétounette alias mister Antoine, Mes très chers amis du 64, généreux comme c'est pas permi et surtout toujours à l'écoute et le sourire aux lèvres.Tellement de souvenirs dans la maison du bonheur à Anglet Beach...
Si vous la vendez, j'achète mais dans 250 ans!!!

Yannick, Christine et Ninon Mesnard, Il faut bien prononcer le D comme un T pour une sonorité un peu plus flamande. Un exemple de ptite famille qui tourne bien et des amis très chers à qui je pense très fort et que je remercie pour leurs messages sur notre site.
Est-ce que Ninon écoutes déjà des CD de musique punk parce que son brushing est quand même des plus merveilleux...

Flo, So, Tom et Hugo Dhaynaut parce qu'ils sont toujours été là et parce qu'ils seront toujours là. Des amis incontournables, des amis pour la vie, des amis qui donnent envie...Plein de gros bisous à vous 4 et à très bientôt n'est-ce pas???

Mon pote François et maman Ludi parce que dans le genre: Jean-Phi on sera toujours avec toi, tu peux compter sur nous...on fait difficilement mieux. J'ai toujours reçu beaucoup de soutien de leur part, des encouragements et ils sont à jamais parmi mes interlocuteurs préférés. Nous nous connaissons bien et on est sur la même planète alors droit devant mes amis, je vous adore

Mister Damien Mignolet parce que comme il le dit si bien: c'est pas parce que nous vivons dans deux mondes différents que nous nous trouvons trop éloignés l'un de l'autre. Merci pour cette amitié long terme qui je pense n'est pas prête de s'éteindre

Et enfin Messieurs Ugo Noce et Alexis Foucaud, deux de mes compatriotes de bringouille. Ces deux bonhommes attendent aujourd'hui chacun un ptit garçon et je tiens à les féliciter tous les deux ainsi que les futures mamans, Laure et Leatitia.
"6 milliards de piverts" se fera un plaisir d'accueillir deux nouveaux compatriotes sur la planète des travellers sans frontières...