Durant le fameux festival de musique de Zanzibar, j'ai eu l'occasion de rencontrer Tony, un français qui donne des cours de français sur place et qui lui-même m'a présenté Kathryn Sutton qui elle fait partie de la Fondation Clinton, du nom de l'ancien président des Etats-Unis.

Kathryn a tout de suite vu que je devais à chaque fois agir vite et ce à travers des contacts solides. J'en profite pour préciser que l'un des objectifs en ce qui concerne les organismes rencontrés durant le périple est bien évidemment de conserver le lien avec eux et continuer à agir avec les moyens que "6 milliards de piverts" sera capable de rassembler au fil des années. L'idée de l'association n'étant pas vous l'aurez compris de distribuer des fonds au coup par coup sans rechercher les organismes déjà existants et oeuvrant à des situations d'extrèmes urgences.

Le lendemain j'accompagne donc Kathryn dans les bureaux de l'un des coordinateurs de la ZAPHA: Zanzibar Association of People Living with HIV/AIDS.

Cet organisme a été fondé en 1995, compte aujourd'hui plus de 400 membres et opère sur les 2 îles de Zanzibar: Ungunja et Pemba.

Ses membres n'ont aucune compétence particulière et dans la plupart des cas un niveau d'enseignement très bas. Ce sont essentiellement des femmes abandonnées par leur maris parce que contaminées par le SIDA. Elles doivent élever seules leurs enfants, qui seront un jour orphelins ou eux-même contaminés et rester focalisées sur la façon dont elles peuvent surmonter les obstacles qu'elles rencontrent tous les jours pour survivre.

5 membres permanents et de nombreux partenaires assurent la continuité de la ZAPHA et veillent au respect des droits des personnes contaminées. Leurs actions et projets sont divers et vont tous dans un seul sens: l'assistance aux personnes souffrant du virus du SIDA.

Exemple de projets:

- La création de projet comme la fabrication de savon permettant de générer quelques profits et donc d'entretenir les familles confrontées aux difficultés engendrées par la contraction du virus. Malheureusement le souci rencontré réside dans le fait que les compétences requises en terme d'administration et de gestion d'une négociation une fois le produit fini obtenu sont le plus souvent absentes.

- Conseils aux familles en terme de nutrition et d'hygiène, assistance générale aux sans-abris, assistance médicale car les traitements sonts coûteux et c'est encore pire lorsqu'il faut être hospitalisé. C'est la solidarité entre les membres de la ZAPHA et malades du SIDA qui permet essentiellemnt l'organisation de tous ces services.

- Lutte contre le paludisme: le fait d'être contaminé par le virus du SIDA affaibli considérablement notre système immunitaire et donc renforce la probabilité de contraction d'autres maladies telles que le paludisme qui est le premier tueur d'êtres humains en Afrique.

- Programme de nutrition, apprentissage de la cuisine, rédaction de recettes, écriture d'un guide des traditions culinaires zanzibarites. Ces femmes partagent un moment ensemble et apprennent les apports nutritifs essentiels par rapport à la cuisine de tous les jours, une bonne santé passe essentiellement par une bonne alimentation.

- Apprentissage de l'anglais: une nouvelle langue permet d'ouvrir de nombreuses portes en en terme de communication en Tanzanie mais aussi à l'étranger.

- Situation d'urgence: celles-ci impliquent systématiquement des coûts immédiats que les membres de la ZAPHA ne peuvent supporter seuls. C'est sur ce fond d'aide aux situations urgentes que nous avons décidé d'agir à travers un don direct.
Pour vous donner un ordre d'idée, entre janvier et août 2006, la ZAPHA est intervenue dans des situations d'urgence à hauteur 3,4 millions de shillings tanzaniens. Notre intervention apportera à ce fond la somme de 240 000 shillings tanzaniens, soit environ 150 euros.

La réalité est là, nous sommes très petis et nous représentons déjà 7% de la somme totale allouée par la ZAPHA en 8 mois, ça laisse de belles perspectives surtout l'envie de ne pas perdre ce genre de contact.

Il était impossible de mener une action concrête et d'agir directement parce que cette organisation est déjà relativement formalisée et toutes les participations extérieures ne peuvent se faire que sous formes financières. Nous faisons donc confiance à la ZAPHA qui, avec ce que nous avons laissé pourra faire face à ces récurrentes situations d'urgence.

A tous les globes-trotters réfléchissez bien à la possibilité d'action que vous avez entre les mains durant vos voyages avec un tout petit pourcentage de votre budjet total.